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DE LA GASTRITE CHRONIQUE ULCÉREUSE

couverte de flanelle, et Ton cherchera par des friction», par le massage et par quel* ques bains sulfureux, à exciter les fonctions de la peau. Si la maladie résiste, il laudra ue pas hésitera recourir à une médication révulsive locale; on appliquera un véâicatoire à l'épigastre, et s'il ne soulage pas, on le remplacera par un ou deux cautères. Cependant il arrive une époque où, hien que l'état phlegmasique soit éteint, l'estomac néanmoins ne reprend point ses fonctions ; il semble alors que ce viscère soit frappé d'atonie. C'est dans ces conditions qu'il convient de prescrire une nourriture légèrement stimulante : en outre, on donnera les préparations de kina et les ferrugineux, etc. ; mais on ne devra jamais employer ce moyen qu'avec prudence et comme à tâtons. Jusqu'à ce qu'une amélioration évidente ayant suivi leur emploi, on puisse les ordonner ensuite avec plus de confiance.

De la gastrite chronique ulcéreuse.

Stwonmam. — Ulcère simple, aicère perforant.

11 importe d'étudier à part une forme de gastrite chronique nommée ulcéreuse^ parce qu'elle se caractérise anatomiquement par une ulcération plus ou moins large et profonde de la face interne de l'estomac.

Historique. — Jusqu'en 1830 l'ulcère simple de l'estomac était confondu avec le cancer ; ce fut à cette époque que M. Cruveilhier distingua, le premier, ces deux ordres de lésions (I). Quelques années plus t^rd, un éminent pathologiste allemand, Rokitansky, publia des recherches importantes qui vinrent confirmer les travaux de notre illustre collègue (2). Enfin, on doit encore à deux médecins anglais, les docteurs W. Brinton (3) et Bennett (4), des travaux estimables et qui méritent une mention spéciale.

Anatomie pathologique. — Les ulcérations ne siègent pas également dans tous les points du ventricule ; on les rencontre de préférence vers les deux courbures, surtout près de la petite et dans la moitié pylorique de l'estomac. Le pylore et les environs de cet orifice sont envahis en proportion assez grande, puisque sur 220 cas d'ulcères simples de l'estomac, réunis par M. Brinton, on en trouve 32 siégeant dans cette région.

Les ulcères simples de l'estomac, quel que soit d'ailleurs leur siège, ont des bords durs et saillants, coupés à pic ou en talus ; leur fond est grisâtre, également induré ; mais ils n'ont ni l'aspect ni la texture des ulcères carcinomateux, et, coaune le note M. Cruveilhier, on ne trouve pas, même à leur base, cette hypertrophie de voisinage qui accompagne presque toujours le cancer et qu'on a prise si souvent pour la dégénérescence cancéreuse elle-même. D'autres ont une surface égale, des bords lisses, déprimés, tantôt adhérents, tantôt décollés. Ils ont un diamètre fort variable ; il en est qui égalent à peu près en étendue une pièce de i à 2 francs, d'autres sont larges comme une pièce de 5 francs; on en voit'môme qui ont deux ou trois fois plus de surface. La plupart sont circulaires ou elliptiques, mais les plus vastes ont des contours fort irréguliers. Il en est de môme lorsque deux ou trois ulcérations, convergeant entre elles, finissent par se réunir. Les

(i) Voyez les lO* et 20* livraisons de son grand ouvrage à^Anatomie pathologique. — Voyes aofsi Revue médicnle^ année 1838, et Archives générales de médecine^ année l8i>G. (7) Archives générnles de médecine ^ année 1339. \z) Briiish Medico-chirurg. Review, année 1856. (4) Clinical Lectures. Ediuburgb, 18ô8.

ulcérations dont nous parlons peuvent n'atteindre qne la muqueuse, ttndlsqueles couches subjacentes sont hypertrophiées ; d'autres fds, au contraire, le tnnfl ulcératif les envahit toutes jusqu'au péritohie lui-même, et il en résulte une perforation. Si le travail destructeur a rencontré et atteint une artère considértUe, od trouve quelquefois l'estomac distendu par un énorme caillot de sang noirAtre qui s'est moulé sur sa face interne, et au fond de l'ulcération on distingue Tonfice béant du vaisseau divisé. C'est l'artère splénique qui, d'après M. Cruveilhier, a été le plus souvent la source des gastrorrhagies foudroyantes qu'on observe parfois dsos la gastrite ulcéreuse.

Lorsqu'il y a perforation, l'estomac peut communiquer largement avec le péiitoine ; d'autres fois l'ouverture morbide est obturée par un des viscères mm, qui, ayant contracté une adhérence intime avec les bords, empêche ainsi le» matières de s'épancher dans le ventre. Le foie, le pancréas, le côlon, le diaphragme, sont les organes qu'on a vus le plus souvent remplir le rôle d'obturateurs. H peut se faire alors que, le travail destructeur continuant, ceux-<ci soient à leortour entamés; il en résulte alors des désordres énormes; mais cela se rencontre bien moins dans les ulcères simples dont nous parlons que dans ceux qui sont carcinomateux. (Voyez tome II, Cancer de l'estomac)

En général, il n'existe qu'une seule ulcération ; c'est ce que M. RoUlansky a noté, par exemple, 62 fois sur 79. Quelquefois il y en a plusieurs; on peut en compter jusqu'à cinq, six, et plus encore.

Les ulcères de l'estomac peuvent se cicatriser. Si la perte de substance est pea considérable, la cicatrice sera marquée par une simple dépression lisse et bhnchâtre ; plus tard, le tissu de nouvelle formation se mettra de niveau avec les pa^ ties voisines; mais il se distinguera encore de la muqueuse environnante par une teinte plus mate et parce que la membrane de nouvelle formation ne présentera ni villosités ni follicules. Lorsque l'estomac a souffert une large solution de continuité, lorsque l'ulcération a été profonde, il se forme alors, comme on levoità lextérieur, après les grandes pertes de substance, une cicatrice inégale, froncée, irrégulière, dont les éléments sont fournis par les tuniques intestinales qui se rapprochent, et en cas de perforation, par l'organe ou par les organes qui servent ^l'obturateurs. Dans ces conditions, l'estomac a subi dans sa forme des changement! remarquables, et qui tendent encore à augmenter en raison de la disposition qua tout tissu cicatriciel à se rétracter. Ainsi l'estomac peut être rétréci transversalement, avoir la forme d'un sablier dont les deux parties communiqueraient entre elles par un anneau fibreux. Si la cicatrice se fait au pylore ou dans son voisinage, cet oritice peut être considérablement rétréci, et ce rétrécissement ayant mis obstacle au passage des aliments, il en résulte souvent une ampliation plus on moins considérable de l'estomac. Comme conséquence aussi de cet obstacle, les tuniques musculaires s'hypertrophient; il en est de même dans les cas où les cicatrices sont adhérentes à l'un des organes voisins.

Les cicatrices dont nous parlons peuvent être détruites en totalité ou en partie par un nouveau travail ulcératif; elles peuvent se déchirer dans un effort, p^r suite d'une pression brusque sur le ventre, ou bien lorsque l'estomac a été soumis à utie distension trop considérable.

Symptômes. — Si l'ulcère a peu d'étendue, il peut ne provoquer aucun trouble bien appréciable, exister même tout à fait à l'état latent, et, comme je l'ai ^, révéler son existence par un des deux accidents les plus formidables : une perforation ou une gastrorrhagie mortelle. Presque toujours pourtant l'ulcère gastrique

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