‹ Traité de pathologie interneChapitre 68 sur 152 · DK LA LARYNGITE AIGUË · texte numérisé non relu

DK LA LARYNGITE AIGUË

saillants ; la peau est chaude, le pouls fréquent, petit. Ces symptômes asphyxiques peuvent aller sans cesse en s'aggravant ; d'autres fois ils se calment momentanément après que les malades ont rejeté quelques crachats muqueux, opaques ou filants. Cependant ces instants de répit sont très-courts; bientôt les accidents s'aggravent de plus en plus, et la mort survient presque toujours avant le huitième Jour, au milieu de symptômes d'asphyxie lente ou dans un accès de suffocation. Le plus souvent, pourtant, la maladie a une heureuse issue : les symptômes diminuent alors graduellement et rapidement de violence ; l'altération de la voix est le seul trouble qui persiste pendant un temps quelquefois très-long.

L'inflammation de l'épiglotte se présente avec des caractères particuliers qui ont été parfaitement tracés par Dezeimeris, dans le tome IV du Journal rExpérienee.

Dans l'épiglottite, le malade éprouve, A la partie antérieure et supérieure du cou, one douleur plus ou moins vive, et la sefasation d'un corps étranger. Le timbre de la voix est plus ou moins altéré ; il y a parfois de la dyspnée, et même des accès de suffocation. En ffiisant ouvrir largement la bouche au malade et abaissant la base de la langue, l'épiglotte apparaît; elle est rouge, ressemblant beaucoup soit à une cerise mûre, soit au gland du pénis en érection ; elle est douloureuse et tendue. La déglutition est ou simplement gênée et douloureuse, ou bien impossible. La dysphagie tient alors à plusieurs causes : au rétrécissement du passage que les aliments doivent franchir, à l'exquise sensibilité de l'épiglotte et aux efl[orts convulsifs que la douleur détermine, ce qui excite la contraction du pharynx ; enfin, les liquides peuvent pénétrer dans le larynx pendant l'acte de la déglutition, à cause de la difficulté que l'épiglotte éprouve à remplir ses fonctions ; les malades sont pris alors d'une toux convulsive qui vient encore augmenter leur anxiété.

L'épiglottite est une affection essentiellement aigué, elle débute quelquefois d'une manière brusque, et elle arrive rapidement à un très-haut degré d'intensité.

Quelle que soit l'espèce de laryngite qu'on observe, depuis la plus bénigne Jusqu'à la plus grave, on peut voir persister, plus ou moins longtemps après elle, un enrouement ou une aphonie désagréable ; elle tient probablement à un peu d'épaississement des cordes vocales. Graves croit plutôt alors qu'il existe un affaiblissement de ces organes, et peut-être aussi des muscles laryngiens.

Dlai^ostlc. — Nous dirons plus tard comment on pourra distinguer la laryngite simple des autres espèces d'inflammation du larynx, comme l'angine striduleuse, le croup et l'angine œdémateuse. On ne confondra pas la forme grave de la maladie avec un corps étranger dans le larynx, parce que, dans ce dernier cas, il y a absence de fièvre, parce que les quintes de toux, qui sont d'une violence extrême, ainsi que la suffocation, surviennent subitement au milieu de la santé, et parce qu'enfin les intervalles de calme sont beaucoup plus tranchés que dans les cas d'inflammation aigué grave du larynx. Nulle difficulté non plus pour ne pas confondre la laryngite avec une inflammation vive du pharynx et des amygdales ; car pour celle-ci l'inspection seule des parties sufBt ; en outre, la douleur accusée par les malades siège vers la base de la mflchoire, et la voix n'est pas rauque ou éteinte comme dans la laryngite, mais nasonnée' et désagréable conmie elle l'est quand un gonflement quelconque existe dans le pharynx.

