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DE LA PÉRITONITE AI6UE SIMPLE, OU PRIMITIVE

simuler une péritonite ; mais la dureté du ventre, le siège superficiel de la douleur, Tabsence de troubles sympathiques, permettront d'éviter toute confusion.

Le diagnostic de la péritonite iroe ibis établi, il faut le compléter en déterminant si la maladie est primitive, ou si, comme cela a lieu presque toujours, elle est consécutive à quelque lésion récente çu ancienne des organes abdominaux. Pour résoudre ce problème, on aura égard à l'état de santé antérieur, à la manière dont la péritonite a débuté et à la marche qu'elle suit. (Voyez plus bas. Péritonite sipnptomatique,)

Il est inutile de dire que, chez les nouveau-nés, la péritonite se révèle par les mêmes symptômes que chez l'adulte. On a noté, en effet, chez eux, la tension, et la sensibilité du ventre, les vomissements verts, la constipation, la respiration fréquente, le pouls petit, accéléré ; la face exprime la souffrance, et la mort arrive en deux ou quatre Jours. «

La péritonite du nouveau-né est souvent méconnue^ parce qu'on explore les enfants d'une manière incomplète, et souvent aussi parce que, la péritonite éclatant dans le cours de diverses maladies, celles-ci, plus évidentes, détournent l'at- ' tention et masquent la première.

Pronostic. — La péritonite est une maladie toujours très-sérieuse. Son pronostic sera subordonné à la gravité des symptômes généraux et à l'étendue de la maladie. Celle qui est générale est presque nécessairement mortelle. Elle est fort grave, surtout chez les nouveau-nés ; quelques fkits, néanmoins, portent à penser qu'elle est curable non-seulement chez eux, mais même lorsqu'elle se développe pendant la vie intra-utérine.

itiologie. — La péritonite spontanée, primitive, peut être observée à tous les âges de la vie. Des faits ncnnbreux, recueillis surtout par Dugès (1), par MM. Thore (2) et Lorain (3), en France, ainsi que ceux de Simpson (4), prouvent que la péritonite n'est pas rare pendant la vie intra-utérine, ainsi que chez les nouveau-nés. L'éminent professeur d'Êdimbou^ pense que la péritonite est une des causes les plus fréquentes de la mort du fœtus dans les derniers mois de la grossesse ; il lui a paru, en outre, que la phlegmasie du péritoine était plus commune chez les enfants appartenant à des mères syphilitiques. De même que chez l'adulte, ces péritonites sont souvent consécutives à la lésion d'un viscère, conune le foie, la vessie, les intestins, etc. Rien ne prouve encore que les péritonites soient plus souvent primitives chez le fœtus ou l'enfant que dans les âges suivants. Mais â, chez le nouveau-né, l'inflammation péritonéale n'est pas toujours symptomatique de la lésion d'un viscère abdominal, très-souvent, ainsi que cela résulte des observations de M. Thore, elle arrive comme affection secondaire dans le cours de diverses maladies, notanmient dans la pneumonie, dans le muguet, et surtout dans les érysipèles des parois abdominales, que M. Thore a vus se comphquer de péritonite dans les deux tiers des cas. Enfin, d'après les observations récentes de M. Lorain, la péritonite qui atteint le nouveau-né et le fœtus surviendrait fréquemment sous l'influence des mêmes causes qui engendrent la péritonite des fenomes récemment accouchées.

Nous ne savons absolument rien de positif sur les causes prédisposantes de la péritonite simple : presque toujours la maladie se déclare spontanément et sans le

(I) Thèse inaugurale et Dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiques^ U XIl, p. 588. (7) Archives généralei de médecine, i* BéTÏe^ t. I, p. 389,

(3) Thèse, année 18S5, n» 161.

(4) Extrait dans Its Archives générales de médecine de 1838, t. III, p* 444.

