DE U GASTRITE CHRONIQUE ULCÉREUSE
ëétennine dçs troubles fonctionnels plus ou moins considérables. L'appétit est variable ; en général il est plus ou moins diminué, les digestions sont pénibles, bngues, douloureuses; les malades ont des aigreurs, des nausées, des vomituritions de matières muqueuses ou alimentaires, parfois ils rejettent du sang par.
La douleur est remarquable par sa constance et par ses caractères. Elle siège à Tépigastre ; elle est souvent limitée à un point que la pulpe de l'indicateur circonscrit et qui est immédiatement placé au-dessous ou à côté dé l'appendice xiphoîde ; la pression exaspère la souffrance. Celle-ci est continue, mais exacerbante, augmentant surtout pendant toute la durée du travail digestif, se calmant dans lintervalle des repas ou lorsque les aliments ont été rejetés peu après leur ingestion. Ces douleurs, ayant le caractère névralgique, sont comparées par les malades à une morsure, à une déchirure, à une brûlure, etc. Les uns les calment par une forte flexion du tronc en avant, d'autres en se plaçant dans une position horizontale. Presque toujours il existe simultanément dans un point correspondant du rachis, une douleur également circonscrite, très-vive, et que la pression exagère égaleqaent. C'est au milieu de ces symptômes que l'on voit quelques malades, pâlissant tout à coup, rejeter ensuite parla bouche des flots de sang noir ou rouge, fluide ou en caillot, hémorrhagie qui entraine après elle un état anémique, cause elle-même de nouvelles souffrances. S'il ne se fait qu'un léger suintement à la surface de l'ulcère, chose rare d'ailleurs, les malades rejettent une matière noirâtre, mélanique, semblable à de la suie, ou bien le sang, franchissant le pylore, est rendu par les selles, altéré et méconnaissable ; l'hémorrhagie passe alors aisément inaperçue. Dans quelques cas très-exceptionnels, il peut arriver que les malades ne rendent par le vomissement qu'un ou deux caillots noirâtres, tandis que le sang est expulsé à flots par l'intestin : j'ai vu un malade en rendre ainsi plusieurs litres à la fois.
ICarche* Terminaison. — L'ulcère chronique de l'estomac a une marche généralement lente, irrégulière, remarquable par des alternatives fréquentes en bien et en mal. 11 entretient un état de malaise habituel ; les malades maigrissent, dépérissent par la continuité des souffrances et surtout par le trouble des fonctions digestives. Il en est, en effet, qui vomissent invariablement après chaque repas et qui rejettent tous les aliments qu'ils ont ingérés ; aussi voit-on quelques malades succomber dans l'épuisement, mais sans présenter pourtant les signes de la cachexie cancéreuse. Plus souvent, lorsque l'affection a une issue fatale, les malades sont violeomient emportés par une gastrorrhagie ou par une péritonite suraigué, consécutive à une perforation du ventricule. Celle-ci surviendrait, d'après M. Brin* ton, dans un huitième des cas, tandis que la mort par hémorrhagie serait trois UAs moins commune.
Ainsi que nous l'avons dit plus haut, la maladie a souvent une heureuse issue ; si je ne consultais que ma propre expérience, je dirais qu'elle guérit presque toujours. L'ulcère se cicatrise, et, si la perte de substance n'a pas été trop grande, si la cicatrice ne rétrécit point le pylore, si elle n'est point adhérente, la santé, ainsi que je l'ai vu, peut redevenir aussi bonne que par le passé. Dans le cas contraire, les individus continuent à souffrir pendant le travail digestif, et si la cicatrice siège au voisinage du pylore, elle peut amener une coarctation telle de cet orifice, que les individus succombent â peu près comme nous verrons mourir ceux qui sont atteints d'un squirrhe de celte région.
La gastrite ulcéreuse a une durée indéterminée.
