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DE L ENTÉRITE ET DE LA COLITE AIGUËS

Le mot entérite semblerait devoir exprimer toute inflammation siégeant sur uû point quelconque de la membrane muqueuse du tube intestinal ; mais l'usage l'a surtout consacré pour désigner la phlegmasie de l'intestin grêle, et surtout celle qui occupe le jéjunum et l'iléon. L'inflammation du duodénum a reçu le nom spécial de duodénitey comme celle du gros intestin prend ceux de colite ou de rectite, suivant que la maladie occupe le côlon ou le rectum. 11 n'est pas jusqu'à l'inflammation du cœcum qu'on n'ait désignée par un mot spécial, par celui de typhlOe.

L'entérite est caractérisée par des douleurs abdominales plus ou moins vives, el ordinairement mobiles, s'accompagnant de selles liquides, muqueuses ou bilieuses en nombre plus ou moins considérable.

Bivisions. — Parmi les nombreuses divisions qui ont été établies dans l'histoire de l'entérite, nous croyons qu'on ne doit conserver que celles qui ibnt distinguer la maladie en bénigne et en grave, en aiguë et en chranitpieé Enfin, il est une espèce d'entéro-colite qui, en raison des lésions qui l'accompagnent, des symptômes qui la caractérisent et de sa nature spécifique, constitue une maladie distincte de l'entérite proprement dite 2 je veux parler de la dysenterie, dont nous traiterons en particulier.

Caractères anatdmiques de TenfAro -colite. — Les caractères anatomiques de l'inflammation sont les mêmes dans l'intestin que dans l'estomac ; on trouve, en effet, dans l'un et dans l'autre, les mêmes modes d'injection et de coloration et les mêmes altérations de nutrition. Pour peu que l'entérite ait une certaine durée et une certaine intensité, la membrane muqueuse est non-seulement rouge, mais elle T. I. — 9« Éorr. 20

est en outre boursouflée, épaissie ou amincie, friable ou ramollie (I). Le tisn cellulaire sous-muqueux est souYent épaissi et assez induré. Ces diverses alténtiens sont presque toujours partielles : elles sentie plus souvent bornées aux quatre ou sept derniers décimètres de l'intestin grêle ; le duodénum est le point le plus rarement afTecté. On ne trouve guère la muqueuse altérée dans toute retendue de l'intestin que lorsque l'entérite est produite par une substance toxique ; dans ce cas, on peut voir des eschares, des ulcérations et parfois môme des perforations. Mais dans Tentérîte simple, il n'y a ni développement ni ulcération des folliculei intestinaux ; la membrane muqueuse elle-même n'est presque jamais ulcérée ; il est trèsr-rare aussi qu'il existe des concrétions, comme on en voit dans le mugueL Enfin, la suppuration du tissu cellulaire sous-muqueux est un phénomène plus rare encore dans l'entérite que dans la gastrite. C'est dans ces cas seulement que l'entérite peut être appelée phlegnkmeuse.

Ce que je viens de dire de l'intestin grêle s'applique à tous égards au gros intestin. Il nous a paru pourtant que, dans l'inflammation de ce dernier, le ramollissement était plus considérable ; il n'est même pas rare de ne plus retrouver la membrane muqueuse dans une grande étendue, les matières fécales sont alors en contact avec la tunique celluleuse épaissie. Les ulcérations et les suppurations interstitielles sont moins rares dans la colite qu'elles ne le sont dans l'entérite et dans la gastrite. Ainsi^ dans Fentéro-colite, qui est si fréquente chez les enfants à la mamelle, M. Bouchut signale avec raison comme conmiunes, dans la forme aiguë ainsi que dans la forme chronique de la maladie, des ulcérations, les unes étroites, linéaires, faciles à méconnaître, les autres circulaires, paraissant siéger sur les cryptes mucipares. Dans la phlegmasie de l'intestin, les ganglions abdominaux ne sont pas engorgés ; la rate et le foi^^ne sont altérés qu'accidentellement, et peutêtre même le deviennent-ils indépendanunent de la lésion intestinale. L'estomac, qu'on a regardé pendant quelque temps comme étant toujours malade dans l'entérite, ne participe, au contraire, aux altérations de l'intestin que dans la trèsminime partie des cas. Rien, en effet, de moins commun qu'une gastro-entérite. Symptômes. — L'entérite simple est rarement précédée de frissons et de fièvre. Presque toujours les phénomènes prodromiques n'existent que du côté de l'abdomen, qui est comme gonflé, endolori ; l'appétit est perdu ou diminué. Bientôt les malades accusent des coliques sourdes, contusives, ou bien aiguës, vives, lancinantes avec pincements et exacerbantes, se faisant surtout sentir au niveau de l'ombilic, où parfois elles sont conmie concentrées ; cependant le plus souvent elles s'irradient vers les autres points du ventre. La diarrhée accompagne ces souffrances : les selles sont plus ou moins nombreuses ; elles sont en général annoncées par un redoublement dans les coliques ; les matières évacuées sont jaunes, muqueuses, plus ou moins homogènes ; elles sont verdfttres et mêlées à des grumeaux blanchâtres, formés par du caséum, chez les enfants qu'on allaite. Lorsque les selles se renouvellent trop souvent, elles produisent un sentiment de cuisson et de brûlure à Tan us. Presque toujours les coliques se calment après chaque évacuation, et dans leur intervalle les malades éprouvent des grognements et des gargouilie- •

