DK U GASTRITE CHRONIQUE SIMPLE
existe an plus haat degré, bien que pendant la vie on n'ait observé aucun trouble appréciable du côté de l'estomac. Je conclus donc que Fétat mamelonné, coexistant même avec une coloration ardoisée, ne saurait caractériser sûrement une gastrite chronique actuelle, mais ces deux altérations sont l'indice ou le vestige d'un travail pathologique antérieur. Indépendamment de cet état mamelonné, la mu« queuse stomacale peut présenter encore différentes saillies ou végétations à base large, on pédiculées, non friables, comme le sont les végétations cancéreuses, et dans lesquelles on reconnaît la texture propre de la muqueuse hypertrophiée ou devenue fongueuse ; ailleurs c'est l'appareil folliculaire qui, plus développé que de coutume, forme de petites tumeurs arrondies et blanMiAtres. Ces divers états, qu'on rencontre fréquemment sur des estomacs sains, me paraissent être tout à fait indé« pendants de l'inflammation.
Symptômes. Marche. — L'inflammation chronique simple de l'estomac est presque toujours primitive ; rarement elle succède à l'état aigu. Dans le premier cas, les digestions commencent à être pénibles ; elles s'accompagnent de malaise, de douleurs épigastriques et de céphalalgie ; il y a des renvois acides, et souvent des vomissements. Ces accidents diminuent ou cessent lorsque les malades s'astreignent à un régime sévère, lorsqu'ils s'abstiennent de certains aliments. Cependant la difficulté des digestions finit par être permanente; chez presque tous les sujets, il existe une douleur épigastrique, tantôt faible, compressive, d'autres fois forte et lancinante, bornée à un petit espace, ou bien diffuse ou s'irradiant parfois jusque dans le dos ou à la base du thorax. Elle augmente communément après l'ingestion des aliments et des boissons stimulantes ; quelquefois, si l'estomac est vide, elle ne se réveille que par la pression extérieure ou pendant la digestion, quelle que soit d'ailleurs la nature des substances ingérées. C'est surtout alors que la douleur, devenue plus vive, et présentant le^ caractères d'une crampcy s'accompagne d'un sentiment d'angoisse des plus pénibles ; elle ne cesse souvent que lorsque les malades ont vomi. L'appétit est très-variable ; rarement il est conservé ou absolument éteint, mais presque toujours il est sensiblement diminué. On n'observe peut-être jamais dans la gastrite chronique le j^a et la boulimie, qui sont au contraire des symptômes très-communs dans les névroses de l'estomac. La soif est le plus souvent noUe ou peu vive, excepté pendant la digestion. Les vomissements qu'on observe dans la gastnte chronique n'ont presque jamais lieu à jeun, mais seulement pendant le travail de la digestion : ils sont formés par des liquides Acres, brûlants, amers, par des aliments plus ou moins digérés. Indépendamment de ces matières liquides, beaucoup de malades expulsent aussi des gaz inodores ayant la fétidité de l'hydrogène sulfuré. Parmi ces individus, les uns n'éprouvent aucune saveur, d'autres ont toujours un goût amer, acide ou poivré dans la bouche. La langue est presque toujours naturelle, et l'on observe bien rarement cette rougeur de la pointe et des bords, et le développement des papilles, que quelques auteurs ont sigualés comme un symptôme à peu près constant de la maladie. Enfin, presque toujours il existe une constipation opiniAtrc, ou bien il y a des alternatives de diarrhée et de constipation. Cependant les fonctions de l'estomac ne peuvent être perverties longtemps sans que la nutrition en souffre d'une manière notable ; aussi presque tons les malades pâlissent et maigrissent. Beaucoup n'ont pas de fièvre ; cependant il en est an grand nombre chez lesquels on constate, durant le travail pénible de la digestion, de l'accélération du pouls, de la chaleur à la peau, de la soif et du malaise ; enfin on en a même vu qui présentaient tous les symptômes de la fièvre becUque et qui finissaient par succomber dans le marasme.
