DE L'ENCÉPHALITE
ramollies, infùltrées da pus ; si, au contraire, Taltération remonte déjà à une époque éloignée, la cavité est tapissée par une fausse membrane tomenteuse ayant quelque analogie avec le tissu muqueux : on peut quelquefois la diviser en plusieurs femllets superposés. Ce kyste se forme plus ou moins rapidement. Abercrombie Ta TU déjà bien formé dès le douzième Jour ; mais, dans la plupart des cas, il n'est organisé qu'au bout d'un mois. Il existe, d'ailleurs, à ce sujet, une foule de variétés dont il est presque toujours impossible de déterminer la cause. La substance cérébrale qui entoure l'abcès est tantôt un peu injectée, tantôt elle a une teinte jaunâtre ou verdfttre; sa consistance est parfois diminuée, mais le plus souvent elle est devenue plus considérable. Ces abcès coïncident fréquemment avec diverses lésions, dont les unes sont primitives et les autres consécutives : ce sont surtout des altérations dans les os du crâne, particulièrement une carie du rocher. Celle-ci coexiste fréquenunent avec un abcès du lobe moyen, lequel conununique, dans quelques cas très-rares, avec l'oreille interne (Morgagni, Ttard, Lallemand, etc.), et peut devenir ainsi une des sources du pus dans l'otorrhée.
Enfin, on a cité la gangrène comme pouvant être produite par l'encéphalite : cependant cet accident est fort rare. Quoique les caractères du sphacèle du cerveau ne soient pas encore suffisamment connus, on devra néanmoins croire à l'existence d'une gangrène, lorsque la substance nerveuse, devenue d'un brun noirâtre, se séparera par fragments ou sous forme de détritus, lors môme qu'elle n'exhalerait encore aucune odeur putride.
Les lésions qui caractérisent l'encéphalite aigué sont plus fréquentes dans le cerveau que dans le cervelet ; c'est à peine si, jusqu'à présent, on en a observé quelques exemples dans la protubérance. Depuis Lallemand et M. Cjruveilhier, on a prétendu que le ramollissement inflammatoire était surtout commun dans les points les plus vasculaires, c'est-à-nlire dans la couche corticale ou dans les parties qui renferment le plus de substance grise. Cependant quelques relevés contradictoires, mais ne s'appuyant encore que sur un nombre de faits bien insuffisant, doivent faire élever quelques doutes sur l'exactitude de cette proposition. Quant aux collections purulentes, on les rencontre surtout au centre des hémisphères ou dans les lobes moyens, et tout porte à croire, d'après leur siège, qu'elles se sont d'abord formées dans la substance médullaire.
LégUms qu'on a regardées comme caractérisant IHnflammaiion chronique du cerveau. Quelles sont les aUérations qui peuvent succéder à V encéphalite? — Parmi les lésions que nous venons d'étudier, il en est deux qu'on rencontre aussi à l'état chronique : ce sont le ramollissement blanc par infiltration purulente et les abcès ; ces derniers sont alors toujours enkystés. Mais il est d'autres lésions qu'on a aussi regardées comme spéciales à l'état chronique : ce sont les ulcérations et différentes espèces d'indurations. L'ulcération de la substance cérébrale, qui peut se former d'une manière aiguë, est une altération fort rare, sur laquelle nous ne possédons encore que des renseignements fort incomplets. Elle est caractérisée par une destruction plus ou moins étendue de la substance cérébrale et de la portion correspondante de la pie-mère et de l'arachnoïde. L'ulcération est tantôt recouverte d'une exsudation albumineuse sanguine, ou baignée par une matière pulpeuse grisâtre; enfin, d'autres fois la surface est détergée, tapissée par une membrane celluleuse, et, à une époque un peu plus avancée, par une membrane épaisse, dure, cartilagineuse ou même cornée, ce qui constitue une véritable cicatrice. L'ulcération se fait toujours lentement et envahit successivement des parties qui tantôt
sont saines, mais qui, le plus souventi sont le siège ou d'une induration, ou d*UD ramollissement avec ii^jection ou infi^ation purulente.
