‹ Traité de pathologie interne et de thérapeutiqueChapitre 165 sur 247 · HERPES · texte numérisé non relu

HERPES

laissent à leur suite une tache rose couverte d'une mince couche d'épiderme et qui persiste pendant un certain temps. Les douleurs brûlantes, peu intenses, qui existent au commencement de la maladie, se dissipent ordinairement dès que les vésicules commencent à se ratatiner. Le zona est quelquefois accompagné d'un état fébrile, et, dans quelques cas rares, cette fièvre précède l'éruption vésiculeuse comme elle peut précéder dans l'érysipèle l'infiltration inflammatoire du derme. Les autres formes de l'herpès ne sont accompagnées d'aucune fièvre, ou du moins la fièvre qui peut exister ne dépend pas de l'herpès, mais de la maladie première à laquelle l'herpès, surtout Y herpès faciuîis, est venu se joindre. — Indépendamment des formes que nous venons de citer, on distingue encore un herpès circiné et un herpès iris. La base de la classification admise pour ces espèces n'est pas, comme pour les formes mentionnées jusqu'à présent, l'endroit atteint, mais le groupement des vésicules. Ce groupement est parfaitement analogue à celui du groupement des petites nodosités de l'érythème circiné et de l'érythème iris. Dans l'herpès circiné, les vésicules, disposées en anneau autour d'un centre sain, et du reste plus petites que dans les autres formes de l'herpès, ont une durée de huit à quinze jours et ne se terminent pas toujours par des croûtes, mais souvent aussi par la résorption de leur contenu, suivie d'une desquamation de l'épidémie. Dans l'herpès iris, le centre du cercle ou de plusieurs cercles concentriques, dont les vésicules présentent différentes phases d'évolution, renferme encore quelques vésicules isolées. Du reste, l'herpès circiné et l'herpès iris sont liés le plus souvent, sinon toujours, à la présence de parasites végétaux.

§ 3. Traitement.

Les diverses formes d'herpès suivant une marche déterminée et disparaissant après une courte durée, sans laisser de suites fâcheuses, et d'un autre côté, les douleurs et les embarras qui en résultent étant très-insignifiants, il y a lieu de suivre la méthode expectante pour le traitement des éruptions herpétiques. Il suffit de protéger les vésicules et les croûtes qui résultent de leur dessiccation du frottement et d'autres causes d'irritation. Dans l'herpès zoster, qui de tous est le plus exposé au frottement, il faut couvrir les éruptions de ouate, qu'on laisse en place, comme s'il s'agissait d'une brûlure légère. C'est Y herpès prœputialis qui demande avant tout une conduite expectante; la guérison spontanée des excoriations qui restent sous le prépuce après la rupture des vésicules, est la meilleure garantie qu'on ne s'est |>;is trompé dans le diagnostic et qu'en effet il s'agit d'un literpès et non d'un chancre Dans les cas récents, le diagnostic est facile, [tarée que la réunion, par groupes, de vésicules nombreuses est caractéristique pour

l'herpès, et parce que les excoriations qui restent immédiatement après la rupture montrent par leur forme qu'elles proviennent d'un groupe de vésicules plus ou moins nombreuses. Mais quand les excoriations ont duré plus longtemps, et surtout quand le patient, inquiet, les a touchées avec le nitrate d'argent, le diagnostic devient plus difficile, et il faut l'observation de la marche de la maladie pour le fixer d'une manière définitive. Si les excoriations guérissent en peu de jours, ou du moins dans l'espace d'une semaine, sans autre remède que d'interposer une ou deux fois par jour, entre le gland et le prépuce, un simple linge fin imbibé d'eau, on peut exclura le chancre en toute certitude.

Page 1