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DE L'HERPÈS

On observe, en général, le zona sur le ventre ou bien sur la poitrine, où il forme une demi-ceinture de 2 à 5 centimètres de large ; beaucoup moins souvent il siège sur les membres, soit qu'il reste borné à l'un d'eux, soit qu'il affecte simultanément le membre supérieur et le membre inférieur du même c6té ; plus rarement encore il se développe sur le cou et sur une moitié de la face et du cuir chevelu; quelquefois même, dit M. Cazenave, il s'étend jusque dans la bouche. La maladie occupe plus souvent le côté droit que le c6té gauche, et cela dans le rapport de 19 à i, d'après J. Frank, et dans celui de 37 à 16, suivant M. Rayer. MM. Cazenave et Schedel ont également reconnu la fréquence plus grande du zona sur le côté droit du corps ; Reil est du petit nombre de ceux qui ont émis une opinion contraire.

Les vésicules du zona, dont quelques-unes peuvent acquérir le volume d'une lentille ou d'un gros pois, deviennent opaques au bout de cinq à six jours ; la rougeur diminue en même temps. Parmi les vésicules, les unes se flétrissent par l'absorption du liquide, d'autres se déchirent et laissent à nu le corps muqueux excorié ; enûn, dans la plupart des cas, des croûtes jaunâtres et minces se forment. Lorsque celles-ci tombent, on trouve que la peau qu'elles recouvrent est brunâtre et violacée; quelquefois elles laissent à nu des excoriations, ou plutôt des ulcérations qui se cicatrisent assez lentement, en laissant des marques indélébiles ; enfin, chez des vieillards débilités, on a quelquefois vu la peau siège de l'éruption être frappée de gangrène. Les groupes de vésicules s'étant développés successivement, souvent à plusieurs jours de distance, il s'ensuit qu'on peut voir sur le même sujet la maladie parvenue à ses différentes phases, sans compter que quelques vésicules se flétrissent tout de suite et avortent. La durée du zona varie entre un et trois septénaires : il ne passe jamais à l'état chronique.

Le plus souvent le zona ne laisse aucune souffrance après lui ; cependant il n'est pas rare de voir, surtout chez les vieillards, les points qui ont été occupés par la maladie être le siège de douleurs aiguës, lancinantes ou de brûlure n'augmentant point par la pression : ces douleurs, évidemment névralgiques, sont parfois rebelles et résistent opiniâtrement pendant des mois et même durant plusieurs années.

I>iagno8tlc. — Le caractère vésiculeux de la maladie, des vésicules disposées par groupes, siégeant exclusivement sur une moitié du corps, forment une réunion de caractères qui n'appartiennent qu'au zona. 11 est inutile, par conséquent, de réfuter ces auteurs qui n'ont décrit le zona que comme une variété de l'érysipèle ; car si ce dernier, comme nous l'avons vu, se complique parfois de vésicules, celles-ci néanmoins sont irrégulières, et il est impossible de les confondre avec celles qu'on trouve dans le zona.

Pronostic. — Le zona n'est presque jamais grave, excepté pourtant dans les cas très-rares où la maladie est suivie de gangrène ; on dit que quelquefois il a été critique.

IbUoIogie. — Le zona affecte plus souvent les hommes, les sujets jeunes, ceux dont la peau est blanche ; il est plus fréquent dans les saisons chaudes et humides : on l'a vu quelquefois régner épidémiquement. Les causes qui le développent sont à peu près inconnues ; les seules dont M. Cazenave ait constaté ou plutôt soupçonné l'existence, sont les perturbations nerveuses et les influences morales.

Traitement. — Le repos, les bains tièdes, les boissons acidulés, les préparations d'opium si la cuisson empêche le sommeil, sont les seuls moyens qu'il convient généralement d'employer. On s'abstiendra d'appliquer aucun topique, et surtout des cataplasmes, car ils favorisent les ulcérations. M. Cazenave, pour prévenir le

déchirement des vésicules, est dans l'habitude d'oindre avec un peu d'huile les parties malades, et de les saupoudrer ensuite avec de l'amidon sec. 11 en résulte une espèce d'enduit inerte qui abrite la vésicule contre toute espèce de frottenoent, et lui permet de suivre ses phases sans être suivie de déchirures et d'ulcérations. C*es( donc là un moyen utile pour prévenir de petites compUcations, mais il n'abrège en rien la durée de l'affection.