(t) Pour bleu apprécier ces altérations, il Cuit se rappeler que la muqueuse iotcstioale ot naturellement blanche, que son épaisseur est un peu plus considérable dans le jéjaaum q** dans Tiléon ; on peut la comparer à celle d'une feuille de papier Joseph (Louis). .\ l'état ssin. la muqueuse peut fournir des lambeaux de 10 à 23 millimètres (5 à 10 lignes), lorsqo'tprès ravoir incisée, on la détache en la saisissant avec une pince ou avec le bout des ongles. La muqueuse du gros intestin est plus ténue, et fournit des lambeaux plus longs.

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menU. Le ventre exploré, on constate qu'il est souvent légèrement rétracté, ou bien plus tendu, plus sonore, et même météorisé. La pression est douloureuse dans un ou plusieurs points ; il n'est môme pas rare, surtout si l'inflammation occupe le gros intestin, de constater une sensibilité comparable presque à celle de la péritonite, bien que la séreuse abdominale ne participe point à la pblegmasie. Alors môme qu'elle n'existe qu'à un faible degré, l'inflammation des intestins s'accompagne d'inappétence, de soif et d'un état de faiblesse qui est proportionné au nombre des évacuations alvines et à la violence des coliques. Pour peu que la pblegmasie ait une certaine intensité, il existe aussi un mouvement fébrile plus ou moins fort, avec céphalalgie, et souvent accompagné de nausées et de vomissements. Ces derniers sont le plus souvent sympatbiques ; quelquefois pourtant ils sont l'effet d'une pblegmasie concomitante de l'estomac; dans ce cas, il existe concurremment les divers symptômes que nous avons déjà énumérés en traitant de la gastriste : on dit alors qu'il y a gastro-entérite, mot dont on a étrangement abusé pendant quinze ans, puisqu'il a servi à dénommer très-improprement la fièvre typboïde elle-môme.

Variétés. Sié^e. — La plupart des médecins admettent que les symptômes et la marcbc de l'entérite offrent de nombreuses différences, suivant le siège de la pblegmasie. Ainsi, on a prétendu que lorsque le duodénum était enflammé, il existait une douleur vive et profonde au-dessous du foie, vers la région ombilicale, s'irradiant vers les flancs ou les lombes; que les souffrances, continues ou non, se réveillaient toujours deux ou trois beures après le repas, c'est-à-dire lorsque, la digestion stomacale étant finie, les aliments arrivaient dans le duodénum. On a cru surtout que la duodénite pouvait déterminer un flux bilieux et pancréatique, en vertu de cette loi qui fait qu'une inflammation existant à l'extrémité d'un canal excréteur active la sécrétion de la glande à laquelle il aboutit. On a dit aussi qu'elle s'accompagnait fréquemment d'ictère, et l'on expliquait celui-ci par l'oblitération de l'orifice intestinal du canal cholédoque, oblitération qu'on supposait devoir être produite par le boursouflement de la muqueuse duodénale. Mais ce sont là des idées purement théoriques, et qui n'ont point été sanctionnées par l'observation. La duodénite, dont nous ne contestons nullement l'existence, est d'ailleurs une afTection excessivement rare, presque impossible à diagnostiquer, et qui ne joue pas, à coup sûr, dans la production des maladies des organes biliaires^ le rôle que l'école de Broussais lui avait si gratuitement départi.