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concours d'aucune cause déterminante appréciaMe. L'impreNton du froid, la ce&* tusion du ventre) la suppression d'une hémorrhagie, la métastase rhumatismale, sont les circonstances qui ont agi le plus souvent conune causes déterminantes. Od dit avoir vu plusieurs fois la péritonite régAer épidémiquement, surtout dans les armées (Pujol). C'est là une assertion qu'on ne doit accepter qu'avec résene. L'observation contemporaine ne l'a pas, que Je sache, confirmée.

Tntltameat. — La péritonite exige l'emploi d'un traitement énergique. Lanque la force du pouls le permet, on doit pratiquer une large saignée, qu'on répélera, si besoin est, une ou deux autre» fois dans la première journée ; en même temps le ventre sera couvert, dans les parties où siège la douleur, d'un nombre de sangsues assez considérable, comme 50 ou 100, et l'on favorisera l'écoulement du laog par de larges cataplasmes émollients et par des fomentaticnifi, à moins que les malades ne puissent en supporter le poids. Lorsque les mouvements ne sont pas trop douloureux, on plongera les malades dans un bain tiède, et ils y resteiontle plus longtemps possible. 11 conviendra de se servir, en cette circonstance, d tme baignoire à double.fond, à l'aide de laquelle les malades atteints de péritonite, de rhumatisme ou de toute autre affection très-douloureuse, sont mis dansTeadeten sont retirés sans efforts et sans douleur. On prescrit des boissons^ douces, amdlagineuses, acidulés t elles seront données froides et môme glacées ; elles seront prises en petite quantité à la fois, pour ne pas exciter les vomissements. Uimperte aussi de tenir le ventre libre : les lavements étant cootre-indiqués par les mouvements que leur administration nécessite, on les remplacera par quelque laxatif doux, donné par la bouche. Lorsque, nonobstant ces moyens, la péritonite continue à faire des progrès, et lorsque surtout la faiblesse du pouls ne permet plus de recourir aux émissions sanguines, on devra tenter l'emploi des mercorianxà haute dose; on fera sur le ventre et sur les cuisses, trois ou quatre fois dani les >iQgtquatre heur^, des onctions av^ec l'onguent napolitain, en employant poar cbscone d'elles de 60 À iOO grammes de ponmiade; on donnera en môme temps le calomel à doses firactioanées (40 ou 15 centigraiJameB en quinze ou vingt prises). Loin de redouter la salivation, il faudra au contraire la désirer, car la plupart des malades qui la gagnent guérissent.

La médication révulsive, si généralement utile dans la plupart de^ phlegmases 4es séreuses, échoue beaucoup plus souvent ici que dans la pleurésie et la péricardite. Cependant l'application d'un ou plusieurs vésicatoires volants sur l'abdomen a été parfois avantageuse pour combattre la phlegmasie ou pour provoquer la résorption de Tépanchement qui en a été la conséquence. Dans ce dernier cas, ou a môme pratiqué la ponction; mais celle-d, en général peu utile, n'a donné quelques résultats avantageux que dans les péritonites partielles.

il est un symptôme qu'on ne doit jamais négliger : c'est la douleur. Lorsqu'elle résiste aux antiphlogistiques, on essayera de la modérer par l'administration de l'opium à l'intérieur. Dans un cas que J'observai avec M. Danyan, nous sobsUtuâmes aux fomentations émoUientes des a^Mcations iMdes; celles^ furent continuées pendant huit jours, et produisirent aussitôt un calme complet La malade, qui nous paraissait être dans im état tout à fait désespéré, guérit néanmoins.

Comme on le voit, dans toutes les phlegmasies il peut se présenter dans la péntonite quelques autres indications tirées de l'état général. C'est ainsi que lorsque les symptômes adynamiques prédominent, on administrera les toniques et les cordiaux ; les antispasmodiques et le musc conviendront mieux lorsqu'on observe ces troubles nerveux qui caractérisent l'état ataxique. Biais malheureusement il est rare que les

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