Quelques personnes ont essayé de faire avorter le zona en cautérisant les vésicules avec un crayon d'azotate d'argent ; mais, quoi qu'on en ait dit, cette méthode n'a pas grand avantage, et surtout elle n'abrège pas sensiblement la durée de la maladie. Nous en dirons autant des appUcations de collodion.

Les ulcérations succédant & la chute des^croûtes seront pansées avec du cérat opiacé ou de satume. Inutile de dire que, chez les individus a£Fliiblis par Tftge ou par la misère, surtout lorsque les ulcérations se forment ou que la gangrène eil imminente, il faut seconder le traitement local par une médication générale : c'est ici que les toniques, le quinquina, le vin, sont spécialement indiqués.

Les douleurs névralgiques qui persistent plus ou moins longtemps après la gnérison de la maladie seront surtout attaquées à l'aide d'un ou plusieurs vésicatœres volants. On pourrait aussi tenter contre elles les injections sous-cutanées avec k morphine ou l'atropine ; enfin, à l'exemple de M. Bazin, on pourrait donner les préparations arsenicales à l'intérieur ; elles lui ont réussi dans deux cas très-rebeD^.

30 De l'herpès cirdnatus.

Vherpes ctrcinatoê est caractérisé par des vésicules très-petites, siégeant sur un fond rouge et formant des anneaux ou des cercles complets dont le centre est intact.

Symptômes. *- Une rougeur pouvant n'avoir que l'étendue d'une pièce d'un franc, ayant d'autres fois o ou 6 centimètres de diamètre, de forme ronde ou ovale, moins foncée au centre qu'à la périphérie, constitue le premier degré de la maladie. Bientôt la circonférence se garnit de vésicules très-petites et globuleuses;^ le liquide que celles-ci contiennent, d'abord transparent, se trouble ensuite ; U dessiccation s'opère plus tard ; enfin les croûtes tombent : la maladie est alors terminée, et il ne reste plus qu'une rougeur vive, qui disparaît lentement. Le centre de l'anneau, où pourtant on ne voit Jamais de vésicules, mais qui a été le âége d'une rougeur plus ou moins vive, s'exfolie quelquefois.

Vherpes circinatm est une affection très-bénigne, ne produisant qu'un peu de cuisson ou de prurit ; sa durée moyenne est de huit à dix Jours ; cependant, s'fl existe un grand nombre d'anneaux et s'ils se sont développés successÎTement, la maladie peut se prolonger pendant deux ou trois septénaires.

Diagnostic. — Le diagnostic ne peut présenter, en général, aucune difficulté sérieuse. Nous verrons plus tard que si l'aspect de l'éruption herpétique, à certaines périodes, lui donne un peu de ressemblance avec la lêprej avec le K^a circumscriptus et avec le porrigo sctUulaia^ cependant il y a dans les caractères extérieurs de ces affections assez de dissemblance pour qu'un œil attentif les distingue aisément.

Étioloffie. — Vherpes drcinatus affecte souvent les enfants et les jeunes personnes ; les filles blondes, dont la peau est fine et blanche, y sont très-si^ettes. Lei anneaux herpétiques peuvent se développer sur toutes les parties du corps, on les voit surtout sur les Joues et au menton.

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TraUenent. — Les lotions alcalines ou légèrement astringentes avec l'alun, avec le sulfate de zinc et le sous-acétate de plomb, sont le seul traitement qu'U convient d'opposer à cette affection légère.

30 De l'herpès phlyctënolde.

On donne le nom à* herpès phlyctéwÂdej phlycténode ou mt/totre, à une éruption de vésicules agglomérées en plus ou moins grand nombre sur une peau enflammée et disposées en plaques plus ou moins irrégulières.