L'inflammation du côlon et celle du rectum ont des signes plus positifs. Dans la première, en effet, il y a, indépendamment de la diarrhée, une douleur superfir délie, et qui dessine souvent fort exactement le trajet connu de l'intestin malade. Mais il est rare que la colite existe seule ; dans la presque totalité des cas, en effet, l'inflammation atteint simultanément la fin de l'intestin grôle {iléChcolUe ou erdérocolite). Enfin, lorsque le rectum est enflammé, les malades accusent une douleur profonde dans le bassin ; il y a souvent du ténesme et une pesanteur incommode à l'anus.

On indstait beaucoup autrefois sur une forme d'entérite qu'on nommait phlegmcneuscj dans laquelle toutes les tuniques intestinales, et jusqu'au tissu cellulaire sous-péritonéal, participeraient à l'inflammation. Mais, en consultant les faits rapportés par les auteurs, on se convaincra que, sous ce titre, on a compris des affections très-différentes, particulièrement diverses espèces d'iléus, ou bien des phlegmons développés au pourtour des intestins, spécialement au voisinage du caxum. Nous croyons également qu'il faut rapporter aux phlegmons iliaques la

plupart des faits qu'on a décrits en Allemagne sons le nom de typhlite (inflammation du cœcum). Les travaux publiés à ce sujet offrent généralement (brtpen de précision. Cependant il y a un point curieux dans Thiâtoire des phlegmasies du cœcum que Je dois signaler, c'est la possibilité d'une inflammation limitée à l'appendice vermiforme. Celle-ci peut certainement être primitive, comme le prouvent un certain nombre de faits observés en France ; mais presque toujours elle est consécutive à l'introduction dans la cavité de l'appendice de corps étraugers, tels que des fèces endurcies, des caîculs, des concrétions, des noyaux ou des pépins de fruits, etc. Dans l'un et l'autre cas, on observe des douleurs plus ou moins liolentes dans la fbsse iliaque, des vomissements, de la diarrhée, et plus souvent encore de la constipation ; puis au bout de quelques jours, et parfois lorsque les accidents locaux s'étaient considérablement amendés, survient tout à coup une péritonite suraigué qui emporte les malades. A l'autopsie, on trouve le péritoine enflammé, et l'appendice vermiforme ramolli, gan^oné, perforé. Les faits les plus curieux de ce genre ont été réunis par Fréd. Merling (i), dans une petite monographie sur les maladies du ceecum. (Voy. Perforation de Vappendice cœcaly tome II.)

Marche. — L'entérite a presque toujours une marche régulière, c'est-à-dire que les symptômes, après s'être accrus pendant quelque temps^ diminuent peu i peu et finissent par cesser complètement et d'une manière définitive. Cependant il n'est pas très-rare de voir la maladie présenter des exacerbations à époques fixes, ou bien, après avoir cessé, se reproduire ensuite à certains intervalles, à la manière des affections périodiques. Mais il est rare que l'entérite dépende de la cause spécifique qui produit ces dernières ; car, dans l'immense majorité des cas, on reconnaît, conmae d'ailleurs nous l'avons d^à dit précédemment, que les exace> bâtions ou les retours périodiques des coliques et de la diarrhée dépendent uniquement de quelque écart de régime ou de l'heure à laquelle les malades ont pris des aliments. Si, en effet, l'entérite est limitée à un petit espace, on n'obser^en peut-être aucun phénomène morbide, à moins que les malades ne mangent; dans ce dernier cas, on verra des accidents intestinaux survenir à une époque plus ou moins éloignée du repas, au moment où les aliments arriveront au niveau de la portion d'intestin malade. On conçoit aussi pourquoi les accidents pourront alors continuer ou se reproduire d'une manière périodique, suivant que les malades persisteront à manger ou se mettront de temps en temps au régime.

