‹ Traité de pathologie interne et de thérapeutiqueChapitre 140 sur 247 · CHOREK, DANSE DE SAINT-GUY · texte numérisé non relu

CHOREK, DANSE DE SAINT-GUY

grandes autorités en matière de thérapeutique. Trousseau, en effet, recommande avec instance d'administrer la morphine à doses élevées et il s'applique surtout à faire ressortir que ces choses sont remarquablement bien supportées. Par contre, l'administration delà strychnine, remède également fort recommandé par Trousseau contre la chorée, et que, d'après sa prescription, on doit donner à doses d'abord très-minimes et progressivement plus élevées jusqu'à production de quelques légers symptômes d'intoxication, a trouvé peu de partisans en Allemagne. Les rapports de Trousseau lui-même qui ne font nullement entrevoir un succès immédiat ni même rapide, ne nous encouragent pas à recourir à une médication aussi offensive. La même remarque s'applique à l'emploi sous-cutané du curare que l'on a également préconisé. Encore ce remède ne nous promet pas un succès assez certain pour que nous exposions les malades aux graves conséquences que pourrait entraîner la plus légère transgression de la dose. — Dans les cas où les vertèbres sont très-sensibles à la pression, il peut être utile d'appliquer quelques sangsues ou des ventouses et plus tard des révulsifs le long de la colonne vertébrale. Toutefois on se gardera de défigurer sans nécessité le cou des jeunes filles par des cicatrices et, par conséquent, on s'abstiendra de prescrire des frictions de pommade stibiée. Des affusions froides sur le dos, qui sont à considérer comme le révulsif cutané le plus énergique, paraissent être d'une utilité incontestable dans quelques cas, surtout quand le mal a traîné en longueur, tandis que dans d'autres cas elles n'ont fait qu'aggraver la maladie. — Un excellent palliatif, dans les formes graves de la chorée, consiste dans les inhalations de chloroforme. Des observations ultérieures devront nous apprendre si ces inhalations renouvelées pendant longtemps d'une manière régulière et sans être poussées jusqu'au narcotisme complet, ont également pour effet d'abréger la durée de la maladie. — La contention forcée des enfants par des liens et d'autres moyens, qui a été conseillée par plusieurs auteurs, devra être soumise à une épreuve rigoureuse avant d'être conseillée comme un moyen à employer sur une vaste échelle. Benedikt déclare « que dans plus de vingt [cas de chorée traités par lui à l'aide du courant constant depuis l'époque où il avait fait la première application de cette méthode, il n'avait pas enregistré un seul insuccès. » Il se sert de courants tellement faibles que les malades en ont à peine la sensation distincte et il galvanise en remontant la colonne vertébrale. Des courants qui occasionnent de la douleur ne feraient qu'exagérer, selon lui, les symptômes de la maladie. Pendant la convalescence, on essayera, en agissant avec douceur et persévérance sur le moral des enfants, de les habituer à opposer une volonté énergique aux mou\ements involontaires.

Al 2 MALADIES DU SYSTEME NERVEl'X.

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