Symptômes. — Dans les points où l'éruption doit se développer, on voit d'abord se former un certain nombre de petits points rouges presque imperceptibles, groupés et très-rapprocbés entre eux. Le lendemain, cette surface, plus ou moins irrégulière, et variant, pour l'étendue, depuis celle d'une pièce de 2 francs jusqu'à celle de la paume de la main, est couverte de vésicules dures, très*petites pour la plupart ; quelques-unes, cependant, acquièrent le volume d'un pois. Parfaitement transparentes à leur début, eljes se troublent rapidement, et souvent douze ou vingt-quatre heures après leur formation, le liquide qu'elles contiennent est déjà lactescent. Vers le troisième Jour, l'éruption se flétrit; au huitième, elle est tout à fait affaissée. On trouve, en outre, des croûtes, et çà et là quelques ulcérations superficielles. Enfin, du douzième au quinzième Jour, quelquefois plus tôt, quelquefois plus tard, la guérison est complète, et il ne reste plus de l'éruption qu'une coloration rougeâtre de la peau, qui disparait lentement. L'herpès phlycténoïde ne produit, en général, que la douleur prurigineuse ou la cuisson qui accompagne presque toutes les éruptions herpétiques. Cependant, s'il existe un grand nombre de plaques, et si celles-ci sont très-étendues, on peut observer de la fièvre, un état de malaise et divers dérangements des organes digestifs, accidents qu'on remarque quelquefois pendant un ou deux jours comme prodromes.

I>iagno8tic. ^ La réunion de vésicules nombreuses sur une surface enflammée, disposées par plaques, caractérise assez la maladie pour qu'on ne puisse jamais la confondre avec aucune autre affection vésiculeuse ou buUeuse.

Atiolosie. — Les causes de la maladie sont très-obscnres : cependant l'herpès phljcténoïde, plus fréquent dans les climats chauds, afi^te surtout les jeunes gens. On a dit qu'il se développait souvent à la suite d'une insolation prolongée, ou après des veilles ou des excès dans le régime.

Traitement. — 11 est rare que la fièvre soit assez intense pour exiger l'emploi de la saignée : en général, des boissons délayantes et acidulés, quelques bains, des lotions narcotiques et émollientes, plus tard alcalines et résolutives, sont les seuls remèdes à opposera une maladie qui est toujours bénigne.

C — VARliTÉS D*APBiS LA COL0RATIO.1 DU LIMBB.

De l'berpès iris.

V herpès iris est une forme très-rare de la maladie; Bateman l'a indiquée le premier. Elle consiste dans de petits groupes de vésicules entourés de quatre anneaux concentriques, érythémateux, de nuances différentes, ce qui fait que les malades comparent quelquefois leur éruption à de petites cocardes.

L'herpès iris occupe de préférence les parties saillantes, comme les malléoles, ou bien la face, les mains, les coudes, les pieds, les doigts, le cou. La maladie débute

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par de petites taches diculairee formées par des EODesdé cooleurs dilêrentes; dès le deuxième jour il se forme^ indépendamment de ces taches, une résicule hientM entourée d'autres vésicules plus petites qu'elle* Après deux ou trais Jours, la véâcule centrale est aplatie, son liquide est trouble ; on distingue alors quatre amieaux érythémateux : le plus interne est d'un rouge brun, le second d'un blanc jaunâtre, le troisième d'un rouge foncé, enûn le dernier a une teinte rosée qui se confond peu à peu avec la couleur de la peau ; cependant ces nuances ne «ont paa IouJoqr aussi distinctes. Chacun de ces anneaux peut se couvrir de vésicules ; mais celles-d se développent surtout sur le premier. L'herpèa iris se termine par detqaamation vers le dixième ou le douzième Jour.

Les causes de l'herpès iris sont inconnues : on parait l'avoir suHoat observé sur les sujets Jeunes et blonds. Le traitement de Vherjpei etrcinates lui est applicable.

De recséma.

STROKT>n. — Dartre squameuie humide, dartre vire, etc., vient de ù^U, e/fenesco.

Le mot eczéma^ employé par quelques anciens pour désigner des inQammations phlycténoîdes légères, a été consacré par Willan & dénommer un des genres des affections vésiculeuses caractérisé par l'éruption de vésicules très-petites, agglomérées en grand nombre sur des surfaces généralement larges et irrégolières, vésicules dont la plupart se déchirent et sont suivies d'excoriations superficielles, d'une exhalation séro-purulente, et de la formation de squames ou de furfures.

L'eczéma a été divisé en aigu et en chronique.

De l'eczéma aigu.

