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de la période d'éruption ; car dans la plupart des cas l'exanthème est le plus intense précisément au moment où son éruption est terminée, et le plus souvent il se met à pâlir lentement déjà au bout de vingt-quatre heures. La fièvre qui, en général, est arrivée à son summum d'intensité, aussitôt que l'éruption est arrivée à son terme, se modère promptement et se perd quelquefois si complètement pendant la période d'état, que les parents ont de la peine à retenir au lit les petits patients encore couverts de taches rouges, qui se sentent fort à l'aise et reprennent déjà leur ancienne pétulance. Les phénomènes catarrhaux persistent, il est vrai, pendant la période d'état; mais leur intensité est déjà fort diminuée; la photophobie est moindre, la sécrétion de la muqueuse nasale plus rare et plus épaisse, l'éternument se répète moins souvent, la voix est moins rauque, la toux plus grasse, et les enfants d'un certain âge, qui n'avalent plus leurs crachats, rejettent des quantités plus ou moins grandes de matières muco-purulentes (crachats cuits). Le troisième ou le quatrième jour après leur apparition, les taches de rougeole, surtout celles qui se sont développées les premières, ont généralement déjà pâli d'une manière fort évidente; les jours suivants, les taches qui se sont montrées plus tard pâlissent à leur tour et s'effacent en laissant à leur suite une teinte jaune clair de la peau, qui ne se dissipe qu'après un temps plus ou moins long.
La quatrième période de la rougeole, la période de desquamation, succède, dans les cas bénins, ordinairement vers le huitième ou le neuvième jour de la maladie, à la période d'état. A cette époque, les taches de rougeole sont en général complètement dissipées, et aux endroits où elles avaient leur siège, on remarque une desquamation furfuracée de l'épidémie. Dans les cas où une moiteur continue a pour effet de ramollir et de macérer les lamelles détachées de l'épidémie, cette desquamation n'est pas aussi apparente que lorsque la peau est sèche ; voilà pourquoi on l'aperçoit moins aux endroits maintenus sous les couvertures qu'à la face, au cou et aux mains. La fièvre a presque toujours disparu dans la période de desquamation ; le catarrhe, à son tour, disparaît peu à peu, et vers le quatorzième jour de la maladie ou un peu plus tard la desquamation est terminée et avec elle le processus morbilleux a parcouru ses périodes.
Dans un grand nombre de cas, la maladie suit la marche que nous venons de décrire, sauf quelques modifications insignifiantes. Les cas dans lesquels on n'observe rien qui s'écarte d'une manière essentielle de la marche à peu près normale delà maladie, dans lesquels aucun phénomène extraordinaire n'accompagne les différentes périodes de la rougeole, sont généralement désignés sous le nom de rougeole vulgaire, simple ou éréthique.
bans d'autres cas, connus sous les noms de rougeole inflammatoire ou srjnochale, l'apparition de l'exanthème est signalée par des symptômes violents; les taches, serrées les unes contre les' autres et confluant entre elles, ne
commencent pas à pâlir dès les premières vingt-quatre heures, mais prennent au bout de ce temps une teinte plus foncée et restent apparentes pendant cinq à six jours. Quelquefois l'exanthème prend une couleur -violette ou bleuâtre et ne disparaît pas sous la pression du doigt. Ce phénomène dépend d'une déchirure partielle des capillaires gorgés de sang et peut être comparé aux hémorrhagies qui se produisent également dans d'autres affections inflammatoires. Ce qui prouve la justesse de cette manière de voir, c'est que la forme de la rougeole hémorrhagique dont il est ici question se distingue ordinairement par une marche bénigne et ne se complique nullement des symptômes d'une dissolution du sang. Les phénomènes fébriles qui accompagnent la rougeole dite inflammatoire ou synochale ont, en effet, de la ressemblance avec les phénomènes