L'induration simple du cerveau, c'est-à-dire celle dans laquelle le tissu de l'organe offre partiellement, ou dans toute son étendue, la consistance qu'il acquiert lorsqu'on le fait macérer dans de l'acide nitrique affaibli, a été regardée comme un caractère anatomique certain de l'encéphalite chronique ; cependant il est impos^ sible d'émettre sur la nature de cette altération aucune opinion plausible. ^ même on réfléchit que cette induration a presque toujours lieu sans injection des tissus,, qu'elle occupe le plus souvent toute la masse encéphalique et qu'on ne retrouve point ordinairement ces colorations ardoisées, bleuâtres, qui, pour la plupart des tissus, sont des vestiges de congestions ou de phlegmasies anciennes, on devra supposer que l'inflammation est étrangère à sa production, et qu'elle se manifeste sous l'influence d'une de ces perversions de nutrition dont nous observons de si fréquents exemples dans l'économie. Ce que nous disons ici de l'induration simple, générale^ s'applique également à la plupart de ces indurations locales qui s'accompagnent en outre d'une transformation fibreuse, fibro-cartilagineuse ou osseuse des tissus. Nul doute que ces différents produits ne surviennent le plus souvent sans le concours d'aucun travail inflammatoire, mais quelquefois aussi une encéphalite circonscrite en est le point de départ. Lorsqu'en effet la destruction du cerveau s'arrête dans sa marche, une partie des liquides infiltrés et des tissus altérés est résorbée ; l'autre portion se concrète, durcit, et forme une cicatrice dont l'aspect et la composition varient suivant les produits morbides aux dépens desquels elle est constituée, et suivant l'époque à laquelle on l'examine : c'est ainsi que, d'abord blanchâtre et albumineuse, elle durcit et peut devenir plus tard fibro-cartilagineuse et môme osseuse. Ces sortes de cicatrices sont situées dans la profondeur de l'organe ou à sa superficie; elles peuvent produire tous les accidents primitif et consécutifs qui accompagnent la plupart des produits accidentels qui se forment dans le cerveau : mais il n'est nullement démontré, comme le prétend Abercrombie, qu'une portion du cerveau, venant à être frappée d'induration à la suite d'un travail inflammatoire, puisse plus tard s'isoler à l'aide d'un kyste, pour former une de ces tumeurs si communes dans l'encéphale, et qui sont réellement constituées par quelques produits accidentels.
Symptômes. Marche. — L'encéphalite partielle, la seule dont nous devions traiter, peut débuter brusquement par des secousses convulsives ou par une roidear tétanique, bornée à un membre, ou à une moitié du corps, et occupant simultanément la face et les membres : cependant, dans la plupart des cas, la maladie est précédée par quelques symptômes de congestion cérébrale. Ainsi le plus grand nombre des malades accusent pendant un ou plusieurs jours une céphalalgie partielle ou générale, ou bien une simple pesanteur de tête, des vertiges, des éblouissements, des bourdonnements d'oreille; ils sont agités ou abattus; il y a de la somnolence chez les uns, et une insonmie opiniâtre chez d'autres. Quelques-uns^ éprouvent des crampes, des roideurs ou des fourmillements bornés à un membre, à une moitié du corps, ou occupant tous les membres; il y a aussi parfois embarras momentané delà parole. Cependant bientôt les facultés intellectuelles s'affectent; il y a un délire aigu, loquace ou une obtusion des idées, ou bien un état semicomateux et un affaiblissement de la mémoire ; souvent il y a du strabisme ; la figure est animée, et les yeux sont injectés. Vers la même époque, les membres d'une moitié du corps, et c'est là un des premiers symptômes^ deviennent le siège de roideur et de contracture ; les mâchoires sont serrées; la sensibilité est obtuse