L'ulcère de Festoinac est une maladie sujette à récidive, soit qu'une solution 4e continuité se fasse sur un autre point de la surface de Testomac, soit que le travail morbide détruise en partie ou en totalité la cicatrice elledooéme, ou bien encore que celle-ci se déchire dans un effort.
Dia^nostio. — Dans un grand nombre de cas il est difficile de porter un diagnostic précis, de distinguer, par exemple, la gastrite ulcéreuse de la gastrite chronique simple. Lorsqu'il n'existera que de la dyspepsie, des vomissements alimentaires, une douleur que le travail de la digestion exaspère, le diagnostic sera impossible. On penchera pourtant vers une ulcération si la douleur est vive, si elle a le caractère perforant, si elle siège vers l'appendice en un point fixe et si elle retentit dans le dos. Enfin une hématémèse abondante qui arrive au milieu de ces troubles donne au diagnostic une quasi-certitude.
Ce dernier accident doit faire exclure une gastralgie simple. U sera plus souvent difficile de distinguer l'ulcère simple du cancer stomacal ; cependant l'existence d'une douleur fixe et vive sous l'appendice et dans le dos, des hématémèses abondantes, répétées, et une amélioration souvent rapidement obtenue à l'aide d'un traitement régulier, porteront à admettre l'existence d'une ulcération non cancéreuse.
Est-il possible d'en préciser le siège 7 On ne peut à cet égard que se livrer à des conjectures. (Voyez l'article Ccuiccr de Vestomac.)
Pronostic. — Nul doute que l'ulcère simple ne soit une lésion grave en raison des accidents qu'il peut produire ; cependant il se termine fréquenuncnl par la guérison, c'est ce que prouvent les autopsies. 11 n'est pas rare, en effet, surtout dans quelques pays, de trouver des ulcères cicatrisés chez des individus emportés par des affections autres que des maladies d'estomac (I).
Étioloffie. *- L'ulcère simple de l'estomac est une affection qui n'est pas commune en France, du moins à Paris, mais qui l'est davantage dans d'autres contrées : par exemple, en Allemagne (2), en Angleterre et dans quelques autres pays du Nord (H). Il est probable que cela tient au régime et peut-être aux habitudes d'intempérance et d'ivresse plus répandues dans ce pays que chez nous.
Les statistiques publiées s'accordent aussi à reconnaître que la maladie est beaucoup plus commune chez la femme que chez l'homme (4). Rare avant dix ou quinze ans, on rencontre la lésion à peu près indifféremment depuis la puberté jusqu'à Textrôme vieillesse.
Presque toujours l'ulcère simple se forme lentement, quelquefois il a paru être l'effet d'une contusion, d'une violence ou de l'ingestion d'une subc*ance irritante ou caustique ; mais ces cas sont très-exceptionnels. Le mécanisme de leur production est inconnu ; on comprend d'ailleurs qu'il ne doit pas être le même dans tons les cas. L'ulcération peut, en effet, se faire tantôt de dedans en dehors, ou bien être la conséquence d'un foyer circonscrit, d'un abcès ouvert dans la cavité de restomac. Tout porte à croire que ce dernier cas est le plus rare.
Traitement. — Dans la gastrite ulcéreuse, il faut calmer les douleurs et n'intro-
n) Brinton. sur 360 cas d'ulcères simples trouvés à Tautopsie, dit que 170 étaient cicatriséSi et i90 dans leur période d'état.
(•J) Rokitansky, en 1839 donnait ranal3'8e de 79 cas.
(:j) Brinton dit que sur 72JG aut»psieî, il a trouvé 360 cas d'ulcères RÎmples, c'esl-à diw 5 pour IdO. — Bennett estime qu'à Ëdimlmurg l'ulctTe est constaté environ 'i fois sur lOO mlopsif-s, ïai.disqu*à Coptnliague et dans diverses parties de l' A llcuiagne la proportion serait de 13 pour 100.
(4) Sur 054 cas analysés par M. Brinton^ on trouve 140 fcmucs et Îl4 bommcs.