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DE L'ECZÉMA

blanches et furfuracées, et si Ton n'apercevait pas de temps en temps une surface un peu humide, on pourrait être exposé à méconnaître la véritable nature de l'affection. La forme squameuse pQut être primitive, mais presque toujours pourtant elle est consécutive. Lorsque Teczéma du cuir chevelu est chronique, les ganglions cervicaux sous-maxillaires s'engorgent, les cheveux tombent ; mais, les bulbes n'étant pas altérés, cette alopécie n'est que momentanée. Comme Biett l'a observé, l'inflammation eczémateuse chronique du cuir chevelu finit par produire une tension de la peau du visage telle que les traits sont tirés en haut et en arrière.

2<^ Eczéma de la face, — 11 n'est peut-être aucune partie du corps qui soit aussi souvent affectée d'eczéma que les oreilles : c'est ce qu'on voit surtout chez la femme. La tuméfaction peut être assez considérable pour obstruer le conduit auditif et rendre l'audition difficile ou impossible. L'inflammation gagne parfois le conduit auditif interne, la trompe d'Ëustachi et le pharynx. L'eczéma peut encore se montrer partiellement sur les paupières, sur les lèvres et aux ailes du nez. Dans tous ces cas, l'éruption se reproduit souvent sur la membrane muqueuse voisine L'eczéma des paupières a quelquefois provoqué un ectropion.

3^ Eczéma des organes génitaux. — Chez l'homme, l'éruption eczémateuse occupe le pénis, le scrotum et la partie inférieure et interne des cuisses; elle peut être cause de priapisme. Chez la femme, on l'observe sur le mont de Vénus, aux grandes et aux petites lèvres ; elle peut gagner l'entrée du vagin, le clitoris et le méat urinaire. La cuisson et la démangeaison sont souvent intolérables. L'excitation permanente des organes génitaux produit quelquefois la nymphomanie ; elle a inspiré à beaucoup de jeunes filles innocentes l'idée de la masturbation. Enfin, chez la femme, on voit encore l'eczéma se développer sur les mamelles, où il occupe de préférence le mamelon et son aréole. La maladie est généralement alors très-rebelle. Enfin, dans les deux sexes, le pourtour de l'anus peut être le siège d'un eczéma très-incommode et non moins opiniâtre.

4* Eczéma des membres. — L'eczéma des membres n'offre pas de particularité très-remarquable. Notons pourtant la fréquence de la maladie aux doigts, aux faces palmaire et dorsale de la main. Elle s'y caractérise, conmie ailleurs, par de la rougeur, par des vésicules et par un suintement plus ou moins abondant ; souvent aussi la peau se gerce douloureusement. M. Bazin fait observer en outre que lorsque l'eczéma occupe la plante des pieds ou la paume de la main, l'épaisseur de l'épiderme empêche les vésicules de se rompre ; le liquide se résorbe et la membrane se réapplique sur le derme, mais bientôt il se fait une exfoliation qui met à nu un épiderme de nouvelle formation, rouge ou violacé (1).

Diagnostic — L'eczéma pourrait être confondu avec un grand nombre de maladies de la peau, spécialement avec la gale, avec l'impétigo, avec le pompholix diutinus, avec le lichen agrius et avec le psoriaris; nous établirons leur diagnostic différentiel à l'article consacré à chacune de ces affections. L'eczéma pourrait encore être confondu avec Vherpes pMyctenodes; mais dans celui-ci les vésicules sont arrangées par groupes et disséminées. Cette disposition existe, il est vrai, quelquefois dans l'eczéma; mais dans ce dernier cas les vésicules sont beaucoup plus petites : elles font à peine saillie et sont suivies de desquamation, tandis que

(0 Leçons sur les affections cutanées. Paris^ 1860, p. 487.

dans rherpès elles sont plus grandes, elles sont globuleuses et perlées; enfin li desquamation est peu marquée.

Pronostic. — L'eczéma, surtout à Tétat aigu, est une maladie légère. S'il est chronique, il constitue une affection très-incommode et d'une durée indéterminée. Les eczéma rubrum et impeligifwdes sont plus fâcheux que la forme simple; au cuir chevelu Teczéma squameux est le plus rebelle. Le pronostic serait graTe, si l'eczéma envahissait presque toute la surface du corps, ou s'il se compliquait de quelque lésion viscérale. Il est douteux qu'il constitue jamais un bénéOce de nature et qu'on doive le respecter ; c'est une maladie, en effet, incommode, et dont il est presque toujours avantageux de se guérir; les exceptions à cette manière de voir sont extrêmement rares.

Étiologie. ^ L'eczéma est, sans contredit, l'affection cutanée qui est la plus commune en France ; elle reconnaît peut-être le plus souvent l'intervention d'one cause spéciale, difficile à apprécier, mais qui peut se transmettre héréditairemefit. Bien souvent aussi la maladie succède à des causes externes purement locales, telles que des frictions sèches ou bien faites avec des substances irritantes. L'usage de certaines pommades, ou l'abus que font beaucoup de femmes du peigne dans leur toilette de la tête, sont une cause non moins puissante de l'eczéma du cuir chevelu. On observe aussi fréquemment cette éruption sur les mains et surJes avant-bras d'individus exerçant certaines professions qui exposent ces parties à l'action des substances irritantes. La maladie peut encore être produite par la malpropreté : c'est ce qui arrive notamment pour l'eczéma des parties génitales et du cuir chevelu. L'éruption eczémateuse succède souvent aussi à l'irritation que produisent sur la peau certains écoulements. Enfin, une exposition piolon^ée aui payons solaires peut déterminer sur les parties habituellement découvertes une éruption vésiculeuse qui participe à la fois des caractères de Vecs€mPi«f^^^ de Veczema rubrum^ variété à laquelle Willan a donné le nom d'eczéma loiare, ca raison de la cause spéciale qui la produit. L'eczéma qui est spontané se remarque plus souvent chez la femme que chez l'honmie, et pendant le printemps ou Vété que dans les autres saisons. Les vicissitudes atmosphériques provoquent souvent la première apparition de la maladie, ou l'aggravent lorsqu'elle existe déjà, on tout au moins augmentent les démangeaisons. L'eczéma est quelquefois survenu à la suite d'une impression morale vive. Cette maladie ne m'a jamais paru ôtie contagieuse : Biett et M. Baumes disent pourtant l'avoir vue plusieurs fois se trannnettre par le coït d'un individu à un autre ; mais ceci peut s'expliquer peut-être par la nature exceptionnellement acre de l'écoulement sur une peau très-imprcasionnaUer sans qu'il soit besoin d'invoquer un principe contagieux.

Nous avons vu précédemment que l'eczéma pouvait se montrer sur tous les pan» de la peau ; cependant on l'observe plus communément sur les parties garnies de poils, là où les follicules sébacés sont plus abondants : tels sont le pubis, les aines, les aisselles, le scrotum, la vulve,* le cuir chevelu.

Siège anatomiqne. — On a beaucoup discuté sur le siège anatomique de la maladie : quelques personnes l'ont placée dans les folhcules sébacés; d autres pensent avec Biett, et cela avec plus de fondement, que l'eczéma est Q»^ inflammation de cette couche superficielle du derme, appelée membrane vasculaire de Eichhom, et qui semble destinée à sécréter l'épidenne. M. Caxenaïe en a fait une affection des conduits sudoripares; cette opinion est partagée p«r M. Bazin. , .

Traitement. — Lorsque l'eczéma est simple, on se bornera à employer à l'inte-

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