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CHAPITRE HUITIÈME

Catalepsie.

Si autrefois la catalepsie était considérée comme une maladie à part, on est à peu près d'accord aujourd'hui pour ne lui assigner que la valeur d'un symptôme spécial, qui peut se présenter dans différents états morbides. Comme nous l'avons fait entendre plus haut, on comprend par <L rigidité cataleptique > cette manière d'être particulière des muscles qui fait que les membres restent involontairement fixés dans toute position quelle qu'elle soit qui leur est passivement donnée. Vient-on à changer la situation des membres frappés de catalepsie, par exemple en mettant les extrémités et les doigts dans les positions les plus insolites et à peine tenables, les malades ne font pas le moindre effort pour se dégager de l'attitude souverainement incommode qu'on leur a imprimée. Or, vu que les membres se laissent de cette manière plier presque comme de la cire et que pour ce faire on n'a qu'une yai^/(^ résistance à surmonter, ce phénomène a reçu le nom de <L flexibilité cireuse >.

Jusqu'à cette heure on n'a pas donné la vraie explication de l'état cataleptique. On n'a étudié que les circonstances qui favorisent sa production et les points de détail qui s'y rattachent. Nous avons dit que la contraction tonique des muscles n'atteint jamais, dans la catalepsie, un degré élevé ; son intensité ne va pas beaucoup au delà de ce qu'il faut de force pour vaincre l'influence de la pesanteur et pour figer le membre dans la position factice qu'on lui a donnée. Il est clair qu'en ce cas il existe toujours un certain rapport harmonique entre l'énergie contractile des antagonistes, et que ce rapport doit nécessairement varier d'après l'attitude à maintenir par les parties du corps en expérience ; mais nous ignorons complètement en vertu de quelles influences (réflexes), s'opère cette répartition incessamment mesurée des forces d'innervation.Un fait digne de remarque c'est que les changements de position provoqués par l'excitation électrique des nerfs et des muscles, ne persistent pas. Du moment que l'excitation cesse, le membre revient à sa situation première.

^3 g Mëvreses sans fondement anatoxnlque connu.

Quant aux circonstances dans lesquelles la catalepsie se montre, c'est comme élément constituant des attaques d'hystérie grave qu'on l'observe le plus souvent. Elle s'associe alors à d'autres troubles fonctionnels, surtout à des anomalies du sensorium et à des anestkésies. Ces dernières affectent les muscles principalement C'est ainsi que les malades sont capables de rester plus d'une heure les bras étendus, sans éprouver le moindre sentiment de fatigue. Ce n'est qu'après un temps considérable, qu'on voit le bras s'abaisser lentement. — La catalepsie hystérique est dans une étroite affinité avec la catalepsie hypnotique qu'on peut artificiellement provoquer en tout temps chez beaucoup d'hystériques à l'aide de manœuvres appropriées (v. chap. suiv.). Charcot a donné la description de malades plongés dans la léthargie hypnotique, qu'on faisait passer à l'état cataleptique rien qu'en leur ouvrant les yeux fermés jusque là. En ces cas la catalepsie était en outre associée au phénomène si remarquable de la suggestion. En donnant artificiellement aux malades des attitudes en rapport intime avec un ordre d'idées déterminées (comme par exemple l'attitude de la prière, de la crucifixion, de la frayeur, de l'aversion, etc.), immédiatement l'idée suggérée, semblable à une hallucination, subjuguait l'esprit du malade avec toute la puissance d'une vivante réalité, comme on pouvait le lire dans l'expression de sa face et dans tout son habitus ! — Pour faire pendant à ce que nous venons de dire, citons les observations faites par Duchenne, Lasègue et par nous-méme, et dans lesquelles des hystériques ont été quelquefois placés dans l'état cataleptique par Pocclusion artificielle des yeux (v. l'anesthésie hystérique, dans le chap. suiv.).

Outre l'hystérie, beaucoup à,^ psychoses peuvent aussi se compliquer de catalepsie, surtout certaines formes graves de la mélancolie (melancolia attonita, katatonie), et parfois la paralysie progressive. L'étude détaillée de ces divers états doit être réservée à la psychiatrie. Toutefois des états cataleptiques se présentent encore dans d'autres affections cérébrales graves de nature organique, dans la méningite, le coma apoplectique, etc. Pour finir, signalons inci> demment en cet endroit qu'on peut observer chez des enfants d'un à deux ans, souffrant d'une maladie quelconque, un état cataleptique assez prononcé qui, le plus souvent, est en connexion avec une certaine perte de connaissance et parfois avec de l'hypnotisme engendré par des objets environnants auxquels le petit malade n'est pas accoutumé.

On a considéré la catalepsie comme une entité morbide à part, quand elle se rencontre sous forme € dattaqtus cataleptiques > chez

L'hystérie. -- Étlologle et définition. 43g

des personnes saines sous tous les autres rapports. Les malades en question tombent d'une manière toute subite et sans motif connu dans un accès de catalepsie qui se dissipe de lui-même après un temps plus ou moins long. Il est à penser toutefois que les faits de cette catégorie, en tous cas très rares, si tant est qu'ils ne sont pas de nature hystérique, doivent être envisagés comme des états épileptoïdes et classés par conséquent dans le cadre de répiUpsie essentielle. En présence de la multiplicité des processus morbides qui servent de fondement à la catalepsie, il n'y a pas moyen de tracer de règles générales en ce qui concerne son pronostic et son traitement Il suffira de s'en rapporter au chapitre suivant

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