‹ Traité de pathologie interneChapitre 56 sur 152 · DE LA GASTRITE · texte numérisé non relu

DE LA GASTRITE

On désigne sous le nom de gastrite l'inflammation, soit aîgufi, soit chronique de l'estomac.

Historique. Fréquence. — La gastrite est une maladie qui a été signalée dès l'enfance de l'art ; on l'a regardée comme étant plus ou moins fréquente, suivant le rôle plus ou moins actif que les théories physiologiques de l'époque faisaient Jouer à l'estomac ; mais nulle part et dans aucun temps on n'a exagéré la fréquence de la gastrite, comme on l'a fait en France sous le règne éphémère de la doctrine physiologique. On vit alors cette maladie dominer toute la pathologie, puisque non-seulement on rapportait à elle toutes les affections de l'estomac, mais on prétendait, en outre, faire de l'inflammation de cet organe le point de départ de toutes les autres maladies. En un mot, on rattachait à un travail phlegmasique de la muqueuse stomacale toutes les altérations de circulation, de sécrétion, de nutrition et d'innervation dont l'estomac pouvait être le siège, et même les effets sympathiques si nombreux qu'on observe, du côté des voies digestives, dans la plupart des maladies. Cependant une observation rigoureuse a depuis longtemps fait justice de ces idées, et elle a en outre démontré que cette gastrite, aiguô ou chronique, loin d'être aussi vulgaire qu'on le disait, était au Contraire une des maladies les plus rares du cadre nosologique, une de celles dont il était surtout le plus difficile de tracer l'histoire. On sera même peu surpris d'apprendre que les travaux sortis de l'école de Broussais ne sont d'aucune espèce d'utilité pour Fétude que nous allons faire, puisque le mot gastr.te n'a été, dans le langage de ces systématiques, qu'une de ces expressions vagues, indéfinies, sous lesquelles ils ont confondu les maladies les plus disparates. Ce sera surtout dans les écrits de MM. Louis, Cruveilhier et Andral que nous trouverons les notions les plus exactes sur la gastrite, considérée sous le point de vue anatomique. Mais, je le répète, dans l'état actuel de la science, l'inflammation de l'estomac, en tant qu'affection spontanée, est excessivement rare, et personne encore n'a pu en tracer une histoire Batisfaisante ; c'est la maladie dont on a le plus parlé dans ce siècle, et dont l'histoire, pourtant, est encore une des moins connues.

Bivisions. — La gastrite est divisée, quant à sa marche, en aiguè et en rArth ftique. La gastrite chronique sera étudiée dans deux formes principales, sui^imt qu'elle est simple ou bien ulcéreuse. Enfin, relativement aux causes qui la provoquent, on distitigue une gastrite spon/anéc et une gastrite ftwptgtig ; la première arri>^ sans cause déterminante bien manifeste ; la seconde résulte de l'introduction d'un poison : cette dernière sera étudiée lorsque nous traiterons des empoisonnements irritants et caustiques.

Df la gtsiritf aigaè.

Caractères anatomiques. — Dans la gastrite aigué générale, on observe communément une diminution plus ou moins considérable dans la capacité de Testomac. La membrane interne de ce viscère offre une coloration qui varie depuis le rouge clair jusqu'au brun foncé, coloration qui est produite par une injectioa tantôt uniforme, tantôt disposée par arborisations, par plaques, ou par un pointillé très-fin ; quelquefois enfin le sang, extravasé entre les tuniques, forme de petites ecchymoses. Cependant ces diverses nuances, lors même qu'elles résistent à une

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