La laryngite doit être distinguée de cette espèce d'enchifrènement de la glotte, arrivant souvent brusquement A la suite des transitions de température, et souvent en passant du firoid au chaud ; il suffit souvent pour la dissiper en quelques heures d'exciter une forte diaphorèse^ ou d'appliquer sur le cou un sinapisme énergique.

L'épiglottite a été souvent méconDue, cependant son diagnostic n'est pas en général difficile. La dyspnée et la dysphagie surtout^ qui ne peuvent étie expliquées ni par une inflammation vive^ ni par un gonflement considérable des amygdales, devront tout de suite faire soupçonner l'existence d'une épiglottite. L'inspection de rarrière-bouche permettra de vérifier le diagnostic. Cette exploration est en général possible ; car, dans l'épiglottite, la possibilité d'écarter les mftchoires éprouve moins d'obstacle que dans beaucoup d'amygdalites.

Pronostic. — La laryngite n'est fâcheuse que lorsqu'elle est intense ; die est plus grave chez l'enfant, en raison de l'étroitesse du larynx à cet âge. L'inflamimtion de l'épiglotte doit éveiller au plus haut degré la sollicitude du médecin.

Étiologie. — Presque toutes les laryngites sont produites par l'action du froid et de l'humidité ; d'autres fois la maladie est consécutive à l'exercice immodéré des organes de la voix ; plus rarement elle est déterminée par rinspirttion de vapeurs irritantes, conmie celles de l'acide chlorhydrique, ou par l'ing^BstioB de boissons trop chaudes qui enflanmient en passant l'épiglotte et la glotte. Cet accident a surtout été signalé en Angleterre : il peut survenir lorsque les mères font boire leurs enfants au bec de la théière. Si l'eau est bouillante, il peut en résulter alors une véritable brûlure de l'épiglotte et de la glotte. La laryngite est souvent épidémique ; mais rien ne prouve qu'elle ait jamais été contagieuse. La fonne grave survient quelquefois dans le cours de la variole ; elle est alors caractérisée par le développement de pustules nombreuses dans l'arbre aérien ; J'en ai vu pin* sieurs cas.

Traitement. — Dans la forme bénigne de la laryngite, on conseille le lepos de l'organe malade, au milieu d'une température douce et uniforme. On poom y joindre l'usage de pédiluves irritants et de boissons pectorales. Ces moyens sont insuffisants dans la forme la plus grave. Ici, en effet, les émissions sangHinasont indispensables ; on ouvrira donc la veine, et l'on appliquera simultanément un grand nombre de sangsues sur le larynx. On insistera sur les révulsif^ cutanés, et si ces moyens sont insuffisants, il faudra produire une violente secousse en administrant im éméto-cathartique ; on excitera, en outre, une forte révulsion à l'aide de larges vésicatoires appliqués à la nuque ou sur le larynx lui-^néme, ainsi qu'au extrémités inférieures. Enfin, si la mort était imminente par le développemeot de symptômes asphyxiques, il faudrait recourir au plus vite à la laryngo^trschéotomie.

L'inflanomation de l'épiglotte ne réclame pas une médication spéciale. Cependant on parait avoir employé quelquefois avec succès la cautérisation de cet appendice avec le nitrate d'argent. On n'y aura recours pourtant qu'i^^rès a^voîr vainement essayé les antiphlogistiques et lés révulâfo.

Contre l'aphonie et l'enrouement persistant longtemps aprèd la cessation des accidents aigus, on emploiera des révulsifs sur le cou et l'usage de gargartsmes fortement astringents ; mieux vaut encore diriger sur l'organe une eau pulvérisée et plus ou moins chargea de tannin ou d'alun.

De la laryngite ttridnlease.

Smommi. — • Pseudo-croup, fnux croup; laryngite spasmodique ; asthme de Millar ou de Wichmaas.

La laryngite dite stridulemef en raison 4u bruit qui l'accompagne, peut étie considérée comme une variété de la laryngite simple ; elle est surtout caractériiée par des accidents de suffocation souvent formidables, qui reviennent p«r accès.

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