CHAPITRE Vjl
névralgie cervieo-brachiale.
Sous le nom de névralgie cervieo-brachiale nous entendons une névralgie ayant son siège dans les rameaux sensibles du plexus brachial formé par les quatre dernières paires cervicales et la première paire dorsale.
La névralgie cervieo-brachiale dépend bien plus souvent que d'autres névralgies de causes appréciables. Parmi ces dernières il faut compter les lésions traumatiques des ramifications périphériques du plexus brachial au bras et cà la main, produites par la lancette, le phlébotome et autres instruments pointus; la compression des nerfs par des fragments de projectiles, les contusions et les névromes. — Le plexus brachial lui-même est quelquefois offensé dans le creux axillaire par des ganglions lymphatiques tuméfiés et au-dessous de la clavicule par le cal d'une côte fracturée, par des anévrismes de la' sous-clavière ou de la crosse de l'aorte. — Enfin les nerfs qui constituent le plexus brachial peuvent être irrités et mis dans un état d'excitation spasmodique dès leur sortie du canal vertébral par des maladies des vertèbres. Dans d'autres cas de névralgie cervieo-brachiale les causes qui irritent le plexus brachial ou ses ramifications ne peuvent pas être constatées et l'on est forcé alors d'attribuer la maladie à une affection rhumatismale du névrilème ou à une autre altération non palpable des nerfs, déterminée par de trop grands efforts musculaires en tricotant, jouant du piano ou en se livrant à quelque autre occupation de ce genre. — Pour terminer, nousrappellerons que les accès d'angine de poitrine (voy. vol. I) se compliquent généralement de douleurs névralgiques dans le trajet du plexus brachial. La transmission de l'excitation morbide des nerfs du cœur à ceux du bras s'explique selon moi le mieux par l'entremise du grand nerf cardiaque et du petit nerf cardiaque, ces nerfs tirant leur origine des ganglions cervicaux moyen et inférieur, qui communiquent par beaucoup d'anastomoses avec les nerfs cervicaux inférieurs.
Dans quelques cas les douleurs sont répandues sur une grande partie des libres sensibles du plexus brachial, dans d'autres cas elles sont limitées à celles de la région axillaire et du bras; quelquefois elles suivent exactement la direction du nerf cubital, du radial ou du musculo-cutané. Valleix a trouvé le plus souvent un point douloureux dans le creux axillaire; ensuite, pour lencrf cubital, le point connu entre le condyle interne de l'humérus et l'olécrûne et le point situé au-dessus de la main où le nerf cubital devient superficiel ; pour le nerf radial, le point du bras où ce nerf contourne l'humérus et un autre à l'extrémité inférieure du radius, au-dessus de la main.
Les douleurs lancinantes, surtout celles qui s'irradient dans les doigts correspondants, sont d'une extrême violence et se répètent si souvent que les intervalles, qui ordinairement ne sont pas complètement libres, sont plus courts que dans les autres névralgies. Les douleurs sont accompagnées d'une sensation de fourmillement et d'un engourdissement dans les doigts, qui persiste même après l'accès. Des troubles nutritifs dans le domaine des nerfs devenus le siège d'une excitation morbide se présentent dans quelques cas de névralgie brachiale sous forme d'exanthèmes (pemphigus, urticaire) ou d'inflammation des doigts. Très-souvent cette, affection se complique de névralgies d'autres nerfs, surtout de névralgie cervicale et intercostale et de névralgie sciatique. La marche, la durée et les terminaisons de la névralgie cervico-brachiale sont les mêmes que pour d'autres névralgies.
Si la névralgie brachiale a été provoquée par des lésions traumatiques des doigts, par des saignées ou d'autres influences nuisibles, le cas est éminemment favorable pour la névrotomie, surtout s'il est récent et que la névralgie n'aitpas encore eu le temps de devenir habituelle. Indépendamment des autre remèdes déjà cités l'usage interne de l'essence de térébenthine, sur lequel nous reviendrons à l'occasion de la sciatique, jouit d'une certaine réputation contre l'affection dont il est ici question.