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s'appuient sur les résultats donnés par les expériences faites sur des grenouilles saines et sur des lapins sains ne nous fournissent aucun moyen d'expliquer les résultats curatifs obtenus par l'électrothérapie chez l'homme malade. En supposant le cas que dans une paralysie, une névralgie, une anesthésie nous soyons en état de modifier au moyen du courant constant l'état électrotonique d'un nerf, ce dont je ne doute pas, cela ne prouve nullement que par ce même effet la maladie de texture qui est la cause organique de la paralysie, de l'anesthésie ou de la névralgie sera guérie à son tour; par contre, si cette guérison a lieu, il nous est permis de conclure que le courant galvanique a produit encore autre chose que la simple modification de l'état électrotonique. Si nous supposons d'un autre côté qu'en irritant pendant quelques minutes le grand sympathique nous parvenions à rétrécir pendant la durée des séances les vaisseaux innervés par la partie irritée du nerf, ce que je ne veux pas non plus contester, il est tout aussi invraisemblable que par ce resserrement passager nous parvenions à faire disparaître une anomalie de nutrition qui existe dans les parties alimentées par les vaisseaux resserrés. Si l'application du courant constant sur le grand sympathique est suivie de guérison nous sommes en droit de supposer que la maladie dont il s'agit dépendait d'un trouble de la nutrition du grand sympathique, qui a été réparée par l'action catalytique du courant. J'ai la pleine conviction que l'introduction dans la pratique du courant constant dont on sait depuis longtemps qu'il diffère essentiellement du courant induit par son action chimique sur l'eau, sur les solutions salines, sur l'albumine, est une des plus précieuses conquêtes des temps modernes et que nous possédons en lui un moyen plus puissant que n'importe quel autre pour modifier les conditions nutritives des parties situées dans la profondeur. Mais je crains que la prétention qui s'est fait jour dans ces derniers temps de faire de la galvanothérapie une médication entièrement subordonnée à des théories et à des doctrines plus ou moins hasardées, de la rendre absolument exacte ou positive, ne soit plus nuisible qu'utile à l'observation consciencieuse des faits et ne fasse perdre à cet excellent remède une partie de sa popularité.
Au traitement électrique se rattache l'emploi plus ou moins effacé par lui des vésicatoires, des moxas, du cautère actuel et d'autres révulsifs par lesquels on espère détourner l'irritation du côté de la peau extérieure, ha cautérisation linéaire superficielle passe surtout en France pour un des moyens les plus efficaces.
Parmi les médicaments qui anéantissent l'excitabilité du nerf nous avons à nommer d'abord le froid. Outre les compresses glacées ou à l'eau froide on emploie également des lotions éthérées ou aromatiques qui, par une évaporation rapide, produisent du froid. Si ces topiques sont plus eflicaces que les compresses glacées, cela tient à ce qu'ils sont en même temps res-
pires et navcotisent jusqu'à un certain point le malade. Le froid est un palliatif excellent, mais en continuer longtemps l'usage en vue d'une guérison radicale, c'est généralement inexécutable. — Les narcotiques, surtout sous forme d'injections sous-cutanêes d'une solution de morphine, comptent aujourd'hui parmi les prescriptions les plus usuelles contre la névralgie. Si l'on voulait autrefois faire agir la morphine localement, on appliquait un vésicatoire puis on ouvrait l'ampoule produite et on répandait sur l'endroit dénudé delà peau la dose de morphine que l'on avait l'intention d'employer, ou bien on inoculait la morphine mêlée de salive dans la peau. L'introduction des injections hypodermiques à la place de ces procédés longs et compliqués a fait époque et a été considérée comme un progrès éclatant en thérapeutique. On se croyait dès lors en état de stupéfier facilement les nerfs malades. Les résultats étaient vraiment surprenants. Dans bon nombre de cas le médecin, au lieu de prescrire une ordonnance d'un effet douteux, pouvait quitter le malade délivré complètement de ses souffrances en peu de minutes. Cependant on arriva bientôt à