‹ Traité de pathologie interneChapitre 4 sur 152 · AVANT-PROPOS, XI · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS, XI

à diviser les maladies suivant les organes ou les appareils qu'elles affectent : elle a pour avantage de réunir dans un môme cadre toutes les maladies dont une partie peut être atteinte. Mais elle a, comme la méthode alphabétique, le grave inconvénient de disperser les maladies congénères, qui, comme les inflammations, les hémorrhagies, les névroses, etc., se prêtent à des considérations générales dont l'exposition prépare convenablement l'esprit du lecteur et épargne par la suite beaucoup de répétitions inutiles. Cet ordre, tout illogique qu'il est, pourrait, aussi bien que la méthode alphabétique, être toléré pour un manuel destiné aux praticiens ; mais il est essentiellement vicieux dans les livres élémentaires, car, les maladies diverses dont un organe est atteint déterminant une foule de symptômes communs, il en résultera souvent une grande confusion dans l'esprit du commençant. Très-souvent aussi le rapprochement, le voisinage de certaines maladies fera croire qu'il existe entre elles des rapports de cause à effet. Enfin un dernier inconvénient, non moins grave que les précédents, c'est que, bon nombre de maladies n'ayant pas de siège déterminé, l'ordre anatomique n'est plus applicable à une partie considérable de la pathologie ; et si l'on s'obstine alors à suivre la classification anatomique, ce n'est qu'à la condition de faire des rapprochements souvent monstrueux, et de résoudre sans la moindre preuve, par simple inspiration théorique, des questions encore indécises et souvent même insolubles.

Reste enfin l'ordre philosophique, ou, pour parler plus exactement, la méthode nosologique, consistant à diviser les maladies en un petit nombre de classes, celles-ci en ordres ou en genres renfermant un certain nombre d'espèces. Cette méthode, que Félix Plater semble avoir proposée le premier, était celle que Sydenham préférait, et c'est presque pour obéir à un vœu exprimé par ce grand homme dans la préface de son immortel ouvrage que Sauvages composa, en il3i, sa Nosologie méthodique. Ce même ordre fut adopté quelque temps après par Linné et par presque tous les nosographes dont le nom mérite de faire autorité, c'est-à-dire par Vogel, Sagar, Cullen, Pinel, etc. En effet, la méthode nosologique a l'immense avantage de réunir dans un même groupe, de confondre dans des considérations communes des maladies semblables, congénères, et de les séparer des maladies qui n'ont avec elles aucune espèce de rapport. On ne saurait nier, par conséquent, qu'une pareille méthode n'abrège beaucoup l'étude. Cbomel, qui toujours a défendu celte opinion, reconnaissait que la classification nosologique, en présentant dans un cadre déterminé toutes les maladies connues, conduit à reconnaître avec plus de précision les analogies et les dissemblances qui existent entre elles, et à mieux apprécier la valeur des assertions générales et des points de doctrine, en permettant d'en faire rapidement l'application à tous les groupes de maladies, rangés suivant un ordre que le médecin doit toujours avoir présent à l'esprit.

On a reproché à la méthode nosologique de faire souvent des rapproche-

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