DE LA BRONCHITE
Smomnai.— > Rhume; catarrhe pulmonaire; fièrre catarrhale.
Le mot bronchite sert à désigner l'inflammation de la membrane muqueuse des bronches. Cette expression est préférable à celle de catarrhe pulmonaire, qui donne l'idée d'un flux muqueux souvent indépendant d'un travail inflammatoire et parce qu'en outre il peut y avoir phlegmasie de la muqueuse des bronches, sans que pour cela il y ait nécessairement une augmentation dans la sécrétion de cette membrane.
Historique. Divisions. — La bronchite, quoique très-anciennement connue, n'est pourtant bien décrite que depuis les immortels travaux de Laennec. Parmi les nombreuses divisions qu'on a admises dans l'histoire de cette afTection, il en est quelques-unes d'importantes, et qu'il faut maintenir : telle est d'abord la division de la bronchite en aignè et en chronique , puis la distinction de la première en bronchite simple, capillaire et pseudo-membraneuse, La bronchite capillaire, qui correspond au catarrhe suffocant des auteurs, n'a été convenablement étudiée que dans ces derniers temps. Elle l'a été d'abord par MM. Pelaberge et Monneret dans leur Compendiuniy parle docteur Foucart (Thèse; année 4842), et par M. Fauvel,
qui a publié ses recherches dans sa thèse d'abord (1840), et plus tard dans le tome II des MémoireBde là Socvétè méâièale â^observation de Paris; enfin, SOI. Mahot, Bonamy, Marcé et Malherbe, médecins de rHOtel-Dieu de Nantes, ont donné une excellente relation d*une épidémie de bronchite capillaire qu'ils ont observée en commun, de 1840 à 1841.
De la bronchite aiguë.
Cai'actërtfs ttHifctPOteiqiidB. — Les bronches enflammées contiennent une quantité plus ou moins considérable d'un mucus blanc, visqueux, aéré, ou opaque et purulent. La membrane muqueuse est rouge ; l'injection est disposée en arborisations, en plaques, en zones ou en piqueté ; il est rare qu'on puisse constater une augmentation d'épaisseur du tissu. Plus fréquemment on trouve celui-ci plus ou moins ranioUi ; il ne parait -pas qu'on ait Jamais obBerxé ni la eoiipiiratioii da tissu cellulaire sous-jacent, ni la gangrène de la muqueuse bronchique. Les caractères anatomiques de rinflammation sont plus on moiR& étendus^, presque toujours on les trouve dans les deax fumons à la fois, mais fis sont limités à un eeriaiii nombre de bronches. Souvent ils ne dépassent pas les gros tuyaux, d'autres ibis ih n'existent que dans les ramifications les plus ténties : on dit alors que la bronchite est capt7to/re. Bans ce dernier cas, en incisant les petite» bronches^ on' les trouve remplies par une matière mucosô-purulenle, épaisse, non àérée^ qui les oblitère depuis les deuxième ou troisième divisions jusqu'aux ramifications eapiUaîres. Ces mucosités finissent par produire mécaniquement une dilatation unifonne de ces conduits, laquelle, d'ailleurs, est un peu nooins marquée chez l'adolte que chez les enfants. La membrane muqueuse a son épaisseur et sa consistance normales, mais elle est d'uû rouge intense, et cette rougeur va cm s'aflMblissant des grosses ramifications vers les plus petites ; d'autres fbis c'est le contraire qu'on observe. L'obstruction des petites bronches, lorsqu'elle est générale, produit nécessairement la dilatation des vésicules {emphysème vénculaire)^ surtout sur le bord tranchant de l'organe ; plus rarement on voit un léger emphysème interlobulaira : ces lésions expliquent pourquoi les poumons, loin de s'affaisser lorsqu'on ouvre la poitrine, tendent au contraire à s'échapper de^^ette cavitév M. Fauvel, un des premiers, je crois, a fait voir en outre que, chez les enfants, un grand nombre de vésicules dilatées contenaient la môme matière que les bronches; mais elle s'y montre sous forme de granulations blanchâtres ou jaunôtres, et il faudrait bien se . garder de confondre celles-ci avec les granulations tuberculeuses, auxquelles elles rfôsemblent par leur configuration et leur volume. Mais le tubercule forme une tumeur dure, tandis qu'en piquant la g^ranulation, qui n'est autre que la vésicule, on en fait sortir un Hquide puyiforme, et il reste à sa place une dépression, une vacuole communiquant avec une ramification bronchique. Lorsque beaucoup de vésicules pulmonaires ont été envahies, le poumon est friable et offre à la coupe une teinte grisûtre qui pourrait faire croire à Texistence d'une hépatisation grise; maison examen plus attentif ne permet pas de faire cette confusion; d' ailleurs, en insufflant le poumon, on lui rend sa souplesse, résultat qu'on n'obtient janfois lorsqu'il y a hépaUsation.
Tous les, auteurs signalent comme une lésion fréquente de la bronchite capillaire des noyaux d'hépatisation rouge ou grise, disséminé^ à la surface et dans Vépais^eurjde l'unet de l'autre poumon : op lui a, donné Iç ijiom de pneumonie Io^mlaire. Cependant on a contesté, il y a quelques années, la justesse de cette expres-