X AVANT-PROPOS
dies a fait disparaître, condamner sans retour une foule d'idées abstraites, systématiques, qui ont longtemps obscurci le diagnostic, fait dévier la thérapeutique, et qui, donnant à la médecine Tair d'un roman plutôt que d'une science exacte, avaient ainsi contribué à la discréditer.
Non-seulement l'observation est devenue plus parfaite et l'expérimentation plus rigoureuse, mais pour s'élever de la cortnaissance des faits particuliers à celle des faits généraux, on ne s'est plus fié à la mémoire, aux impressions vagues, aux inspirations théoriques ; on a recueilli des faits nombreux, on les a comparés et comptés, et, par ce rapprochement, par cette analyse, par cette numération, on est arrivé à des déductions rigoureuses, à la connaissance de quelques lois précises, à des résultats positifs en séméiotique, en étiologie, comme en thérapeutique.
La science moderne peut être fière de ces conquêtes, elle n'a rien à envier aux siècles précédents. Mais la pathologie, en agrandissant son domaine, en perfectionnant ses méthodes, est devenue par cela même plus longue, plus difficile à étudier. Le diagnostic est surtout la partie de la pathologie qui offre les difficultés les plus grandes. Il constitue d'ailleurs le fondement de la médecine pratique, puisque sans lui le pronostic est impossible, la thérapeutique incertaine, et parfois môme meurtrière. On ne panient à surmonter les obstacles que cette étude présente et à saisir à propos les indications, que si, doué d'un jugement sain et de sens intacts, on se livre avec persévérance, avec ardeur, à l'observation des malades. La lecture des meilleurs ouvrages ne peut suppléer à l'étude clinique : sans elle l'éducation médicale est impossible; elle seule peut donner au médecin le vrai savoir, qui consiste bien moins à connaître ce que les autres ont dit qu'à juger d'après soimême.
L'ordre suivant lequel les maladies doivent être étudiées n'est pas chose indifférente. Dans les traités de médecine, on a suivi jusqu'à présent trois méthodes principales de classification, qui sont : l'ordre alphabétique^ l'ordre anatomique^V ordre philosophique. Ce dernier est le seul qu'on doive suivre; c'est celui, par conséquent, que nous avons adopté.
La méthode alphabétique est sans contredit la plus irrationnelle de toutes. Classer les maladies d'après la ressemblance des noms ou le hasard de la lettre initiale, c'est vouloir tomber dans la plus déplorable confusion, en plaçant à côté les unes des autres les maladies les plus dissemblables, n'ayant entre elles aucune analogie de siège et de nature, tandis qu'on sépare celles qui ont des caractères communs.
La méthode anatomique lui est de beaucoup préférable. Celle-ci consiste