DE LA BRONCHITE AIGUE
Bion. Legendre et BaiUy, dans un travail intéressant inséré dans les Archives de médeèinêm 4816, ont' surtout Cherché à prouver que cette lésion était distincte de la pneumoBÉé; ils s'aj^puient siir'ce que le iissu n'eisl j»i tuméfié, ni grenu, ni friable, comme dans lîiipafisàtion, et sur ce qu'en pratiquant l'insufflation, on le rend de nouveau' crépitant ef aérél fls cotnparent ou p/lU^M ils assimilent cet état à celui dTnn poumon qui n'a pas encore respiré. Pour eux, le tissu pulmonaire aurait subi dans ifuelques-iines'de ses partie* une sorte de ^trait;^parcé que Vair, arrôtô par les mucosités qui remplissent le^ bronches, a cessé d^f jpénétrôr.'Les faits exposés par Legendre et Baîlly ont une grande valeur ; nous croyons lebr opinion parfaitement fondée pour beaucoup fie cas, mais nous persistons encore'à croire que, èbec un grand nottil)re,' les noyaux que les poumons préséWènl sont constitués par une véritable pblfegnwteie, ne différant de rbépatisatidn ordinafte que par son peu d'étendue et par sa dissémination. Quoi qu'il en soît, lés poumons des individus qui succombent à la broncbite tapilldre sont en général rosés à la coupe, et les ganglions broncbiques, cbéz les enfants du moins, sont le pHus souvent gonflés, rouges et ramollis. i , . .
n existe une brbnchîte pséiidô-lnembraneuse ; elle est anatomiquement caractérisée par la production, dans les tuyaux broncbiques, de fausses membranes analogues à celles que nous avons rencontrées dans le ci^oup. Elles se présentent sous forme de cylindres d*un blanc grisâtre, parfois rosés, envabissaht un plus ou moins grand nombre de bronches. Elles sont denses, élastiques, et se compiosent de deux ou trois couches concentriques. En les soulevant et en tirant sur elles avec précaotion, on parvient quelquefois à en extraire un nombre assez considérable, se composant d'une tige centrale de laquelle partent une foule de divisions pénétrant chacune dans une ramîflcation capillaire. La pseudo-membrane est évidemment l'etTet d'une sécrétion morbide de la membrane muqueuse ; rien ne prouve qu'elle ait pour point de départ une bémorrhagîe bronchique, et qu'elle ne soît autre qu'une transformation de la fibrine du sang.
Symptômes. Marche. Terminaisons. Durée. -- Dans sa forme la plus bénigne, la bronchite ne produit d'autre accident qu'une toux peu forte, peu ou point douloureuse, avec expectoration de quelques crachais muqueux. Il n'y a, en général, point de fièvre, & peine de malaise, l'appétit est seulement un peu diminué, ou bien les aliments semblent moins sapîdes. Cette incommodité, vulgairenient appelée rhvnie, succède souvent au coryza; elle disparaît iTréquemmdht au bout de quelques jours ; d'autres Ibis elle se prolortge pendant un temps plus ou moins long.