se convaincre d'une part que non-seulement les névralgies, mais encore beaucoup d'autres maladies douloureuses étaient traitées avec le même succès par les injections souscutanées de morphine ; d'autre part qu'il était assez indifférent de faire l'injection à l'endroit où la douleur avait son siège ou à un autre endroit. Je connais beaucoup de médecins qui ne sortent jamais sans avoir leur seringue de Pravaz et leur solution de morphine en poche et qui rapportent ordinairement le soir leur flacon vide à la maison. Dans plusieurs hôpitaux l'emploi hypodermique de la morphine s'est substitué presque complètement à son usage interne. On ne saurait contester qu'avec les injections hypodermiques de morphine on a commis bien des abus. Ces abus ont fait connaître une espèce d'empoisonnement chronique, autrefois peu connu, par la morphine. Si pendant un temps plus ou moins long on a fait des injections sous-cutanées de morphine et qu'on ait graduellement élevé les doses, il se produit chez le malade, indépendamment du retour des douleurs, un besoin irrésistible d'injections nouvelles. Il se sent indolent, abattu, se plaint d'un malaise indéfinissable, de tremblements, et quelques-uns comparent leur état à celui du lendemain d'une orgie. En effet, l'état qni précède l'injection rappelle souvent celui du buveur d'eau-de-vie qui vient de se réveiller le matin et qui n'a pas encore pris son premier verre d'alcool; il lui faut l'injection, comme il faut à l'ivrogne son eau-de-vie pour dissiper cet état. Toutefois ces inconvénients peuvent être évités si l'on emploie les injections avec précaution. Il est fort douteux que ces injections aient réellement une action locale, mais il est positif que l'action générale de la morphine est beaucoup plus complète et se fait sentir plus sûrement, si on l'injecte sous la peau que si on l'administre par la bouche, et par conséquent nous devons considérer l'injection sous-cutanée de 1 à 2 centigrammes de
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morphine comme un palliatif d'une valeur immense contre les névralgies. — A l'emploi du froid et des narcotiques se rattachent les frictions de la peau avec une pommade de vératrine (20 à 50 centigrammes sur 15 grammes d'axonge) ou d'aconitine (5 centigrammes sur k grammes d'axonge). La pommade de vératrine produit un certain picotement de la peau, qui parfois masque la douleur névralgique: La pommade d'aconitine rend la partie frictionnée jusqu'à un certain point insensible pour les irritations extérieures.
Nous avons dit que la troisième tâche de l'indication de la maladie consistait à interrompre la conduction de l'excitation du nerf irrité au cerveau. Le moyen le plus efficace pour remplir ce but est la section du nerf entre le cerveau et la partie malade, ou plutôt, comme après la simple section les deux bouts divisés se réunissent de nouveau., l'extirpation d'une portion du nerf. Si cette opération est rarement suivie d'un succès aussi complet qu'on l'espérait, cela provient principalement soit de ce que l'on n'a pas opéré sur le nerf malade, soit de ce que ce nerf a été divisé à un endroit mal choisi, c'est-à-dire en deçà de l'endroit sur lequel agit la cause qui provoque la douleur. (Bruns.) Malheureusement la section à l'endroit convenable est impossible dans la plupart des cas, parce que la cause morbifique agit sur le nerf à un endroit au delà duquel il n'est plus possible de l'atteindre. La cautérisation du nerf, pour interrompre la conduction centripète, doit être rejetée, et la compression ne peut être employée que comme un simple palliatif. Les remèdes qui méritent le moins de confiance, sont les prétendus spécifiques des névralgies, tels que l'arsenic sous forme de liqueur arsenicale de Fowler, les préparations de zinc, surtout le valérianate et le cyanure de zinc, le nitrate d'argent et plusieurs autres modificateurs du système nerveux tant minéraux que végétaux. A l'appui de chacun de ces remèdes on cite des cas de guérison, mais leur nombre est faible,, et il est de beaucoup dépassé par le nombre de ceux où ces substances n'ont absolument rien produit. Pour le moment il est impossible de délimiter la sphère d'action, certainement fort étroite, de ces remèdes.