CHAPITRE QUATRIÈME
Âthétosis.
En 1871 le névrologue américain Haramond décrivit sous le nom û* Athétosis (dt^sro; = sans fixité de position) des phénomènes d'excitation motrice d'un genre particulier, qui se distinguaient par des traits caractéristiques des mouvements involontaires de toute sorte, et spécialement des contractions épileptiformes, choréiques, etc. Le^ mouvements athétosiques (cpr. p. 57) consistent en mouvements parfois très compliqués et excessivement curieux, qui mettent la partie du corps qu'ils affectent dans un état d'agitation incessante. Si les muscles de lafacei^MxtoMX. de l'étage inférieur) et cU ta mastication sont frappés, les malades contournent et contractent continuellement la figure et la bouche ; si la langue est entreprise, comme nous l'avons vu une fois, la parole est embarrassée et hésitante. Les muscles de la nuque sont-ils atteints, la tête se renverse en arrière ou d'un côté, se tourne et se dirige dans tous les sens. Mais c'est à la main et aux doigts que les mouvements athétosiques sont le mieux caractérisés. Tour à tour écarquillés, renversés, incurvés, superposés et entremêlés, les doigts prennent les attitudes les plus bizarres. Les représentations ci-jointes peuvent donner une idée de ces positions (fig. 47 et 48). La nature des mouvements indique que ce sont les muscles interosseux qui sont atteints de préférence. Par suite de l'excès de tension à laquelle les ligaments articulaires des phalanges sont soumis, il s'y produit finalement une laxité et une flaccidité telles que les doigts peuvent exécuter des mouvements d'hyperextension qu'une personne saine est hors d'état d'imiter. Les muscles du bras ne prennent le plus souvent qu'une part
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minime à l'athétose. Dans tes jambes l'afTection est généralement moins prononcée que dans les bras. Cependant les orteils peuvent être animés de mouvements parfaitement analogues à ceux des doigts. Quoique en règle générale, les mouvements athétosiques soient incessants, ils présentent quelquefois des variations d'intensité. Une émotion morale chez le malade suffit pour les accentuer. Le J(W«»f«/ les calme d'ordinaire; cependant on cite des cas ob ils ont continué i un faible degré, le malade étant endormi. Les mouvements volon-
Flff. 47 et 48. D'iprte HUHDond. F.HinplMdi 11 poiilioa d«d«fU duii 1» manvemiDU itliAuiqiK).
taires ont pour effet de les affaiblir, quoique inversement ils peuvent aussi les renforcer en provoquant des mouvements associés.
Quant au mode de production des mouvements athétosiques, on peut distinguer une athétose symptomatique et une athétose idiopatkique essentielle. Uathétose symptomatique forme partie constituante de différentes afTections nerveuses. Les premières observations de Hammond se rapportaient pour la plupart à des malades atteints d'épilepsie et de vésanies graves, etc. Mais elle se déclare avec le plus
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de fréquence sous forme à' irritation posthémiplégique (chorée posthémiplégique, ou mieux kémiathétose posthémiptégiqué), rarement, il est vrai, dans l'hémiplégie commune des vieillards, mais plus souvent à la suite de la paralysie infantile cérébrale (p. 371). Même dans la majeure partie des hémiplégies infantiles, on rencontre des rudiments d'athétose.
On appelle athétose idiqpathique^c^s cas dans lesquels les mouvements involontaires que nous venons de décrire, apparaissent comme affection sui generis^ à titre de symptôme unique ou tout au moins principal. Quelques-unes de ces observations, dans lesquelles l'athétose née sans cause connue est restée circonscrite à une zone déterminée, se rapportent à des personnes d'âge, en bonne santé jusqu'alors. Mentionnons surtout Pathétose contemporaine de la toute première enfance et congénitale selon toute apparence, dont nous avons vu plusieurs exemples parfaitement semblables entre eux. En ce cas il s'agit d'individus chez qui l'athétose forme un état devenu stationnaire qui n'est plus susceptible ni d'empirer ni de s'améliorer notablement. Les mouvements athétosiques sont d'ordinaire les plus prononcés à la face, à la tête et aux doigts. D'autres symptômes nerveux, des paralysies, des désordres de la sensibilité manquent complètement. L'intelligence de ces malades est parfois, mais pas constamment, abaissée.
Nous ignorons actuellement encore tout ce qui a trait à \essence de l'athétose, à l'endroit où l'irritation se produit et au mode suivant lequel elle agit. Il est hautement probable qu'il s'agit toujours d'un trouble d'origine cérébrale (peut-être corticale }\ Dans l'athétose symptomatique, l'autopsie fait voir les lésions propres à la maladie fondamentale. Nous ne possédons pas encore de résultats nécroscopiques de l'athétose idiopathique. Quant au cas qui nous appartient d'athétose prononcée du bras et de la main, affectant l'un des côtés chez une vieille femme, l'autopsie du cerveau a donné une solution complètement négative.
On ignore jusqu'ici s'il est possible de guérir l'athétose. On obtient parfois une certaine amélioration en administrant la liqueur de Fowler^ le bromure de potassium et en instituant le traitement galvanique.