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DE LA GASTRITE AIGUE. 2U

^ue la phlegmasie a eu pour effet de ramollir et de détruire une grande partie de la muqueuse stomacale, et d'apporter ainsi un obstacle à la nutrition. On conçoit aussi que la mort puisse dépendre d'une péritonite suraigué, par suite de la perforation de l'estomac ; cette lésion pourtant n'est presque jamais l'effet d'une gastrite aigué simple, mais elle succède le plus conmmnément à la gastrite par cause toxique. 11 en est de même de la gangrène, qui reconnaît presque toujours une cause spécifique.

Durée. — La gastrite a une duiée variable ; pour peu qu'elle ait de l'intensité, il est rare que les malades soient rétablis avant la fin du second septénaire ; souvent la convalescence se prolonge pendant un temps fort long et tout à fait indéterminé. Diac^ostic. — La gastrite aiguë doit surtout être distinguée du ramollissement atonique de l'estomac, de l'embarras gastrique, de la gastralgie, des vomissements neneux, de l'hépatite, de la péritonite, des coliques hépatique et néphrétique, etc. ; j'établirai ces diagnostics différentiels lorsque je traiterai en particulier de chacune de ces maladies. Mais on peut résumer ainsi les caractères distinctifs de la gastrite, en disant que dans cette affection il existe une douleur vive à l'épigastre, augmentant par la pression et s'accompagnant d'une soif intense, de nausées, de vomissements et de la non-tolérance des aliments et des boissons. I^ rougeur de la langue est un phénomène exceptionnel qui, d'ailleurs, n'a par lui môme aucune valeur. C'est en étudiant ainsi l'état local, et en le comparant aux autres symptômes, qu'on ne prendra pas pour une gastrite aiguë les troubles de l'estomac qui ne sont que sympathiques. Dans la variole, par exemple, nous avons vu qu'il existait souvent, au début, des nausées, des vomissements et une vive sensibilité à l'épigastre-, mais les autres symptômes, comme le lumbago, la fièvre intense, l'état d'anxiété, l'accablement extrême, phénomènes qu'on ne rencontrera point dans la gastrite spontanée, ne permettront jamais le moindre doute.

Pronostic. — La gastrite spontanée est généralement une maladie peu grave chez Tadulte ; il n'en est pas de môme chez les enfants très-jeunes et chez les vieillards. Causes. — La plus grande incertitude règne encore sur les causes de la gastrite aiguë. Tout ce qu'on a dit de l'influence du sexe masculin, de l'ûge adulte, des climats chauds, de l'alimentation, des excès alcooliques, des émotions morales, etc., comme favorisant la manifestation de la maladie, est loin d'ôtre encore démontré. Dans la plupart des cas, du moins dans ce climat, l'inflammation de l'estomac succède à une cause traumatique, comme une plaie, un coup sur lépigastre, l'introduction d'un corps étranger, ou de substances irritantes et corrosives.

Traitement. — Pour peu que la gastrite soit intense, on devra recourir à une ou plusieurs émissions sanguines ; il suffira presque toujours d'appliquer un plus ou moins grand nombre de sangsues à l'épigastre ; en môme temps on recouvrira cette partie de cataplasmes émoUients. Les malades seront mis dans des bains tièdes très-prolongés ; on administrera des boissons douces, mucilagineuses, acidulés ; celles-ci seront prises en très-petite quantité à la fois ; on les donnera tièdes ou fraîches, ou môme tout à tait froides, si l'on ne parvenait pas à modérer les vomissements. On devrait également ne pas hésiter à prescrire une petite quantité d'opium, si les douleurs étaient trop vives ou si les malades étaient tourmentés par l'insomnie. On ne commencera l'alimentation que lorsque tous les accidents aigus auront été calmés. On débutera toujours par les substances les plus douces^ comme le lait, le bouillon de poulet, etc. ; puis on augmentera en raison directe de la tolérance de l'estomac et des forces digestives. Quelquefois celles-ci sont engourdies ; il faut alors les ranimer doucement par l'emploi de la pepsine, dea

eaux gazeuses, des boissons amères et des révul^s externes, tels que les Téacstoires, les pommades émétisées sur Tépigastre, etc. Ces derniers moyens conTÎesnent d'ailleurs après l'emploi des antiphlogistiques pour hâter la résolution et empêcher le passage de la gastrite à l'état chronique. (Voyez, comme eomplém^ l'article RamolHssement de V estomac^ dans le tome II.)

