CHAPITRE
Dcrniatitc superficielle à marelle aiguë, avec* formation de groupes de vésicules. — Herpès.
§ 1. PATIIOGÉNIE ET ËTIOLOGIE.
L'herpès se rattache étroitement à l'érysipèle en ce sens qu'il représente comme ce dernier une dermatite aiguë, provoquée par des causes inconnues; mais ce qui le différencie de l'érysipèle, ce sont d'une part ses limites tranchées, et d'autre part le siège exclusif de la maladie dans les couches les plus superficielles de la peau. Hébra définit les différentes espèces d'herpès de la manière suivante : « C'est une série de maladies de la peau caractérisées par une marche aiguë et typique, et dans lesquelles il se produit un exsudât qui se réunit sous forme de gouttelettes sous l'épidémie, soulève ce dernier et constitue des vésicules qui ne sont jamais isolées, mais constamment disposées par groupes. » Ces vésicules ont une forme et des dimensions à peu près égales, elles sont d'une durée assez courte, les groupes ne naissent pas simultanément, mais dans l'espace de quelques jours, ce qui fait qu'à côté de groupes plus anciens, déjà en voie d'évolution régressive, on en rencontre d'autres plus récents et en voie de formation. — Très-souvent on observe dans le cours de pneumonies croupales, de fièvres intermittentes, de méningites cérébro-spinales épidémiques, de fièvres éphémères et d'autres maladies fébriles, une production de vésicules d'herpès dans la face, surtout sur les lèvres, que l'on désigne fréquemment sous le nom à'hydroa febrilis ; dans d'autres maladies, et en particulier dans la fièvre typhoïde, ce phénomène ne se rencontre presque jamais. Depuis un temps immémorial, on considère la manifestation de l'herpès dans la face, en cas de maladie fébrile, comme un signe favorable pour le pronostic, peut-être uniquement parce que les maladies dans lesquelles on observe ce symptôme se terminent plus souvent par la guérison que les maladies dans lesquelles l'herpès ne se présente pas ou ne se présente qu'exceptionnellement. Mais ce n'est pas seulement dans le cours d'autres maladies, mais encore chez les individus parfaitement bien portants, que l'on peut observer des éruptions herpétiques.
Pour l'herpès zona ou zoster, on peut considérer comme démontré qu'il dépend d'une affection des fibres tropbiques qui, dans les mêmes nerfs, accompagnent les fibres sensibles et motrices.. L'hypothèse que toutes les espèces d'herpès ont une origine pareille : que, par exemple, l'herpès la-
bialis provient de l'état morbide d'un petit ramuscule nerveux, a besoin de confirmation.
§ 2. Symptômes et marche.
Selon le siège de l'herpès, on distingue premièrement Yherpês labialis,. qui a son siège aux lèvres et s'étend assez souvent à la muqueuse de la bouche; si les groupes de vésicules occupent une autre partie de la face, surtout les joues et les paupières, la maladie porte le nom d'herpès phlyctenoides. Hébra propose de désigner sous le nom commun d'herpès facialis toutes les formes qui occupent le visage. On distingue, en outre, un herpès prœputialis que l'on ferait mieux d'appeler herpès pudendalis, vu qu'il n'occupe pas exclusivement le prépuce, mais encore d'autres endroits des parties génitales externes; enfin l'herpès zoster ou zona, qui montre un mode d'extension très - caractéristique , correspondant au trajet des nerfs cutanés. Quand le zona occupe le thorax, les groupes vésiculeux forment une bande assez large, souvent interrompue en certains endroits, qui, prenant son point de départ d'une vertèbre et suivant la direction d'un espace intercostal, s'étend presque toujours, d'un côté seulement, vers le sternum. — Quand le zona a son siège à l'abdomen, les groupes de vésicules présentent une direction pareille à celle du zona de la poitrine et s'étendent d'une vertèbre lombaire à la ligne médiane et au mont de Vénus; s'il a son siège à la nuque, il forme tantôt un demi-collier, tantôt les groupes de vésicules se dirigent en bas, vers la seconde côte. Le zona de la face suit ordinairement la direction du nerf facial et s'étend sur la joue, jusqu'au dos du nez; le zona du cuir chevelu suit le trajet du nerf frontal et passe sur le front et le sinciput, ou bien il suit le trajet du nerf occipital et s'étend sur l'occiput; enfin, dans le zona brachial ou fémoral, l'éruption vésiculeuse suit le trajet des nerfs fournis par les plexus brachial, sciatique ou crural. — Dans toutes les espèces d'herpès, l'affection commence par la sensation d'une douleur brûlante, ordinairement d'une intensité modérée, à l'endroit correspondant. Après un temps assez court, on remarque en cet endroit de nombreux points rouges qui se réunissent en une tache rouge d'une configuration irrégulière, et se couvrent bientôt après, ordinairement le lendemain, de petites vésicules d'une limpidité parfaite. Le contenu des vésicules, dont la grandeur dépasse rarement celle d'une lentille ou de la moitié d'un pois, présente ordinairement un trouble laiteux dès le second ou le troisième jour, ou prend une teinte rougeâtre, due à un mélange de sang. Le troisième ou le quatrième jour, les vésicules commencent à se ratatiner, et les jours suivants leur contenu et leurs parois se dessèchent en croûtes brunâtres. 10 ou 15 jours après la première éruption, ces croûtes se détachent et