HYPERTROPHIE DE LA PEAU
du tissu cicatriciel, c'est l'affection connue sous le nom de kèloide. — C'est d'une hypertrophie diffuse de la peau et du tissu conjonctif sous-cutané que dépend la pachydermie ou Y éléphantiasis des Arabes, dont nous parlerons plus longuement au second chapitre.
Le développement hypertrophique des capillaires cutanés, auquel correspond parfois une hypertrophie du tissu conjonctif, donne lieu à des taches et à des tumeurs d'une couleur rouge ou bleu rouge, qui ont reçu le nom de téléangiectasies. Elles sont tantôt congénitales (narvi vasculaires), tantôt acquises peu de temps après la naissance. Il y a lieu de distinguer deux formes de téléangiectasies : celles qui restent stationnaires après avoir atteint une certaine dimension, et celles qui s'étendent de plus en plus loin et qui entraînent d'abondantes hémorrhagies par la déchirure des capillaires, qui finissent par se dilater à un point extraordinaire.
Le développement hypertrophique des poils et des follicules cutanés, à des endroits circonscrits de la surface du corps, complique d'une manière presque constante les anomalies de nutrition qui forment la base de la plupart des nœvi materai. Le développement extraordinairement précoce des poils de la barbe et des parties génitales, et l'état velu du corps entier ou de quelques-unes de ses parties ordinairement dépourvues de poils, sans complication d'autres anomalies, sont à compter parmi les curiosités de la nature. — L'hypertrophie et la dilatation des follicules pileux et l'accumulation, dans leur intérieur, de plaques épithéliales et de corpuscules ronds ayant le brillant de la graisse, donnent lieu à l'affection connue sous le nom de molluscum contagiosum (epithelioma molluscum, Virchow). Les tumeurs couvertes au commencement d'une peau normale, ayant à peine l'épaisseur d'un pois, grandissent plus tard, tandis que la peau qui les recouvre est tendue, rougie et rétractée en entonnoir par le milieu. Tout autour, il se développe de nouvelles nodosités ; de telle sorte que de grandes surfaces cutanées finissent souvent par être couvertes de tumeurs de molluscum. Cette marche progressive et la transmission bien constatée de la maladie d'individu à individu prouvent que l'affection est contagieuse de sa nature. Ce sont les globules d'apparence graisseuse que nous avons mentionnés plus haut qui paraissent être les véhicules du contagium.