La bronchite aîgufi intense est souvent précédée de prôdrt)mes, surtout lorsqu'elle survient d'une manière spontanée : ainsi il y a du malaise, des horripilations, de la sensibilité au fh)id, de l'inappétence, du coryza, une céphalalgie vive, etc. Dès que la bronchite est confirmée, les malades accusent un sentiment de gène et de pesanteur dans ta poitrine, parfois un chatouillement incommode, ou bien une douleur obtuse, contusive ou déchirante derrière le sternum ; une constriclion à la base et sur les côtés du thorax. Ces soufiVancôs s'exaspèrent par la toux; celle-ci s^àccompagne fréquemment de douleurs vives, déchirantes, qui suivent la direction de la tracîiée-artère et des bronches. La toux est un symptôme très-pénible pour les malades. Elle est spontanée, ou bien elle est provoquée par la parole, par les mouvements du corps, par les émotions et par l'impression d'un air £roid, etc. Un chatouillement ayant son siégé vers la partie supérieure de la trachée la précède de peu d'instants. La toux se reproduit ordinairement sous forme de qmrUes, c'est-à-dire qu'une seule inspiration est suivie dé cinq ou six secousses
successives. Ces accès, qui sont toujours plus forts et plus fréquents le soir et surtout pendant la nuit, empêchent quelquefois tout à fait le sommeil. S'ils se reproduisent presque sans interruption pendant plusieurs minutes, on voit alors les jugulaires se gonfler, la face se congestionner, les yeux devenir larmoyants, et les malades accuser de la céphalalgie et un grand malaise. Les quintes fréquentes produisent en outre de l'endolorissement à l'épigastre, aux hypochondres et vers les attaches du diaphragme. Enfin, les accès de toux, s'ils sont violents ou s'ils surviennent pendant le travail de la digestion, s'accompagnent de nausées, de vomissements alimentaires, bilieux ou glaireux. La toux, qui est tantôt rauque, tantM plus ou moins éclatante, est d'abord sèche ; mais elle ne tarde pas, au bout d'an ou plusieurs jours, à être suivie d'une expectoration formée d'abord par des crachats muqueux, aqueux, quelquefois striés de sang et d'une sauveur salée. En dehors des quintes, l'oppression est généralement peu considérable. La poitrine pe^ cutée rend partout un son naturel ; mais l'auscultation fait constater Texisteoce de râles sibilants et ronflants. Si la sécrétion bronchique est assez considérable, il existe aussi un râle muqueux ou sous-crépitant ; et celui-ci, si l'on en excepte les cas de bronchite capillaire, siège presque toujours à la racine des bronches ou à la base de l'un et de l'autre poumon.
Le râle sihilarU donne la sensation d'un petit sifflement prolongé, aigu ou grave ; d'autres fois il ressemble davantage au gazouillement des. oiseaux. Le râle sonm ou ronflant, au contraire, généralement plus bruyant, consiste en un bruit qui imite le ronflement d'un homme qui dort, ou le roucoulement de la tourterelle, ou celai que donne une corde de basse qu'on frotte avec le doigt. Le râle sibilant^semble se passer dans les petites bronches, le râle ronflant dans les plus grosses. Os s'expliquent l'un et l'autre par le rétrécissement des tuyaux aériens, produit par le boursouflement de la muqueuse ou par des mucosités très-adhérentes. Ces deux râles sont souvent désignés sous le nom de râles secs ; on les entend indiiTérenmient pendant l'inspiration et pendant l'expiration. Le râle sous-crépitant qu'on a coo^Miré au bruit qu'on fait en soufflant avec un chalumeau dans de l'eau de savon, est caractérisé par des bulles un peu grosses et humides, inégales entre elles, et qu'on entend surUmty mais nm exclusivement, pendant l'inspiration; il forme la transition entre le râle crépitant sec de la pneumonie et le râle muqueux. Celui-ci est oomtitué par des bulles plus grosses, plus humides et plus rares; il donne. la sensation d'un véritable gargouillement, lorsque les mucosités qui le produisent sont accumulées dans des grosses bronches ou dans des bronches dilatées. Les râles souscrépitant et muqueux sont déterminés par le passage de l'air à travers un liquide. Le premier siège peut-être dans les vésicules ; le second est certainement produit dans les bronches.
Pour terminer l'étude des phénomènes que l'auscultation révèle, disons que dans la bronchite aiguë le murmure respiratoire est quelquefois devenu puéril ; rayent il est affaibli ou masqué par des râles; quelquefois il est tout à fait nul, en raison de l'occlusion momentanée des tuyaux bronchiques par quelques mucosités; mais dès que celles-ci se sont déplacées, soit spontanément, soit après des effoHs de toux, le bruit respiratoire reparait. Cette occlusion momentanée des bronches peut également suspendre les râles sibilant et ronflant. Enfin, le râle muqueui étant produit par le passage de l'air à travers des mucosités, on conçoit qu'il puisse ' à son tour cesser d'être perçu, lorsque les liquides se déplacent et surtout aussitôt qu'ils ont été expulsés.
Indépendamment de ces symptômes locaux, la bronchite aigué intense s'accom-