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HYPOCHONDRIE

la fin cependant, surtout dans les degrés élevés de la maladie, il maigrit et prend un air cachectique ; il se développe des troubles digestifs et des anomalies dans les sécrétions. On n'est pas en droit de chercher l'explication de l'amaigrissement et des autres troubles de la nutrition qui s'observent chez les hypochondriaques dans un fonctionnement irrégulier des divers organes, dû aux sensations anormales dont ils sont le siège. Nous voyons en effet le même amaigrissement, les mêmes troubles de la nutrition se développer chez des individus que les conditions extérieures et non une maladie psychique ont jetés dans un état de découragement continu et qui n'éprouvent aucune sensation anormale dans les organes appelés à devenir malades plus tard. Du reste la manière de vivre si irrationnelle des hypochondriaques et l'abus des médicaments contribuent beaucoup au développement de la cachexie.

La marche de l'hypochondrie est toujours chronique; car le souci passager d'un individu naturellement craintif et doué d'une imagination vive, qui pour des raisons particulières s'imagine qu'il est malade ou qu'il est menacé d'une maladie, ne peut être envisagé comme une hypochondrie proprement dite. — Assez souvent l'hypochondrie se termine par la guérison, mais plus souvent encore elle persiste pendant la vie entière avec une intensité variable. L'issue mortelle est un fait exceptionnel ; néanmoins il y a des cas où l'épuisement et le marasme arrivent à un degré assez élevé pour amener la mort.

§ 3. Traitement.

Quand il s'agit de traiter un hypochondriaque, il ne sert à rien de disputer avec le malade et de chercher à lui démontrer la fausseté de ses idées. Ce n'est qu'en les délivrant du sentiment de maladie que l'on peut guérir les hypochondriaques. Il faut donc qu'avant tout on cherche à éloigner toutes les anomalies physiques que nous avons signalées comme étant des causes occasionnelles fréquentes d'hypochondrie et qui même chez les individus sains d'esprit provoquent un sentiment de maladie. Le traitement qu'il faut instituer dans ce but diffère selon le cas particulier. Si les eaux minérales de Karlsbad, de Marienbad, de Kissingen rendent souvent d'excellents services contre l'hypochondrie, cela tient sans doute principalement à l'effet favorable que ces sources produisent sur les états morbides des organes abdominaux, c'est-à-dire sur les causes occasionnelles les plus fréquentes de l'hypochondrie. Dans d'autres cas il y a lieu d'administrer du fer et les cures d'eaux minérales que nous venons de nommer ne peuvent faire que du mal; dans d'autres cas encore il faut prescrire des bains de mer et des bains de rivière. Quant aux purgatifs drastiques, dont on peut rarement se passer tout à fait dans l'hypochondrie, il faut en user avec de grandes pré-

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cautions malgré le soulagement momentané qu'ils procurent ordinairement aux malades, et il faut surtout leur recommander expressément de ne pas dépasser arbitrairement la dose prescrite comme ils n'ont que trop de tendance à le faire. 11 en est de môme de l'emploi des carminatifs que les malades réclament presque toujours avec instance. — « La tâche du traitement psychique consiste, ainsi que Romberg le dit avec beaucoup de justesse à détourner l'attention du malade de la sphère sensible sur la sphère intellectuelle et la sphère motrice. Chez les malades instruits ce but n'est pas atteint par le conseil usuel de faire de fréquentes promenades, de scier du bois, de faire de la gymnastique et de se livrer à d'autres occupations mécaniques, parce qu'une activité de ce genre ne détourne pas l'attention du malade de la sphère sensible : un négociant hypochondriaque qui scie du bois est sans doute constamment préoccupé pendant ce temps de l'idée qu'il se livre à cette occupation parce qu'il est malade. Mais malgré cela ces prescriptions, surtout celle des exercices gymnastiques énergiques, ont leur grande utilité, parce que de même que les bains froids, ils modifient profondément la nutrition et rendent au malade le sentiment de ses moyens physiques. Les distractions ont rarement un effet durable parce que le charme en est bientôt usé. Il vaut mieux recommander des voyages pour un but déterminé, ou bien l'étude d'objets attrayants. Il est évident que l'on ne peut indiquer des règles générales pour remplir la tâche dont il est ici question ; car dans un cas donné les prescriptions doivent être conçues en vue des aptitudes du malade, de son éducation et de son état de fortune.

Les modifications que la peau subit dans les maladies infectieuses aiguës «t chroniques ne seront pas passées en revue dans les chapitres qui suivent; il convient de les décrire en même temps que les autres symptômes de la rougeole, de la scarlatine, de la variole, des maladies typhiques, de la syphilis, en un mot parmi les maladies infectieuses, attendu qu'elles ne constituent qu'un des nombreux troubles de la nutrition que l'infection produit dans ces maladies.

Nous classons les maladies de la peau comme celles de tous les autres organes, d'après les modifications anatomiques qu'entraînent les processus morbides ; on retrouvera donc, dans cette section comme dans les autres, l'hypertrophie et l'atrophie, l'hypérémie et l'anémie, les hémorrhagies et les inflammations, les néoplasmes et les parasites. Mais, comme nous sommes en état d'observer plus exactement dans la peau qu'ailleurs les différences d'intensité et d'extension des modifications pathologiques, et, comme en outre nous pouvons constater ici directement certaines anomalies de sécrétion, non accompagnées de modifications de texture appréciables, nous sommes naturellement forcés d'admettre pour les maladies de la peau des divisions beaucoup plus nombreuses que pour celles d'autres organes. — Quant à l'habitude de désigner les maladies de la peau sous d'autres noms que ceux que l'on donne aux troubles analogues de la nutrition dans d'autres organes, nous sommes obligé de nous y conformer jusqu'à un certain point en ajoutant le nom usuel à la dénomination analoino-patholopque. Nous ne mentionnerons qu'en passant la séparation si peu pratique et souvent si illogique des différentes formes morbides en innombrablessous-divisions.

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