Dorée. Terminaison. — La gastrite chronique est une maladie d'une dorée toujours longue, rarement moindre de deux à trois mois. Elle se prolonge sûOTent des années entières. Elle guérit, le plus souvent, après avoir présenté de nombreuses exacerbations ; d'autres fois elle a une issue funeste. Cependant ilest tiHrare que la gastrite soit la seule cause de la mort ; celle-ci s'explique, le plus souvent, par quelque maladie intercurrente.
Il est prouvé aujourd'hui que le cancer de l'estomac n'est ni une variété ni un effet de la gastrite; cependant il est incontestable que, chez des individus prédisposés, un cancer peul se développer dans l'estomac à la suite d'une inflammation, de môme qu'on voit quelquefois le cancer de la mamelle succéder à une phlegmasie traumatique de cet organe. D'ailleurs, il existe dans la science quelques faits qui démontrent qu'un cancer a envahi les parois de l'estomac à la suite d'une violente phlcgmasie, développée par l'ingestion dans ce viscère d'une certaine quantité d'acide sulfurique ou nitrique. Évidemment, en pareil cas, l'inflammation joue le rôle d'une cause déterminante ordinaire qui n'agit qu'en vertu d'une prédisposition antérieure du sujet. Beaucoup d'individus atteints de gastrite chronique deviennent hypochondriaques.
Diagnostic. — Nous verrons plus tard les nombreux points de contact de k gastrite chronique avec la gastralgie, avec la dyspepsie et avec le cancer de l'estomac (voyez ces maladies). Nous dirons combien il est souvent difficile de la distinguer de celte dernière affection.
La gastrite chronique une fois établie, nous ne croyons pas possible de délerminer si elle est générale ou partielle, et, dans ce dernier cas, dans quelle région elle est circonscrite. Tout ce qu'on a dit à ce sujet n'est fondé que sur des idées hypothétiques.
Pronostic. — La gastrite chronique simple n'est pas généralement une al^e^ tion très-grave, à moins qu'elle ne se prolonge longtemps et qu'elle n'empêche U nutrition de se faire.
fitloloflrie. — Les causes de la gastrite chronique simple sont plus obscures encore que celles de la gastrite aigué; il est impossible, dans l'état actuel delà science, d'émettre sur ce point aucune opinion certaine. Cependant on sait que It maladie, rare dans l'enfance, est plus commune dans la période de vingt à cinquante ans et au delà. Tout porte à penser qu'elle est fréquemment le résultat d'écarts dans le régime ou l'effet d'une nourriture ou trop excitante ou insuinsante ; cependant ces propositions ne pourraient encore s'appuyer sur aucune série de faits bien observés : ce sont de simples présomptions plus ou moins probables, mais que l'observation pourrait bien démentir un jour.
Traitement. — Lorsque la douleur est vive, continue, il convient de comiD«^" cer le traitement par une ou par plusieurs applications de sangsues à TépigMt'^ et d'administrer en môme temps des boissons douces. La diète absolue est rarement nécessaire; elle serait môme nuisible. Il faudra donc alimenter tout doucement les malades : le lait, le bouillon, les gelées végétales et animales, les fécules,!» fruits cuits seront d'abord employés ; puis, aidé de la pepsine, on permettra lusig* d'ahments solides, en ayant soin de choisir ceux qui, par leur nature ou en ma» de l'idiosyncrasie des sujets, seront le mieux supportés. On administrera aussi 8^^ quelque avantage certaines eaux minérales, spécialement les eaux d'Évian,dBns, de Bussang, de Plombières, de Wiesbaden, de Vichy, etc.; ces dernières seïOB surtout utiles lorsque les malades sont tourmentés par des aigreurs. Les malades seront en outre soumis, sous tous les rapports, à une bonne hygiène. Us «^^^