L'eczéma aigu présente lui-même trois variétés principales, qui sont : Yeczema simpleXy Veczema rubrunij et Veczema impetiginodes.

i<> Eczéma Btmflex. — Cette forme apparaît ordinairement sans prodromes. Les malades éprouvent seulement un prurit plus ou moins inconmiode sur un point où la peau conserve sa couleur ordinaire, mais où Ton ne tarde pas à distinguer un grand nombre de vésicules très-petites, très-rapprochées entre elles, offrant ua aspect brillant & cause de la sérosité transparente qu'elles contiennent. Il faut parfois s'armer d'une loupe pour pouvoir les distinguer. Bientôt le liquide se trouble et prend une teinte laiteuse. Tantôt alors il est résorbé, et tantôt il s'échappe après la rupture de la vésicule. Dans le premier cas, il en résulte une desquamation insensible de l'épiderme ; dans le second, on voit se former de petites squames qui se détachent et ne laissent aucune trace sur la peau. Le prurit est le seul symptôme incpmmode qu'on observe. On ne remarque le plus souvent aucun trouble dans la santé générale, excepté pourtant dans les cas où l'eczéma est très-éteDdu, lorsque, par exemple, il occupe d'emblée ou successivement presque toute lasurfece du corps, ainsi que Biett l'a vu plusieurs fois chez déjeunes enfants. Il existe alors de la fièvre, de la soif, de l'agitation, de l'insomnie et des troubles divers du côté des organes digestifB. Veczema simplex parcourt ses différentes phases en six oq sept jours ; mais comme il se forme généralement plusieurs éruptions successives, il s'ensuit que la maladie se prolonge pendant deux ou trois septénaires, et mc^me davantage.

2<> Eczéma rubrum. — Cette forme, plus intense que la précédente, a souvent

DE L'ECZfeMA. <»9

des prodromes. La peau sar laquelle réruption se fait est le siège de chaleur, d'un prurit intense et d'une rougeur plus ou moins vive : les vésicules qui hérissent sa surface sont excessivement petites, les plus grosses n'ont que le volume d'une p^ tite tête d'épingle ; elles perdent leur transparence au bout de deux ou trois jours. Dans les cas les plus simples, le fluide devenu lactescent se résorbe, Tépidenae s'exfolie, et la surface de la peau conserve pendant quelques jours une teinte rougedtre qui s'éteint peu à peu. Cependant le plus souvent les vésicules se déchirent ; des excoriations ont lieu sur la surface enflanmiée; celle-ci exhale un fluide aéropurulent, lequel se concrète sous forme de lamelles minces et molles, qui tombent et se reproduisent tout aussitôt. En général aussi, de nouvelles éruptions vésiculeuses se font tantôt sur les points primitivement affectés, tantôt sur des points \'oisins : la maladie se termine alors après deux ou trois septénaires, ou bien elle passe à l'état chronique.

3* Ectema impetiginodes. — Dans cette variété l'inflammation est plus vive i la peau, très-rouge, e^ tuméfiée ; les vésicules sont confinentes et contiennent uq liquide séro-purulent qui se concrète promptement, et fbime, non des lamelle^i comme dans V eczéma rubrum, mais des squames ou des croûtes jaunes, humides, molles, qui s'imbriquent, et qui, en tombant, laissent à nu une surface excoriée qui sécrète une sérosité roussâtre. Les squames se renouvellent facilement; en général, il y a plusieurs éruptions successives* A mesure que la maladie s'amé^ liore, on voit les squames diminuer d'épaisseur et devenir plus minces. Veczema impetiginodes cesse après vingt-cinq ou trente jours, ou bien.il passe à l'état chronique. En somme, on voit que Veczema impetiginodes est un degré plus avancé de Veczema rubrum. Dans celui-ci, les vésicules sont transparentes, et Vuk" flammation de la peau est médiocre ; dans l'autre, cette inflammation est plus vive, et les vésicules, plus grosses, contiennent du pus. Ces deux Cormes de la maladie coexistent souvent chez le môme individu : d'accord avec MM. Biett, Cazenave et Schedel, nous ne croyons pas qu'à l'exemple de MM. Rayer et Copland, on doive considérer Veczema impeHginodes comme un eczéma rubnim compliqué d^ pustules d'impétigo.

Veczema rubrumy et surtout Veczema impeHginodeSy lorsqu'ils sont étendus, s'accompagnent de malaise,«d'une fièvre modérée, de perte d'appétit, de soif et de dévoiement. La peau, qui a été le siège de la maladie, conserve en général, pendant un temps plus ou moins long, une couleur brunâtre qui persiste même durant toute la vie chez les vieillards et chez les sujets dont la peau est naturellement brune et sèche.

