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CHAPITRE VI Catalepsie

§ 1. Pathogénie et étiologie.

La catalepsie rentre dans la catégorie, établie par Blasius, des névroses de stabilité. Pendant l'attaque de catalepsie les membres restent dans la position qui leur a été donnée par la volonté du malade avant l'attaque, ou bien dans la position dans laquelle une main étrangère les a mis pendant l'attaque elle-même. Ils n'obéissent pas à la pesanteur et ne peuvent pas non plus être mis dans une autre position par la volonté du malade. La résistance que les membres opposent à la pesanteur prouve que les muscles sont contractés jusqu'à un certain point. Dans tous les états où il y a relâchement complet des muscles, dans la syncope, la mort, les membres,, lorsqu'on les abandonne à eux-mêmes, après les avoir soulevés, retombent en obéissant à la pesanteur. Le plus simple serait d'expliquer la position dans laquelle les membres persistent pendant l'attaque de catalepsie par la persistance de l'excitation des nerfs qui président aux contractions musculaires nécessaires pour garder la position prise. Cette explication est toutefois en contradiction avec ce phénomène que les membres, quand on les change de place, conservent la nouvelle position aussi bien qu'ils avaient conservé l'ancienne. Toutes nos observations nous défendent d'admettre que le changement de position imprimé à un membre par une main étrangère, puisse faire cesser l'excitation de certains nerfs et provoquer celle d'autres nerfs. Les cas de catalepsie n'étant pas assez nombreux pour nous permettre de prononcer à cet égard un jugement définitif, ce qui pour le moment nous semble le plus probable c'est que dans la catalepsie tous les nerfs moteurs se trouvent dans un état d'excitation moyenne, et que par l'effet de cette excitation tous les muscles du corps sont contractés à un degré suffisant pour leur permettre de résister à la pesanteur. La facilité avec laquelle la position des membres peut être modifiée (flexibilitas cerea) et cette circonstance que les membres restent fléchis si on les a mis dans la flexion, et étendus si on les a mis dans l'extension, nous permettent en outre de supposer que l'état de contraction des muscles antagonistes s'équilibre parfaitement. L'hjpothèse que l'excitation moyenne des nerfs moteurs, qui forme la base de cet état, part de la moelle épinière est la plus admissible et la plus répandue de toutes. — L'incapacité des malades de modifier par l'influence de la volonté l'état d'excitation de leurs nerfs moteurs et l'état de contraction de leurs muscles prouve l'existence simultanée d'une anomalie du cerveau.

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