fébriles que l'on observe ordinairement dans le cours des inflammations aiguës. L'activité du cœur est augmentée, les carotides battent avec force, le pouls est fort et plein, sa fréquence est augmentée, mais non excessive, la température du corps s'élève peu au delà de U0°. De mênle que l'exanthème, les phénomènes qui se produisent sur les muqueuses se distinguent dans la rougeole synochale par une intensité et une extension plus grandes. Tant que l'exanthème est en pleine efflorescence, la photophobie, le coryza et la toux se maintiennent également au même niveau. C'est encore dans cette forme que l'on voit surtout la laryngite croupale se manifester au lieu de la laryngite catarrhale, l'inflammation des voies aériennes se propager jusque sur les alvéoles pulmonaires, et quelquefois même la muqueuse gastro-intestinale être envahie par le catarrhe (rougeole gastrique). Si une toux rauque et aboyante et la dyspnée qui caractérise la laryngite croupale se déclarent dans la période d'état de la rougeole, l'état des malades est loin d'offrir aussi peu de danger que si les mêmes symptômes accompagnent la période prodromale de cette affection ; au contraire, la maladie prend très-facilement dans ces cas une tonrnure fâcheuse, la dyspnée augmente, la respiration devient incomplète, les enfants s'affaissent, l'exanthème disparaît en même temps que la turgescence de la peau, ou bien il n'en reste que des taches bleues, ne disparaissant pas sous la pression du doigt, si des hémorrhagies dans le tissu du derme coïncidaient avec l'éruption. Quant aux modifications que l'extension du catarrhe aux dernières ramifications bronchiques imprime au tableau de la rougeole synochale, nous renvoyons le lecteur au premier volume, où nous avons décrit les symptômes de la bronchite capillaire et signalé les dangers de cette complication, surtout chez les enfants. — De même, les symptômes du collapsus pulmonaire et de la pneumonie catarrhale, tels que nous les avons également décrits au premier volume, nous permettront de juger dans quels cas nous devons croire à une complication de la rougeole par ces maladies. C'est précisément aux nombreuses observations de collapsus pulmonaire et de pneumonie catarrhale qui se présentent dans les vastes épidémies de
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rougeole que nous devons nos connaissances plus approfondies sur l'anatomie pathologique et la symptomatologie de ces deux affections. — Une maladie qui vient compliquer la rougeole synoehale beaucoup plus rarement que la pneumonie catarrhale, c'est la pneumonie farineuse, qui ne frappe ordinairement qu'un seul côte, tandis que la pneumonie catarrhale est presque toujours double ; de plus, la fièvre qui accompagne la pneumonie fibrineuse se distingue par l'uniformité de sa marche et de sa durée et sa brusque disparition, tandis que celle qui accompagne la pneumonie catarrhale prend ordinairement une marche traînante et se perd insensiblement. Les complications que nous venons de nommer modifient d'une manière notable la marche de la fièvre qui accompagne la rougeole. C'est ce qui s'applique avant tout aux processus pneumoniques. Tandis que dans la rougeole non compliquée la fièvre, arrivée au point culminant qu'elle atteint au summum de l'éruption, décroît régulièrement et souvent avec une trèsgrande rapidité, elle peut atteindre son plus haut niveau beaucoup plus tard, lorsqu'il y a complication de pneumonie catarrhale ou eroupale. — Lorsque, dans une rougeole compliquée d'affection grave des organes respiratoires, l'insuffisance de la respiration ou l'exagération de la fièvre entraîne l'affaissement des malades, l'éruption pâlit et peut disparaître entièrement en très-peu de temps. Ce phénomène est souvent mal interprété, la rétrocession de l'éruption étant considérée comme la cause et non comme la conséquence de la grave atteinte de l'état général et des phénomènes dangereux offerts par les organes respiratoires.
