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DE L'APOPLEXIE SÉREUSE

alors confondus, et forment avec le troisième une cavité unique. La sérosité est généralement incolore ; parfois elle est claire, limpide comme de l'eau de roche, et peu ou même point albumineuse, ainsi que Valsalva et Morgagni Tont expérimenté. Sa quantité varie : elle peut n'être que de 64 grammes, d'autres fois elle s'élève à deux verres (Andral). D'ailleurs il est rare qu'on trouve à l'autopsie tout le liquide qui s'est épanché pendant la vie ; il résulte, en effet, de recherches exactes faites par M. le professeur Nat. Guillot, que le cerveau est un organe très-hygrométrique, et qui absorbe, après la mort, une grande partie des liquides épanchés. Lorsque le cerveau s'est ainsi imbibé de sérosité/ il parait plus humide, et, à mesure qu'on le coupe par tranches, on voit suinter des gouttelettes de sérosité. Ce liquide semble avoir quelquefois opéré une sorte de macération sur certaines parties du cerveau : c'est ainsi qu'on trouve parfois le septum, la voûte à trois piliers, et les parois des ventricules eux-mêmes ramollis, et réduits en une sorte de pulpe blanchâtre. C'est là un phénomène purement cadavérique, que l'imbibition de la sérosité explique, sans avoir besoin d'invoquer, comme Morgagni la lait, une prétendue acrimonie du liquide. En somme, dans l'apoplexie séreuse, le liquide céphalo-rachidien existe en plus grande quantité, sans qu'il soit possible d'expliquer cette supersécrétion par aucune lésion matérielle saisissable des méninges et du cerveau.

Symptômes. Marche. — L'apoplexie séreuse a deux modes d'invasion : l'un graduel, l'autre brusque. Dans le premier cas, les malades se plaiguent d'une céphalalgie gravative; ils ont de la somnolence; les sens sont affaiblis, les facultés intellectuelles obtuses ; parfois il y a du délire. Ces symptômes s'aggravent, les individus tombent peu à peu dans un état comateux avec résolution générale et paralysie.

Lorsque l'apoplexie séreuse débute brusquement, les malades perdent tout à coup connaissance ; les quatre membres sont dans une résolution complète; les pupilles sont larges, immobiles ; le pouls est lent, la sensibilité abolie ; la respiration est stertoreuse ; le visage est indifiTérenuDent pâle, rouge ou violacé. Enfin, après une durée qui varie entre quelques heures et plusieurs jours, les malades succombent; d'autres reprennent peu à peu connaissance ; le mouvement et la sensibilité renaissent progressivement, et il sufBt de quelques jours, et parfois même de vingtquatre heures seulement, pour faire disparaître tous les symptômes de compression cérébrale. Ainsi, dans l'apoplexie séreuse, on notera comme phénomènes remarquables : 1^ un début brusque; 2° la résolution complète de tous les membres; 3^ la cessation rapide des accidents, lorsque la maladie a une heureuse issue. On a dit que lorsque Tépanchement n'occupait qu'un seul des ventricules latéraux, il pouvait n'y avoir qu'une hémiplégie. La chose est possible; mais jusqu'à présent il n'y a aucun fait qui légitime cette opinion : l'observation de Morgagni, qu'on- a invoquée en sa faveur, est loin d'être concluante.

Bia^nosiio. — Il n'existe aucun signe qui « puisse faire distinguer une apoplexie séreuse d'une hémorrhagie ou d'une congestion cérébrale avec résolution complète de tous les membres. La pâleur de la face, la lenteur du pouls, l'état cachectique des sujets, que les anciens avaient signalés comme des caractères distinctifs des apoplexies séreuses, n'ont aucune valeur, puisque, d'une part, ils manquent souvent, et que, de l'autre, on les trouve dans les apoplexies sanguines.

