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CHAPITRE II

Hcinoa-rkagies rénales .

§ 1. Pathogénie et étiologie.

Les hémorrhagies des reins sont dues : 1° à des plaies, à des contusions et à d'autres lésions traumatiques des reins. Le plus souvent ces organes sont blessés par des calculs renfermés dans les bassinets. Rayer raconte le cas d'un malade, porteur de calculs dans le bassinet, qui avait chaque fois des hématuries quand il montait à cheval. — Dans d'autres cas, on voit survenir des hémorrhagies rénales : 2° à la suite de la rupture des capillaires trop' distendus par une hypérémie excessive, et avant tout dans les formes qui accompagnent la première période de la néphrite, dans celles qui se développent par l'usage des diurétiques irritants, de même que dans celles qui compliquent les cas graves de fièvre scarlatine, de petite vérole, de typhus, de fièvre paludéenne et d'autres maladies infectieuses. L'hypérémie qui se montre à l'entour des parasites et des néoplasmes, surtout des carcinomes du rein, donne très-souvent lieu à des hémorrhagies rénales. Enfin, les degrés élevés des hypérémies passives qui accompagnent les affections du cœur et des poumons, sont fréquemment suivis d'une extravasation du sangdes capillaires. — Rarement les hémorrhagies rénales dépendent, 3° d'une diathése hémorrhagique, ce trouble inconnu de la nutrition des parois vasculaires qui forme la base des symptômes observés dans le scorbut et le purpura haemorrhagica. Enfin, k°, on observe clans certaines contrées tropicales, surtout à l'île de France, au Brésil, etc., des hémorrhagies rénales d'une manière endémique, sans qu'on en connaisse la cause.

Il existe une forme particulière d'hémorrhagie des reins, l'infarctus hémorrhagique, qui se développe sous l'influence des mêmes conditions que l'infarctus hémorrhagique de la rate ; dans beaucoup de cas, mais non dans ous, on peut ramener cette lésion à l'embolie. (Voy. vol. I.)

L'apoplexie rénale proprement dite se montre le plus souveir. après des lésions traumatiques graves, mais quelquefois aussi, surtout chez les enfants, à la suite d'une hypérémie très-considérable. (Rokitansky.)

HEMORRHAGIES RENALES.

Anatomie pathologique.

Dans les hémorrhagies rénales, le sang peut être versé dans les interstices normaux des éléments du parenchyme, sans que la nutrition de ce dernier en souffre. De cette façon il se forme des ecchymoses, des taches d'un rouge foncé plus ou moins grandes, dont on voit sortir du sang quand on y fait une incision. Elles se trouvent soit au-dessous de l'enveloppe fibreuse, soit dans le parenchyme même du rein. Dans la variole et les affections analogues, on rencontre habituellement, à côté des ecchymoses dans le tissu rénal, le bassinet d'une couleur rouge foncé uniforme et considérablement épaissi (infiltration hémorrhagique) et la surface en est rugueuse.

V infarctus hémorrhagique se présente, quand il est récent, sous la forme de foyers denses, d'un rouge foncé, coniques, le sommet du cône dirigé vers le hile du rein. Avec le temps, le foyer se décolore à partir du centre et se transforme en une masse jaune, caséeuse, ou bien il se désagrège et il se forme un abcès rénal à contenu jaune, puriforme, qui au début ne renferme que des masses de détritus, auxquelles viennent s'ajouter plus tard des corpuscules de pus. Finalement, ces masses caséeuses ou purulentes se résorbent aussi, et la place de l'ancien infarctus est indiquée par une rétraction cicatricielle persistante.

V apoplexie rénale a son siège le plus fréquent dans la substance médullaire, elle forme dans le parenchyme déchiré des foyers de différente grandeur, qui renferment en partie du sang coagulé, en partie les débris écrasés et broyés des canalicules urinifères. Il parait du reste que les foyers apoplectiques, après leur transformation graisseuse et la résorption de leur contenu, peuvent guérir, comme les infarctus hémorrhagiques, en laissant une cicatrice rétractée.

Quant au sang versé dans les canalicules urinifères, une partie se coagule et forme des cylindres qui sont tout parsemés de globules sanguins. Comme résidus d'anciennes hémorrhagies, on rencontre quelquefois dans les canalicules urinifères et dans les capsules de Malpighi un pigment granulé.

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