On cite enfin une troisième forme, la rougeole asthéniquc, typhique ou septique. Dans cette forme, éminemment maligne, de la maladie, le danger ne consiste pas dans l'extension de l'affection sur les petites bronches ou dans des complications fâcheuses, mais dans l'influence pernicieuse que l'intoxication morbilleuse exerce sur l'ensemble de l'organisme. La rougeole a cela de commun avec la plupart des autres maladies infectieuses aiguës, que les épidémies qui se produisent à différentes époques diffèrent extrêmement sous le rapport des troubles que l'infection fait subir à l'état général. Un médecin qui n'a observé que des épidémies de rougeole éréthique ou synoehale, telles qu'en Allemagne au moins elles ont exclusivement régné dans ces dix dernières années, peut facilement se laisser aller à croire qu'une intoxication morbilleuse altère peu l'ensemble de l'organisme. Mais cette opinion ne résistera pas à la première observation de cas de rougeole asthénique ou septique. Déjà, pendant la période prodromale, le pouls, d'abord plein et vigoureux, peut devenir petit, faible et d'une fréquence extraordinaire -, l'affaissement des malades peut devenir extrême, le sensorium s'embarrasser, La langue devenir sèche et croùteuse, cl même il peut arriver que les malades succombent aux progrès de la prostration, quelquefois interrompue par des attaques d'éclampsie, avant même que l'exanthème soit devenu bien
apparent. Dans d'autres cas, cet ensemble de phénomènes typhoïdes, auquel s'ajoutent souvent des épistaxis fréquentes, ne se déclare qu'après l'éruption de l'exanthème ou n'atteint qu'à ce moment un niveau dangereux. L'exanthème, dont l'apparition se fait ordinairement d'une manière irrégulière, est tantôt d'un rouge pâle, tantôt d'un violet bleuâtre par l'effet de l'hémorrhagie qui se fait en même temps dans le tissu du derme ; quelquefois des pétéchies se montrent entre les taches de rougeole proprement dites, ou bien il reste des tâches bleuâtres après que l'exanthème a rapidement disparu. Chez la plupart des malades, le pouls devient petit et très-difficile à compter, les extrémités se refroidissent malgré la chaleur brûlante du tronc, et ils meurent au milieu des phénomènes soporeux accompagnés ou non de convulsions générales. — Les observations faites jusqu'à présent ne permettent pas de décider sûrement siPadynamie et la paralysie générale qui se déclarent dans le cours de la rougeole, et qui donnent lieu à la forme dite asthénique, typhique ou septique de cette maladie, sont la conséquence directe de l'intoxication du sang, ou bien si elles dépendent de l'extrême élévation de température qui se produit à la suite de l'infection. Ce qui parle en faveur de cette dernière hypothèse, c'est que dans le cours de maladies non infectieuses, le pouls devient également petit et faible aussitôt que la température du corps a dépassé un certain niveau, et que dans ces conditions on voit aussi apparaître les mêmes phénomènes typhoïdes. Un deuxième fait, également favorable à l'hypothèse en question, c'est que les remèdes qui abaissent la température du corps exercent une influence notoirement favorable sur ces phénomènes.
La toux, lorsqu'elle persiste pendant la période de desquamation, forme une transition aux maladies consécutives à la rougeole ; il n'est pas rare, en effet, que cette toux persiste encore pendant des semaines et des mois après le renouvellement de 1'épiderme et que les causes les plus insignifiantes suffisent pour l'exaspérer. Dans beaucoup de cas cette toux paraît dépendre d'un simple catarrhe bronchique, et ce qui en fait l'opiniâtreté et les exarcerbatioris temporaires, c'est la vulnérabilité plus grande- de la muqueuse bronchique ou la sensibilité exagérée de la peau extérieure, qui peuvent survivre à la rougeole ; mais dans d'autres cas cette toux est d'une signification plus fâcheuse et dépend d'une grave maladie pulmonaire. Il est parfaitement constaté aujourd'hui que la rougeole laisse très-souvent à sa suite une phthisie pulmonaire, et qu'à raison de ce fait, après une épidémie étendue de rougeole, la mortalité parmi les enfants est généralement plus grande pendant un certain nombre d'années qu'à d'autres époques. Par contre, je considère comme très-sujette à caution l'opinion ordinaire d'après laquelle la phthisie pulmonaire chronique, dont la rougeole est si souvent le point de départ, serait due constamment ou principalement à un dépôt de tubercules qui se ferait dans le poumon ou au ramollissement de tubercules existant déjà dans