Df la gastrite chronique simple.

Garactéres anatomiqaes. *- De môme que la gastrite aigué, la gastrite chronique est caractérisée par des changements dans la coloration et la nutrition de h membrane muqueuse ; fréquemment aussi on observe des modifications dans l'ampleur et dans la forme du viscère^ Celui-ci peut être tellement retenu sur luimôme, lorsque la maladie s'est prolongée, qu'il égale parfois à peine le Tolumedu gros intestin. Dans la gastrite chronique, la membrane muqueuse est rarement colorée en rouge ; le plus souvent elle est grisâtre, ardoisée ou brune. Ces colorations sont uniformes, ou bien disposées par zones, par plaques, plus rarement par pointillés, etc. ; mais quelle que soit leur distribution, et quelle que soit la nuance de la teinte, on ne peut Jamais, d'après ce seul caractère, établir l'existena de la gastrite chronique ; car ces colorations se rencontrent fréquemment cheides sujets qui ne présentent aucun trouble du côté des fonctions digestives. O'ailleursj ainsi que cela résulte surtout des recherches de M. Louis, les colorations diferses de la membrane muqueuse indiquent bien moins une phlegmasie actudk que l'existence d'une inflammation ancienne. Dans la gastrite chronique, indépendamment de ces altérations de couleur, on trouve la membrane muqueuse épaissie, plus consistante, ou bien ramollie, et ce ramollissement coexiste souvent avec on amincissement du tissu. D'ailleurs l'épaississement, ratrot>hie ou l'hypertrophie de la muqueuse ne sauraient jamais, à eux seuls, caractériser l'inflammation; car ces lésions peuvent survenir sous l'influence d'une simple altération de antritioD encore inconnue dans son essence, mais que rien ne démontre avoir son point de départ dans un travail inflammatoire. Il en est do môme des tissus subjacentsàla muqueuse, et surtout des tuniques celluleuse et musculaire qu'on a trouvées quelquefois hypertrophiées isolément ou simultanément avec la membrane muqneose, et dans une étendue plus ou moins considérable. Sans contester que la gastrite chronique ne puisse produire un pareil effet, il ne faudrut pas, néamnoins, eo présence d'une semblable altération, et en n'ayant qu'elle comme élément de diagnostic, conclure tout de suite à l'existence d'une phlegmasie.

Il est une autre variété d'hypertrophie de la membrane muqueuse connue sont le nom d*état mamelonnéy lésion que M. Louis, qui le premier l'a bien décrilc, considère comme étant aussi un résultat de Vinflammafion. Dans les points où cette altération existe, la membrane muqueuse présente une foule de saillies plus oa moins arrondies, de 5 à 7 millimètres de diamètre, assez semblables aux bourgeooi charnus des plaies en suppuration, mais un peu plus décolorées qu'eux, et séparée* les unes des autres par des sillons étroits, dans lesquels la muqueuse est légèrement amincie. Cette lésion, rarement générale, occupe surtout la région pylorique et le voisinage de la grande courbure. Je ne crois pas qu'on puisse être encore Wcfl fixé sur sa nature. Il est possible qu'elle se développe exclusivement par suite d'un travail inflammatoire ; mais, s'il en est ainsi, il faut reconnaître que la lésion peut persister encore longtemps après que la phlegmasie est complètement éteinte. Toas les jours, en effet, nous ouvrons des cadavres chez lesquels cet état mamelonné

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