L'âge des malades influe d'une manière remarquable sur la physionomie de l'entérite et sur sa marche. Chez les enfants, en effet, l'entérile et l'entéro-colile revêtent souvent une gravité qu*elles ne présentent presque jamais chez l'adulte. Ainsi, chez les enfants à la' mamelle, on la voit souvent précédée d'érythème aux fesses, puis accompagnée d'une réaction fébrile très-intense, avec développement du ventre et sensibilité vive à la pression.; les selles sont muqueuses^ jaunâtres, parfois sanguinolentes, plus souvent verdâtres et très-nombreuses. On remarque aussi fréquemment, au début, des vomissements abondants et qui souvent ne s'exphquent par aucune lésion de l'estomac ; c'est dans ces circonstances qu'on voit survenir des ulcérations aux malléoles, des points de muguet^ ainsi que des ulcérations dans la bouche. Dans ces cas, où les selles sont si abondantes et si rapprochées, dans ces entérites qu'on pourrait nommer cholérifonnes, Tamaigrissement fait des progrès rapides : en vingt-quatre heures, ces petits êtres deviennent méconnaissables, et presque tous succombent. Chez les enfants plus âgés, c'est-i^

(1) Journal l'Expérience, aimée 1838.

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dire do deux à cinq ans, Fentérite, comme Vont prouvé MM. Berthez et RilUet» peut se montrer également sous une forme très-grave, de manière mâme à simuler une affection tjplioîde, C'est ainsi que la langue se dessèche et brunit, et que les dents s'encroûtent ; le ventre se ballonne, se tend, et il peut y avoir du délire ou du eûma. Disons cependant que c'est là une forme beureusement très-rare de l'en* t^te du Jeune 4ge* La plupart de ceux qui sont aussi gravement affectés succom* bent en deux septénaires.

Dorée» Teinnlnat#on. -*- Dans la grande majorité des cas, l'entérite a une durée qui dépasse rarement un ou deux septénaires. Sa terminaison est presque toujoure heureuse, du moins ehes l'adulte. La maladie peut cependant avoir une issue funeate. La mort répulte alors de l'étendue et de l'intensité de la phlegmasie» qui, dans ce cas, envahit conmiunément une grande partie du tube intestinal et détnut très-rapidement sa membrane muqueuse. On conçoit qu'en pareille circonstance il puisse exister une fièvre intense, du délire ou du cornai et des symptômes «dynamiques fort graves; mais cet appareil symptomatique, fort rare dans notre pays, ne se remarque guère que dans des climats chauds. Cheis nous, dans la forme la plus grave de l'entérite, on ne constate qu'un mouvement fébrile médiocre et presque jamais de symptômes cérébraux ; la langue reste humide, mais les douleurs de ventre sont vives et brûlantes, les selles sont fréquentes, muqueuses. Jaunes, verdfltres, plus ou moins sanguinolentes et généralement aussi abondantes chaque fois ; la prostration est asses en rapport avec l'intensité de la diarrhée. L'entérite passe souvent à l'état chronique par suite du traitement peu rationnel qu'on lui oppose, ou des écarts .de régime que les malades commettent, ainsi que des autres mauvaises conditions hygiéniques auxquelles ils sont exposés.

Bia^nmlle. -^ La diarrhée et les coliques, ayant les caractères précédemment indiqua, feront distinguer très^sément l'entérite de la dysenterie, de la diarrhée catarrhale, de la colique de plomb, de Tentéralgie, de l'iléus, de la péritonite et du rhumatisme des parois abdominales. (Voyez ces maladies.)

n n'existe pas le moindre rapport, chez l'adulte, entre l'entérite et la fièvre typhoïde ; car, eu égard à la gravité, la première tue très-rarement, tandis que la seeonde emporte un grand nombre des individus qu'elle atteint. Dans l'entérite, il n'existe eommunément que peu de fièvre ; le ventre est douloureux, mais sans méléorisme, avec peu ou point de gargouillement dans la fosse iliaque ; la rate n'est point développée ; il n'y a pas de rflle sibilant dans la poitrine ; on n'observe point de symptômes cérébraux; les malades ne sont pas tourmentés par l'insomnie; U faiblesse est médiocre et généralement proportionnée à l'intensité de la diarrhée ; tandis que nous savons que, dans la fièvre typhoïde, l'accablement des forces n'est pas en rapport avec le nombre et Tabondance des évacuations. Chez les en&nts âgés de deux à cinq ans, il n'en est pas absolument de même ; car nous avons vu que quel* queibis à cet Age, l'entérite, par l'abondance de la diarrhée, par le développement do ventre, par la sécheresse ou l'état fuligineux de la langue, et par sa complication avec les accidents cérébraux, pouvait être confondue avec la fièvre typhoïde. Cependant la marche de la maladie, et surtout l'absence de quelques signes importants, comme le non-développement de la rate, l'absience des rûles dans la poitrine et des taches à la peau, permettront le plus souvent d'établir le diagnostic diffé*rentiel; celui-ci, nous en convenons pourtant, peut, dans quelques cas fort rares, rester incertain Jusqu'à la mort.