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le poumon. La plupart des cas de phthisie pulmonaire chez les enfants ne sont pas dus, en effet, au dépôt ni au ramollissement de tubercules miliaires, mais à la transformation caséeuse et à la fonte de foyers pneumoniques lobulaires, ordinairement compliqués d'une dégénération caséeuse des glandes bronchiques. Or, comme les pneumonies lobulaires comptent parmi les complications les plus fréquentes de la rougeole, il semble très-naturel d'attribuer la fréquence de la phthisie pulmonaire, comme maladie consécutive à la rougeole, aux métamorphoses ultérieures de ces foyers inflammatoires non résorbés. Je n'entends nullement dire par là qu'une tuberculose pulmonaire proprement dite ne puisse jamais figurer parmi les maladies consécutives à la rougeole, et cela d'autant moins que j'ai vu moi-même plusieurs fois une tuberculose miliaire aiguë succéder immédiatement à la rougeole, mais je veux seulement dire que, dans la grande majorité des cas, la phthisie pulmonaire consécutive à la rougeole dépend d'une pneumonie chronique destructive. Outre le catarrhe chronique des bronches et la phthisie pulmonaire simple, nous aurons à mentionner parmi les maladies consécutives à la rougeole toute la série des affections scrofuleuses, telles qu'ophthalmies, otorrhée, rhinite chronique, gonflements ganglionnaires, inflammations chroniques du périoste et des articulations. Toujours est-il que fort souvent des enfants, qui n'avaient présenté aucun symptôme de scrofulose, mettent de longues années à traverser les différentes phases de cette anomalie chronique de la nutrition, une fois qu'ils ont contracté la rougeole. Parmi les maladies heureusement assez rares qui peuvent succédera la rougeole, il nous reste à mentionner la gangrène des grandes lèvres et la gangrène de la bouche, le noma, qui se montre déjà dans la période de desquamation , et la diphthérite de la muqueuse buccale , autrement dit la stomacace.
§ lx. Traitement.
En fait de mesures prophylactiques, la seule efficace consiste à isoler sévèrement les individus sains et n'ayant jamais encore eu la maladie de ceux chez lesquels la rougeole a déjà éclaté, aussi bien que de ceux que l'on soupçonne simplement de se trouver dans la période prodromale. Si l'on veut préserver les enfants de la contagion, il est indispensable de les tenir éloignés de l'école ; ce qui vaut encore mieux, c'est de leur faire quitter la localité infectée pour tout le temps que dure l'épidémie. Évidemment, on n'a recours à ces mesures que lorsqu'il s'agit d'une de ce ces épidémies rares qui se distinguent par leur malignité et leur mortalité extraordinaires; si les épidémies sont bénignes, on se dispensera de les employer pour la raison très-simple que presque tous les hommes contractent tôt ou tard la rougeole. — La rougeole inoculée n'étant pas plus bénigne que la rougeole
spontanée, et les épidémies malignes régnant fort rarement, l'inoculation de la rougeole pendant le règne d'épidémies bénignes n'a pas trouvé de partisans. Lorsque la rougeole a éclaté chez un individu, on doit se rappeler que nous ne possédons aucun moyen qui nous permette d'abréger la durée de la maladie, et, en outre., que les remèdes à l'aide desquels on a l'habitude de combattre les différents symptômes de la rougeole sont, non-seulement peu sûrs, mais exercent souvent aussi une influence fâcheuse sur la marche de la maladie, — enfin, que la rougeole guérit complètement dans l'immense majorité des cas sans aucune espèce de traitement. Si l'on est bien pénétré de ces faits, on s'abstiendra de prescrire des remèdes inutiles et souvent nuisibles : à beaucoup d'individus atteintsde rougeole, et peut-être à la plupart d'entre eux, on ne prescrira aucun médicament, et l'on se contentera de leur recommander un régime convenable, se réservant d'agir avec énergie quand un véritable danger viendra menacer le malade. 