AVANT-PROPOS
La pathologie est cette branche de la médecine qui a pour objet la connaissance des maladies. C'est la science de l'homme souffrant, comme la physiologie est la science de l'homme en santé. La pathologie, ainsi que Chomel le remarque, ne traite pas seulement de la classification des maladies, de leurs causes, de leurs symptômes et de leurs signes, mais elle comprend encore dans son domaine leur siège, les phénomènes qui les précèdent et qui les suivent, leur marche, leur durée, leurs modes de terminaisons, leurs retours, leurs formes diverses, leurs complications, les lésions qu'elles apportent dans la texture des organes, leur traitement préservatif et curatif, ce qui, en effet, constitue tout autant de points essentiels de leur histoire.
La pathologie médicale a fait depuis un siècle d'immenses progrès : Tanalomie pathologique, que Bonet n'avait fait qu'ébaucher, a été définitivement coDstitaée par Morgagni ; Bichat a créé l'anatomie générale. Digne continuateur des grands physiologistes du xviii* siècle, il a, parla conduite ingénieuse de ses expériences, par les méthodes sévères qu'il a introduites, par les résultats nouveaux auxquels il est parvenu, donné une face nouvelle à la physiologie, et imprimé à la science comme à la pratique de la médecine la plus heureuse impulsion.
Outre ces grands résultats, l'art s'est enrichi de nouveaux procédés d'exploration. La percussion, découverte par Avenbrugger, l'auscultation, créée par le génie de Laennec, ont été perfectionnées, étendues dans leurs applications. La chimie, à l'aide de méthodes plus sûres, plus parfaites, a fait découvrir, pendant la vie comme après la mort, une foule d'altérations inconnues ou mal définies jusqu'alors; elle a non-seulement puissamment éclairé le diagnostic, mais dirigé en outre la thérapeutique dans des voies nouvelles. Cette application des méthodes exactes à la recherche des mala-