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CHAPITRE XjV;i

Paralysies périphériques.

Sous le nom de paralysie, d'akinésie dans le domaine des nerfs cérébrospinaux, on entend l'état pathologique dans lequel les fibres nerveuses motrices ne peuvent être excitées par la volonté et dans lequel, par conséquent, les muscles ne peuvent être volontairement contractés. On ne compte pas parmi les paralysies les troubles des mouvements volontaires dus à une autre origine, par exemple ceux qui proviennent de quelque maladie des articulations et des os. Les paralysies myopathiques seront décrites plus tard.

L'histoire des paralysies dues à la destruction ou à la lésion des centres de la volonté et provenant de ce que ces centres ne peuvent plus communiquer d'impulsions motrices aux nerfs périphériques, a été donnée dans la section des maladies du cerveau. Là nous avons mentionné également les paralysies qui sont dues à des troubles généraux de la circulation et de la nutrition cérébrales et qui sont liées à la cessation de toute activité psychique, à l'abolition des idées et de la volonté elle-même qui dicte les mouvements. — 11 a été question en outre, dans la section précédente, des paralysies qui se produisent quand les fibres de la moelle épinière qui conduisent l'excitation des centres de la volonté aux nerfs moteurs, ont été détruites. — Dans la section présente, il nous reste donc à nous occuper exclusivement de cette forme de la paralysie qui se développe quand les nerfs périphériques ont été séparés du cerveau ou de la moelle épinière ou bien quand ces nerfs ont perdu leur excitabilité à la suite d'une modification de texture.

§ 1. Pathogénie et étiologie.

Assez souvent les nerfs moteurs sont séparés des organes centraux par quelque lésion extérieure. Tel est l'effet de la section des nerfs dans les opérations chirurgicales ou dans d'autres traumatismes. — Dans d'autres cas. la solution de continuité dépend des progrès d'un travail d'ulcération mi d'un autre processus destructeur qui envahit un nerf situé dans le voisinage. On peut considérer comme un prototype de cette forme la destruction du nerf facial pendant son trajet à l'aqueduc de Fallope, dans la carie du rocher. — Ce qui peut encore séparer le bout périphérique d'un nerf des organes centraux, c'est l'usure progressive d'une partie de son trajet par la pression continue d'une tumeur, d'un anévrysme, d'une exostose. — Quel-

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quefois il suffit d'une pression passagère sur un nerf pour produire un effet qui fait supposer qu'à l'endroit comprimé le nerf a éprouve une solution de continuité. Ainsi chez un homme qui tenant le bras appuyé sur le bord d'une chaise avait longtemps dormi dans cette position, Hasse vit se développer une paralysie motrice qui résista à tous les remèdes. — Dans les cas les plus rares de tous, la solution de continuité d'un nerf est le résultat d'une névrite partielle primitive.

Les modifications de texture qui, sans produire une solution de continuité, font perdre aux nerfs moteurs leur excitabilité, sont tout aussi inconnues que celles qui font perdre leur excitabilité aux nerfs sensibles. Ainsi une interruption dans l'arrivée du sang artériel supprime l'excitabilité des nerfs moteurs sans provoquer dans leur tissu des modifications appréciables. — 11 est probable, mais non prouvé, que les paralysies rhumatismales dépendent d'une hypérémie et d'un œdème du névrilème, ayant pour effet une compression des fibres nerveuses. — Le fait que les paralysies qui se montrent quelquefois à la suite de convulsions violentes sont le résultat d'efforts excessifs ou, en d'autres termes, que parfois l'extinction de l'excitabilité est la conséquence d'une excitation excessive, ce fait, disons-nous, se trouve à la vérité confirmé par les expériences physiologiques ; mais le nerf ayant ainsi perdu son excitabilité à la suite d'une excitation excessive, n'apparaît pas à nos sens sous une autre forme que le nerf encore excitable. — Il n'en est pas autrement des paralysies développées à la suite d'une pression modérée ou d'un tiraillement peu violent, paralysies qu'à raison de leur marche nous sommes forcés d'attribuer à une diminution de l'excitabilité et non à une destruction du nerf. — Enfin, nous ne connaissons pas non plus les modifications de texture des nerfs qui forment la base des paralysies dues à l'intoxication saturnine, à l'infection du sang par des miasmes, ni enfin celles qui président aux paralysies dites essentielles. (Voy. chap. xx.) La paralysie hystérique, quoique nous ne l'ayons mentionnée ni parmi les maladies du cerveau ni parmi celles de la moelle épinière, ne me semble cependant pas devoir être comptée parmi les paralysies périphériques, mais elle dépend d'une anomalie, non appréciable anatomiquement, des centres de la volonté, comme cela sera longuement développé dans le chapitre consacré à l'hystérie.

§ 2. Symptômes et marche.'

La séparation complète d'un nerf moteur des organes centraux rend impossible toute contraction des muscles auxquels il se distribue et entraîne une paralysie complète. Le même effet s'observe pour les modifications de texture qui anéantissent d'une manière absolue l'excitabilité du nerf. Si

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