Pronostic. — Le pronostic est très-grave ; cependant il l'est beaucoup moins que celui de l'hémorrhagie cérébrale, qui laisse plus ou moins impotents ceux qu'elle ne tue point rapidement, tandis que la guérison de l'apoplexie séreuse est

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possible sans infinûités. Dans quelle proportion arrive-l-elleî On l'ignore par

l'impossibilité où nous sommes do diagnostiquer sûrement la maladie.

Atiologie. — L'apoplexie séreuse affecte surtout les vieillards et les sujets faibles, débiles, épuisés par les maladies longues. Nous avons dit qu'on l'obserrait chez les sujets atteints d'anasarque ou d'ascite, lorsqu'une partie de la sérosité, ayant été brusquement résorbée, se trouvait ensuite portée, par une sorte <k métastase^ vers le cerveau. Ces accidents cérébraux peuvent survenir dans toute espèce d'hydropisie ; mais ils sont incontestablement plus conmiuos dans celle* qui sont symptomatiques d'une lésion rénale, dans celles qui sont consécutives à l'albuminurie.

Traitement. ^ Les anciens avaient défendu de saigner dans tous les cas d'apoplexies séreuses : cependant il faudra recourir aux émissions sanguines, si le pools avait de la force et de la dureté. L'épuisement des sujets ou l'extrême petitesse ik pouls peuvent seuls contre-indiquer la saignée. Dans tous les cas, il Taut tâcher de provoquer des flux artificiels ou d'augmenter certaines sécrétions : on insbten sur les purgatifs énergiques, tels que jalap, scammonée, goomie-gutte, huile de <;roton ; on administrera les boissons diurétiques, et l'on appliquera sur diverses parties du corps, spécialement à la nuque et aux membres inférienrs, de trèslarges vésicatoires.

De rhydrocéphala chroniqaa*

L'hydrocéphale chronique est souvent congénitale ; d'autres foû elle ne se développe que postérieurement à la naissance.

Caractères anatomiqnes. — L'hydrocéphalie, surtout lorsqu'elle est congénitale ou qu'elle s'est développée avant l'ossification complète des sutures, s'accompagne presque toujours d'une augmentation considérable dans le volume de la tête ; je dis presque tot^ours, car divers auteurs, Gœlis, Breschet, Gall, etc., ont vu des hydrocéphales dont le crâne avait des proportions normales ou inférieures à celles de l'état physiologique. Non-seulement le crftne est agrandi, mais il est eo outre plus ou moins altéré dans sa forme. Sa circonférence chex un fœtus ou ches un enfant peu après la naissance et atteint d'faydrocéphatie a pu s'élever à 40 on 50 centimètres; elle avait même acquis t'yiO chez un enfaut de seize mois, dont la pièce pathologique a été déposée dans le musée de Cruikshank, où elle a été vue par J. Frank. Cette augmentation de volume porte à peu près exclusivement sur k voûte, tandis que la base ne varie point. La première se déforme A peu près ré^ lièrement, quelquefois Tampliation porte sur un seul point. Ainsi un seul côté peut se dilater, ou bien c'est l'occiput qui s'allonge, ou le smciput qui s'élèvt en pointe et prend la forme d'un pain de sucre. Le volume souvent énorme du crAne forme un contraste très-remarquable avec la face, qui reste proportionnée au reste du corps. Une circonstaKce digne d'être notée, c'est que dans les hydrocéphales volumineuses le diamètre vertical de l'orbite est raccourci, par suite de la dépression qu'a subie la portion orfoit^re du frontal ; aussi le globe oculaire est-il proéminent et presque chassé de l'orbite. Enfin, presque toujours on trouve sur divers points du crâne, là où les os ont cédé le plus facilement, notamment au front, à l'occiput et sur le sommet de la tète, des tumeurs plus ou moins volumineuses et fluctuantes. Les os ont rarement leur degré d'épaisseur naturelle ; ils sont tantôt amincis, transparents, semblables à une feuille de papier (Breschet), tandis que d'autres fois leur épaisseur peut être double ou triple de ce qu'elle est à l'état

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physiologique. Enfin, on trouve tantôt de larges espaces membraneux qui séparent les os entre eux au niveau des sutures; d'autres fois, celles-ci sont complètement ossifiées.

