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CATALEPSIE. Û

Dans les cas de catalepsie, où la conscience est complètement abolie, la volonté ne peut intervenir; dans les cas où la conscience reste intacte, les malades veulent se mouvoir, mais ne peuvent pas y parvenir, parce que l'appareil spécial du cerveau, destiné à transmettre aux nerfs moteurs l'excitation des foyers centraux des idées et des intentions est mis hors d'état de fonctionner.

Les accès de catalepsie ne sont rien moins que rares chez les aliénés, principalement chez ceux qui sont atteints de mélancolie avec stupeur. On les observe aussi chez les hystériques comme symptômes prémonitoires des attaques convulsives. De même, dans la grande chorée (chorea Germanorum), le tarantisme et dans d'autres formes convulsives plus ou moins compliquées, soit épidémiques soit endémiques, et qui ont été très justement désignées par Romberg du nom de convulsions psychiques, parce qu'elles ont leur raison d'être dans un état particulier de l'intelligence, on observe également des attaques de catalepsie à côté des convulsions. Il est très-rare que la catalepsie se rencontre comme maladie idiopathique chez des individus sains du reste. Comme causes occasionnelles de la catalepsie on cite principalement les émotions, sous l'influence desquelles nous voyons aussi chez les individus sains se développer de faibles indices de cet état morbide. Ainsi rien de plus commun que de voir les individus saisis d'une consternation ou d'une frayeur subite s'arrêter brusquement, comme pétrifiés, et baisser en l'air la main levée pendant toute la durée de l'émotion.

§ 2. Symptômes et marche.

Pour la description des symptômes et de la marche de la catalepsie comme maladie indépendante, je suis forcé de m'en rapporter exclusivement à des rapports étrangers, car tous les cas soumis à mon observation personnelle ont éveillé en moi le soupçon de la simulation. — Comme prodromes des attaques de catalepsie on cite des maux de tête, du vertige, des bourdonnements d'oreille, un sommeil agité, une grande irritabilité et d'autres troubles de l'innervation. — L'attaque elle-même vient subitement. Le malade s'arrête immobile, comme une statue, dans la position qu'il occupait au moment où l'accès est venu le surprendre ; les membres se laissent, avec quelques efforts au commencement et plus tard très-facilement, mettre dans n'importe quelle position et conservent celle position beaucoup plus longtemps qu'il ne serait possible à un homme sain de s'y maintenir. Pendant l'accès la conscience et a\ec elle la sensibilité pour les excitations venant du dehors sont complètement abolies, ou la conscience reste au contraire intacte, les irritations venant du dehors sonl perçues, mais les malades ne sont pas en étal d'indiquer par des paroles ou des mouvements

que leur conscience n'est pas altérée. Les mouvements respiratoires, l'impulsion cardiaque et le pouls sont quelquefois d'une faiblesse telle qu'on s'en aperçoit à peine. L'émission des selles et des urines est ordinairement arrêtée, la déglutition s'accomplit librement si l'on a soin de pousser le bol alimentaire bien loin en arrière dans le pharynx. Un accès de ce genre dure ordinairement quelques minutes, mais dans quelques cas rares il se prolonge pendant quelques heures et même pendant plusieurs jours. Les malades bâillent et soupirent quand l'accès arrive à sa fin et produisent absolument l'impression d'un individu qui se réveille d'un profond sommeil. Si l'accès passe rapidement et si pendant sa durée le malade a perdu connaissance, il ignore souvent qu'il vient de lui arriver quelque chose d'extraordinaire et il reprend tranquillement son occupation au point où il l'avait laissée avant le début de l'accès. Dans d'autres cas les malades restent fatigués pendant quelque temps après l'accès, ils se sentent pris de vertige et d'embarras de la tête. Souvent il n'y a qu'un seul accès; dans des cas plus rares plusieurs accès se succèdent à des intervalles plus ou moins longs. L'état général des individus n'est troublé dans ces intervalles que lorsqu'il existe des complications. — L'issue la plus fréquente de la catalepsie simple est la guérison. La crainte de voir enterrer vivants des individus dans un accès de catalepsie n'est plus justifiée de nos jours. Dans quelques cas de catalepsie le retour fréquent et la longue durée des accès paraissent avoir entraîné un marasme général et même une terminaison mortelle par épuisement et insuffisance de l'alimentation. Toutefois , il est probable que dans ces cas il ne s'agissait pas de simples catalepsies, mais de maladies compliquées.

§ 3. Traitement.

Malgré le précepte de s'abstenir d'une intervention énergique dans les attaques de catalepsie, je n'hésiterais pas de projeter pendant l'attaque de l'eau froide sur le malade, d'employer énergiqucment l'électricité et d'administrer même un vomitif si les mouvements respiratoires et le pouls n'étaient pas trop faibles. Quand l'attaque se prolonge, il peut devenir nécessaire d'alimenter les malades à l'aide de la sonde œsophagienne. Quant aux moyens à employer dans l'intervalle des accès, il n'est pas possible d'indiquer des règles déterminées, parce que le traitement doit être dirigé contre la maladie première, s'il en existe une, contre les anomalies de la nutrition ou contre les phénomènes concomitants, qui peuvent varier selon les cas particuliers.

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