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et les orteils, le traitement de Hebra par l'onguent de diaehylon rend d'excellents services. On prépare cet onguent en faisant fondre à une douce chaleur l'emplâtre de diaehylon; puis on y ajoute, à poids égal, de l'huile de lin et on fait bien remuer le mélange après refroidissement. On peut aussi faire la prescription suivante. Prenez : huile d'olives fine, 150 grammes; litharge, /i0 grammes. Faites cuire jusqu'à consistance molle; puis ajoutez : essence de lavande, 2 grammes, pour faire un onguent. On fait avec l'onguent de diaehylon deux ou trois frictions par jour sur l'endroit malade, ou bien on en enduit, ce qui est préférable, de petits linges avec ^squels on couvre la partie malade. Un moyen fort à recommander contre les eczémas très-étendus, accompagnés d'une forte démangeaison, c'est la douche en pluie ou en arrosoir. Il y a des malades qui ne supportent absolument pas les remèdes irritants que nous mentionnerons plus loin. D'après la prescription de Hebra, il faut leur appliquer la douche en arrosoir au moins deux à trois fois par jour, dans un local chauffé, et chaque fois pendant au moins dix à quinze minutes. On guérit assez souvent de cette manière, quoiqu'en général il faille continuer longtemps l'emploi de la douche, les eczémas les plus opiniâtres qui jusque-là avaient résisté à tout autre mode de traitement. Un appareil convenable pour les douches peut être construit à peu de frais. Au lieu de la douche froide, on peut employer des compresses froides pour les eczémas partiels qui ne supportent pas les moyens irritants, surtout lorsque ces eczémas sont récents. — Si l'eczéma est invétéré, et avant tout si le parenchyme du derme a pris part à l'affection de la surface, si la peau a une consistance ferme et s'il est difficile de la soulever et de former un pli, on est souvent forcé d'employer les remèdes qui, à raison de la modification énergique qu'ils impriment à la nutrition de la peau, jouent un grand rôle dans le traitement de presque toutes les affections cutanées invétérées. L'expérience nous apprend que, parmi ces remèdes, les préparations sulfureuses sont ceux qui conviennent le moins, qu'elles ne sont utiles que dans quelques cas rares (d'après Hebra, surtout dans l'eczéma marginatum), et que le plus souvent elles sont directement nuisibles. Par contre, le savon noir, le goudron et la potasse caustique rendent des services excellents dans les eczémas anciens, accompagnés d'une forte infiltration du derme ; nous rapporterons donc en résumé les prescriptions données par Hebra sur la manière d'employer ces remèdes. Avec le savon noir, on frictionne une'ou deux fois par jour la partie malade, ou bien on en enduit de petites pièces de flanelle avec lesquelles on couvre l'eczéma, en ayant soin de renouveler ces applications deux fois par jour. On continue ainsi pendant 'trois à six jours; ensuite on arrête, mais sans éloigner de la peau la pommade qui reste de la dernière friction ou les compresses. Encore trois jours plus tard on prescrit aux malades un bain et on suspend alors le traitement pendant un jour. On répète ce procédé jusqu'à ce que toute
infiltration ait disparu et que la sécrétion soit arrêtée. A ce moment, c'està-dire quand l'eczéma humide s'est transformé en un eczéma sec et squameux, Hebra fait remplacer le savon noir par le goudron. Parmi les différentes espèces de goudron, Hebra préfère le goudron tiré du bouleau (oleum Busci) qui, de toutes, a l'odeur la moins désagréable, et l'huile de cade, qu'on retire du bois de juniperus oxycedrus, au goudron ordinaire, retiré du pin et du sapin, et qui est aussi connu sous le nom de poix liquide. Depuis des années, j'emploie au lieu de goudron pur ou de pommades au goudron, une solution de goudron dans l'alcool (goudron, alcool : ââ; ou bien : goudron, savon noir : âà 15 grammes, alcool, 30 grammes). Cette solution répond à tous les besoins, est beaucoup plus commode à employer que le goudron pur ou les pommades goudronnées et se laisse enlever bien plus facilement de la peau que ces dernières. Les frictions avec la solution de goudron doivent être répétées une fois par jour jusqu'au moment où l'enduit brun qui se forme n'est plus éliminé peu de temps après, mais adhère pendant plusieurs jours, et laisse apercevoir après sa chute, au lieu d'une tache rouge, la coloration normale de la peau. Tant que l'enduit de (goudron se détache rapidement et que la peau se montre rouge au-dessous , le processus pathologique n'est pas arrivé à son terme. Si l'usage externe du goudron est généralement bien supporté, il n'en est pas moins vrai que chez quelques malades il se produit dès les premières frictions des inflammations intenses de la peau qui rendent impossible la continuation du traitement. Plus souvent encore, il arrive qu'après des frictions longtemps continuées de goudron sur de vastes surfaces cutanées l'interruption du traitement est rendue nécessaire par les symptômes d'une irritation violente du canal intestinal et des reins : vomissements, diarrhée, émission d'une urine noirâtre ayant une odeur de goudron très-prononcée, qui se manifeste surtout après l'addition [de quelques gouttes d'acide sulfurique, fièvre, embarras de la tête, etc. — S'il y a des eczémas qui ne permettent pas l'emploi du savon noir et du goudron, il y en a d'autres dans lesquels ce traitement, quoique supporté par les malades, ne conduit pas au résultat voulu. C'est dans ce cas qu'il y a lieu de cautériser la surface malade avec une solution concentrée de potasse caustique (U grammes sur 8 grammes d'eau). Les cautérisations ne doivent être faites qu'une -fois par semaine. Pour les faire, on passe rapidement un pinceau de charpie imbibé de la solution sur la surface malade, que l'on fait ensuite couvrir de compresses froides pour apaiser les très-fortes douleurs que cette opération fait naitre. Les eczémas, même les plus invétérés, guérissent ordinairement après la cinquième ou la sixième application de cette solution caustique.