Dans la plupart des cas, la sérosité est accumulée dans les ventricules : ceux-ci peuvent être tellement distendus, que les circonvolutions et les anfractuosités s'effacent ; le cerveau est alors réduit en une sorte de poche ou de kyste séreux ; sa structure est homogène, et il est presque toujours impossible de distinguer entre elles la substance médullaire et la substance grise. Cette altération n'est pas incompatible avec la vie, et même avec un certain degré d'intelligence. Après les ventricules, la sérosité s'épanche spécialement dans le tissu cellulaire de la piemère, puis dans la grande cavité de l'arachnoïde ; on l'a même vue, dit-on, s'amasser entre la dure-mère et les os du crâne, ou bien entre la dure-mère et le feuillet pariétal de l'arachnoïde, et jusque dans le ventricule du sept um, ainsi que Breschet en a rapporté plusieurs exemples. La quantité de sérosité contenue dans le crâne est très-variable : on l'a vue être de 4, 5 et tO kilogrammes; le crâne que J. Frank a examiné dans le musée de Cruikshank avait renfermé i3 kUogrammes {f^ de liquide.

Lorsque le crâne a son volume, ou bien lorsque ses proportions sont au-dessous de l'état physiologique, le cerveau est atrophié, parfois même il n'existe qu'à l'état rudimen taire, et l'espace laissé vide est rempli par de la sérosité.

Avant de terminer, je dois dire un mot de ces collections séreuses qui sont pour quelques individus uiïe sorte d'état physiologique. On les rencontre chez tous les sujets dont le cerveau subit, par suite des progrès de l'âge ou par l'effet d'une maladie, une atrophie, une diminution partielle ou générale de son volume. Les parois osseuses ne pouvant suivre alors le cerveau dans son retrait, il existerait dans le crâne un espace vide, si celui-ci n'était comblé aussitôt par une supersécrétion du fluide céphalo-rachidien : c'est un fait que les recherches de Magendie ont parfaitement établi.

Symptômes. Marche. — Malgré l'assertion contraire de Feiler, on ne peut diagnostiquer l'hydrocéphalie chronique lorsque l'enfant est encore dans le sein maternel. Pendant le travail de l'accouchement, on reconnaît la maladie à une tumeur à large surface, de consistance variable dans les différents points de son étendue, un peu convexe, recouvrant tout le détroit supérieur sans s'y engager; elle est tendue pendant les contractions utérines, molle et fluctuante dans leur intervalle; enfin le doigt distingue des espaces membraneux parfois considérables, car ils peuvent avoir l'étendue de la paume de la main. L'hydrocéphale portée à ce degré peut empêcher ou retarder l'accouchement, et devenir la source d'indications spéciales qu'on trouvera exposées dans les livres d'obstétrique.

Les caractères de l'hydrocéphalie congénitale après la naissance varient. Nous avons vu que quelquefois la tête avait un très-petit volume; elle est alors plus ou moins déformée : elle est ordinairement pointue et aplatie sur le front et sur chaque côté. La figure est sans expression; les membres sont grêles, sans force; la voix est faible; quelquefois la déglutition est difficile ; les malades ont de la voracité, et nonobstant cela la nutrition est très-languissanle; enfin la plupart de ces malheureux meurent peu après leur naissance, dans le coma ou dans les convulsions. On se rappelle que dans ce cas le cerveau manque en totalité ou en grande partie, c'e8t-à-<iire qu'il y a monstruosité.

Dans l'hydrocéphalie chronique, on voit encore la tête conserver son volume naturel lorsque la maladie survient plusieurs années après la naissance, et à une

époque où l'ossificalion des fontanelles est complète. Cependant quelquefois lc% sutures, quoique réunies, mais n'ayant pas encore acquis tout leur degré de solidité, cèdent à l'effort d'expansion du liquide intra-crânien : on voit alors, une ou plusieurs sutures s'ouvrant de nouveau, les os présenter un écartement considérable; c'est ce qu'on a constaté plusieurs fois chez des enfants qui furent atteints d'bydrocéphale vers l'âge de huit à dix ans.