L'existence de l'entérite une fols établie, nous avons vu qu'on pouvait quelque» fois en déterminer exactement le siège dans telle ou telle partie de l'intestin ; mai

nous avons reconnu également que, dans le plus grand nombre des cas, cette localisation était absolument impossible, surtout pour les trois divisions de l'intestio grêle, et même pour déterminer si celui'-ci est seul affecté, ou bien s'il Test simultanément avec le gros intestin. Tout ce qu'on a dit depuis Broussais sur la manière de distinguer entre elles l'inQammation de la muqueuse de l'intestin grêle de celle du côlon est entièrement controuvé. Je crois que ceux qui sont habitués à observer les malades avec soin partageront mon opinion, qui est également celle de M. Louis, dont personne assurément ne conteste la supériorité dans l'art du diagnostic

Pronostic. — Chez l'adulte, et dans notre climat, l'entérite (toujours en excluant celle qui est toxique) est une affection ordinairement bénigne et qu'on ne voit presque Jamais se terminer par la mort. Biais il n'en est pas absolument de même chez les vieillards, chez les enfants à la mamelle, surtout chez ceux qui peuplent les hospices, et qui, promptement épuisés par les douleurs et la diarrhée, succombent en grand nombre. En parlant de la bénignité de l'entérite des adultes, Je n'ai entendu désigner que l'entérite primitive, car il n'en est plus de même de celle qui est secondaire. C'est ainsi que nous avons vu précédemment cette affection faire périr beaucoup d'individus ayant d'abord échappé aux dangers de la variole et de la rougeole.

itioloirie- — L'entérite est une affection cooomune à tous les ftges ; mais il n'existe encore aucun relevé exmi d'après lequel on puisse fixer approximativement quelle est la fréquence de cette maladie aux différentes périodes de la vie et dans l'un et l'autre sexe. Plus commune dans les saisons et dans les climats chaudi, l'inflammation des intestins survient surtout après l'impression du froid, lorsque le corps est échauffé, ou bien après des écarts de régime, ou bien enfin après l'ingestion de substances Acres, irritantes, de purgatifs violents. L'entérite est une affection souvent épidémique. Chez les enfants à la mamelle, la maladie recoonait souvent pour cause une nourriture trop abondante, la dentition, un sevrage prématuré, etc.

Traitement. — Dans la grande majorité des cas l'entérite cède à un traitement très-simple, conune l'emploi de boissons douces et mucilagineuses, de demi-lavements adoucissants et calmants, et de cataplasmes émoUients sur le ventre ; mais le principal moyen de traitement est dans le régime. Ainsi, dans l'entérite la plni bénigne, les malades s'abstiendront de toute alimentation solide, et si la maladie est plus intense, la diète sera de rigueur. La réaction fébrile, la force du pouls, indiquent l'emploi d'une ou de plusieurs saignées générales. Si les douleurs abdominales sont très-vives, il sera également utile d'appliquer des sangsues. Beaucoup les posent à l'anus, dans le but de dégorger plus facilement l'intestin ; mais nous croyons qu'il est préférable de les mettre sur le ventre, si Ton veut que les malades soient soulagés plus complètement et plus rapidement. Dans les cas dont nous parlons, on retirera encore de bons effets des bains tièdes et suffisanmient prolongés. Enfin, nonobstant ces moyens, si les coliques sont très-vives, ou si l'entérite atteint un sujet très-irritable, on devra de prime abord administrer une certaine quantité d'opium, afin de modérer les douleurs. Les préparations opiacées sont encore indiquées à une époque plus éloignée, lorsque les symptômes de réaction étant éteints, la diarrhée seule persiste. Dans ces cas, l'opium modifie presque toujours avantageusement la sécrétion intestinale. L'entéro-colite se compliq»^ parfois d'un état bilieux que l'on peut combattre par l'emploi d'un vomitif : seulement on devra préférer l'ipécacuanha à l'émétique, parce que le premier borne à peu près toute son action à l'estomac, tandis que l'autre médicament agit le plus

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