On se demande finalement si dans les cas où le traitement local délivre les malades de leur affection, sans les mettre toutefois à l'abri des récidives, on doit se borner exclusivement à ce traitement, ou bien si l'on doit join-
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dre dans ces cas au traitement local un traitement général, en supposant même qu'on n'ait pu découvrir ni anomalie de constitution, ni scrofulose, ni rachitisme, ni maladie consécutive à de longues dyspepsies ou à des troubles menstruels. Hebra se prononce énergiquement contre une telle manière d'agir; mais Veiel, qui attache au traitement local tout autant d'importance que Hebra, y joint, même en l'absence d'une anomalie de constitution bien évidente, l'administration de tisanes purgatives et d'iodure de potassium à doses croissantes. Les résultats obtenus dans l'établissement de Veiel sont très-brillants. Ajoutez à cela que le chef d'une maison de santé a l'occasion de suivre ses malades et de contrôler leur état ultérieur, parce que la plupart d'entre eux retournent au même établissement en cas de récidive.
Pour ma part, je crois qu'il est non-seulement permis, 'mais indiqué d'urgence, dans tous les cas où, malgré toutes les précautions prises pour éviter les moindres causes d'irritation cutanée, un eczéma récidive sans cesse, d'associer un traitement général au traitement local. Il y a bien peu de profit poulies malades à être renvoyés guéris de l'hôpital pour y retourner peu de semaines après avec le même mal. On n'a pas besoin de chercher longtemps pour trouver des exemples innombrables d'individus qui, tout en s'étant soumis au traitement des médecins les plus renommés et connaissant parfaitement les nouvelles méthodes de traitement des maladies cutanées, ont passé cependant bien des années tantôt à souffrir d'un eczéma, tantôt à suivre un traitement, et qui souvent n'ont été délivrés de leur affection que pour un temps assez court pendant cette longue période. Pour le traitement général de ces eczémas qui dépendent d'une diathèse herpétique, il est impossible de donner des règles applicables à tous les cas ; mais dans un cas donné, il n'est pas toujours bien difficile de trouver un traitement convenable, parce que l'individualité, l'état de la nutrition, la manière de vivre des malades fournissent des points de repère qui permettent de trouver les moyens à employer pour modifier la constitution d'une manière efficace et sans faire du mal. 11 serait fort à regretter que la conviction d'une utilité purement palliative de la méthode de Hebra, telle qu'on a pu la constater chez beaucoup de malades, ramenât le? hommes de l'art à la vieille routine, qui consistait à traiter tous les eczémas par l'administration méthodique de forts purgatifs; mais je ne crains pas de dire que je considère comme absolument fausse l'assertion de Hebra que, « dans les eczémas chroniques, l'administration exclusive des purgatifs n'est jamais utile et fait souvent du mal. » Si l'on a affaire à un eczéma chronique chez un malade qui se distingue par un fort embonpoint, qui mange et boit plus que l'usure modérée de son corps ne l'exige, et qui a une préférence pour les aliments gras et pour ceuv qui sont riches en substances produisant de la graisse, on guérira eel individu plus rapidement, et l;i jmérison sera plus stable, si on le sou-
met à un traitement méthodique par les purgatifs et si on règle convenablement son régime, que si l'on se borne à un traitement purement local, sans s'inquiéter du régime suivi par le malade pendant et après le traitement. Chez ces personnes, j'emploie même assez souvent, si l'eczéma est très-étendu, la décoction de Zittmann, malgré l'absurde composition de ce remède, et j'agis ainsi parce que les malades suivent avec une ponctualité presque superstitieuse les préceptes qui se rattachent à son emploi. — Mais les eczémas habituels se rencontrent également chez des personnes dont l'individualité est précisément l'opposé de celle que nous venons de décrire, et qui, sans être véritablement malades, sont mal nourries et excessivement maigres. Si l'on voulait prescrire à ces personnes des purgatifs et restreindre leur alimentation, on ne ferait qu'empirer le mal. A ces individus il convient de prescrire un régime qui augmente l'apport et diminue la dépense, et, en fait de médicaments, l'huile de foie de morue et autres remèdes analogues. — Ces indications peuvent suffire. Je me laisserais entraîner trop loin si j'allais examiner au long toutes les indications ressortant de l'individualité du malade quant au traitement interne qui doit être associé au traitement externe.