De Teczéma chronique.

n peut succéder aux trois formes que nous venons d'étudier, mais surtout aux deux dernières. La peau est alors tendue, luisante, d'un rouge vif; elle ressemble parfois à la surface d'un vésicatoire. Il y a aussi des points plus rouges, où elle est excoriée, fendillée, gercée, comme égratignée; une humeur séro-purulente ou séro-sanguinolente la baigne sans cesse, et imprègne les linges, qu'elle durcit souvent, comme le ferait de l'empois. Cette sécrétion serait^ d'après les uns, exclusivement fournie par le derme altéré ; d'après Biett, au contraire, elle proviendrait de la rupture des vésicules qui continueraient à se former sur la surface malade. Toutefois Biett convient lui-môme que ces vésicules sont souvent difficiles à reconnaître, car l'épiderme qui en forme l'enveloppe est excessivement mince :

c'est ce qui explique leur marche rapide^ leur rupture prématurée et la difOcullé qu'il j a-k les distinguer. Quoi qu'il en soit, le liquidé, en se concentrant, finit par former des squames humides, Jaunâtres, épaisses, qui tombent et se reproduisent bientôt Tous les malades accusent, dans la partie où siège l'eczéma, une chaleur vive, ud prurit qui augmente généralement par la chaleur artificielle, par le séjour au lit, après les repas, et surtout par l'ingestion des liqueurs alcooliques et des autres excitants diffusibles. Le prurit peut dcTenir tellement intolérable, que la volonté k plus énergique cède à l'impérieux besoin de se gratter. Les individus s'écorchent alors avec leurs ongles ; les surfaces malades saignent abondanmient, et il en résulte souvent un soulagement passager. Le prurit est un symptôme qui manque rarement dans l'eczéma, et surtout dans l'eczéma chronique.

Lorsque la maladie persiste pendant longtemps, le derme s'épaissit, et les ganglions lymphatiques du voisinage s'engorgent. 11 est rare que, même dans les cas où l'eczéma est étendu, on observe des symptômes généraux graves. Les principaux troubles qu'on remarque sont : un peu d'amaigrissement, rarement de la fièvre, de l'insomnie, du dévoiement et quelquefois une inflanmiation iq^htheuse de la bouche.

11 est excessivement rare que l'eczéma ait une terminaison funeste : ceile-dnt guère lieu que chez les vieillards aflTaiblis, et par suite de quelque complication. Dans d'autres cas également rares, l'éruption eczémateuse a jugé favonUement des maladies anciennes et plus ou moins graves. Biett paraît avoir observé plusieui» faits de ce genre.

La durée de la maladie est indéterminée; elle peut persister plusieurs mois ou des années entières. Lorsque la guérison a lieu, on voit la surface malade se rétrécir peu à peu de la circonférence au centre; les squames devieooeot petites^ minces et moins humides ; l'exhalation séreuse tarit ; enfin, la peau, après être restée plus ou moins longtemps encore lisse et rougedtre, finit par reprendre toutes ses propriétés ; elle conserve pourtant pour le reste de la vie une coloratioD anormale. L'eczéma est une des maladies qui récidivent le plus souvent, amt dans le point primitivement affecté, soit dans une autre partie des téguments.

Pour compléter le tableau que nous venons de tracer de l'eczéma, il nous reste à indiquer les modifications particulières que la maladie présente, suivant les points du corps qu'elle envahit.

t» Eczéma du cuir chevelu. — Lorsque l'eczéma occupe le cuir chevelu, il l'envahit généralement dans la totalité, et se propage souvent à la face. La démangeaison est vive, la sécrétion séro-purulente souvent très-abondante. Celle-ci exhale une odeur nauséabonde ; en se concrétant, elle forme des squames qui adhèrent aux cheveux, et qui, humides d'abord, se dessèchent ensuite et tombent en lame* furfuracées. Dans quelques cas les lamelles de l'eczéma offrent une dlspositioQ toute spéciale et si remarquable, qu'Alibert en avait fait une variété à part, quil nommait teigne amiantacéej parce que les lamelles ont alors la blancheur de la* miante. Dans cette forme de la maladie, les cheveux, collés par petits paquets, sont entourés d'un étui blanchAtre plus ou moins long, qui semble les prendre à leur sortie et se continuer avec eux à mesure qu'ils se développent. Le cuir chevelu est ainsi parsemé de ces mèches réunies à des hauteurs différentes par de petites gaines qui, devenant de plus en plus sèches, et prenant une teinte de plus en plus blanche, impriment à la chevelure un aspect spécial (Cazenave). 11 arrive enfin, parfois, qu'il n'y a presque plus trace de liquide ; on ne trouve alors que des lamella

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