Les sujets devenus hydrocéphales plus ou moins longtemps après la naissaocf ne présentent pas toujours les mêmes phénomènes : la plupart sont tranquille et hébétés ; plus rarement ils sont grognons, maussades et turbulents : presque tous dorment longtemps, et ont le sommeil très-lourd. Quelques-uns ont rintelligeoce assez développée, et ils peuvent la conserver intacte jusqu'au dernier moment; mais néanmoins chez la plupart les facultés cérébrales sont obtuses, la parole est difficile, la perception lente ; les sentiments affectueux sont nuls ou peu développéi. Les malades jouissent rarement de l'intégrité de tous leurs sens : si l'ouïe et peutêtre l'odorat et le goût sont rarement abolis ou pervertis, il n'en est pas de même de la vue, qui est fréquemment diminuée ou éteinte, et de la sensibilité tactile de la peau, qui est souvent moindre et quelquefois complètement abolie. Beaucoup de ces malades ont du strabisme ; chez quelques-uns, les yeux sont dirigés en haut, chez d'autres ils le sont en bas, chez beaucoup ils vacillent sans cesse. Quelques hydrocéphales sont paralysés d'un ou de plusieurs membres. Cependant la plupart peuvent se soutenir sur leurs jambes ; mais leur démarche est en général mal assurée : ils font souvent des chutes ; beaucoup ont de la peine à tenir leur tête en équilibre : son poids l'entraîne, en effet, tantôt d'un côté, tantôt de l'autre. Quelques-uns ont de temps en temps des mouvements convulsifs, irréguliers ou épileptiformes. En exerçant avec la main une compression sur la tête, on peut guelquefois produire momentanément de l'assoupissement, de la paralysie ou des convulsions. Le plus souvent on distingue manifestement de la fluctuation au niveau des fontanelles ; l'auscultation du crâne ne donne que des résultats négatifs, quoi qu'en ait dit un médecin américain. La nutrition est presque toujours intacte: beaucoup sont voraces, et pourtant ils digèrent bien. Cependant on voit généralement, à une époque plus ou moins éloignée, les sens, intacts au débuts se per\ertir, puis être abolis; la sensibilité générale s'émousse et s'éteint ; les muscles cessent de se contracter, la déglutition est difficile, l'urine et les matières fécales s'échappent involontairement. Enfin, quoique l'appétit soit généralement conserré jusqu'à la fin, beaucoup d'enfants néanmoins finissent par tomber dans le marasme sans qu'il existe parfois aucune lésion, aucune diathèse qui en rende compte.

La mort est la terminaison constante de l'hydrocéphale congénitale et même de celle qui survient peu après la naissance; jusqu'à présent il ne pourrait exister aucun cas bien authentique de guérison. Presque tous les hydrocéphales meurent jeunes; la plupart succombent mCme dans les premières heures ou dans les premiers jours, ou les premiers mois qui suivent la naissance. Si des hydrocéphales ont vécu jusqu'à vingt, trente, quarante-huit, cinquante-quatre et même soixante-dixneuf ans, ces faits sont si exceptionnels, qu'ils ne sauraient détruire la règle générale. La mort arrive tantôt dans le coma, par les progrès de la paralysie, tantôt dans un accès convulsif ; beaucoup de malades sont emportés par une maladie intercurrente. Si 1 hydrocéphale est curable, chose fort douteuse, nous ignorons encore les changements qui surviennent alors consécutivement, soit dans le cerveau, soit dans le crflne. Un de nos plus anciens amis, dont nous déplorons la fin prématurée, Antoine Andral, croyait que l'hydrocéphale pouvait guérir. Suivant lui, si

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