11 faut avant tout maintenir autour de l'enfant, pendant toute la durée de la rougeole, une température égale, pas trop élevée. Le médecin doit exiger que la température de l'appartement soit réglée au thermomètre et non d'aprèsla sensation de chaleur toute subjectivedes personnes qui entourent le malade. Cette température doit être de 13 à 15° Réaumur. — Il faut, en outre, aérer journellement la chambre du malade, en ayant soin de lui couvrir pendant cette opération la tête et la face d'un drap léger et d'entourer le lit d'un paravent. — L'usage, fort répandu autrefois, de laisser les individus atteints de rougeole, pendant au moins quinze jours, sans les laver et sans renouveler leur linge, a été avec raison abandonné de nos jours, parce que l'on est arrivé à se convaincre que quelquefois l'exanthème rentre malgré ce manque de soins de propreté, mais que le plus souvent une toilette minutieusement renouvelée tous les jours ne le fait pas rentrer. Cependant, un tort tout aussi grave que les exagérations dont nous venons de parler serait de négliger les précautions indispensables pour laver le malade et renouveler son linge de corps. Ces deux opérations doivent être faites rapidement et sans que le malade soit découvert plus qu'il ne faut. L'eau tiède doit être préférée à l'eau froide ou trop chaude pour le laver. Le linge de corps et les draps ne doivent pas être mis en contact avec la peau du malade en sortant de l'armoire ; mais on aura soin d'abord de les chauffer et de les bassiner convenablement, ou mieux encore de les donner en usage pour une nuit à une personne saine avant de s'en servir pour le malade. — La clarté de l'appartement doit être modérément diminuée à raison de la conjonctivite et la photophobie. Si l'on pousse cette précaution à l'excès en mettant aux fenêtres d'épais rideaux verts, on fait empirer l'affection des yeux ; car, dans ce cas, les malades sont éblouis et péniblement affectés toutes les fois que la porte s'ouvre et que la lumière pénètre dans l'appartement. — Dans la période prodromale, aussi bien que pendant la période d'éruption, il y a lieu de soumettre le malade
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à la diète absolue : tout au plus pourra-t-on permettre un peu de soupe maigre, un peu de pain de gruau et quelques fruits cuits en cas de constipation. Si la fièvre se perd dans la période d'état, on peut accorder du bouillon et du lait, et revenir peu à peu au régime habituel pendant la période de desquamation. Comme boisson, on peut donner sans inconvénient de l'eau pure qu'on a laissée séjourner pendant quelque temps dans la chambre ; car jamais cette permission n'a été suivie du moindre accident, jamais les différents symptômes de la maladie n'en ont été, ne serait-ce que temporairement, aggravés. Il est, au contraire, cruel et même nuisible de refuser aux malades consumés par la fièvre et la soif le seul soulagement qu'ils réclament et de les forcer à boire au lieu d'eau fraîche de l'eau chaude ou des infusions chaudes. Les boissons édulcoréessont parfaitement inutiles; car elles répugnent bientôt au malade et ne modèrent nullement la toux comme bien des personnes se l'imaginent. — Le temps que les malades doivent passer au lit ou dans la chambre ne peut être fixé, comme on a l'habitude de faire, à un nombre de jours ou de semaines déterminé ; il faut, au contraire, insister à maintenir les individus au lit aussi longtemps qu'existe le plus léger symptôme de fièvre, pendant toute la durée de la desquamation, et tant que le catarrhe morbilleux n'est pas entièrement passé, que les quinze jours et les six semaines ordinairement de rigueur, les premiers pour le séjour au lit, les secondes pour le séjour dans l'appartement soient passés ou non. Même lorsque les malades sont complètement guéris, le médecin doit les surveiller pendant plusieurs semaines et combattre avec la plus grande sollicitude la toux la plus légère et la plus insignifiante en apparence. Parmi les accidents qui, dans le cours de la rougeole, réclament une intervention énergique, la plupart des auteurs citent toujours encore en première ligne la rétrocession de l'exanthème dont le rappel est considéré par eux comme la tâche la plus importante de la thérapeutique. Nous n'hé~ sitons pas, pour notre part, à déclarer que, formuler une indication pareille, c'est tenir une conduite aussi peu scientifique que dangereuse pour le malade. Le danger consiste ici dans la facilité avec laquelle on se laisse aller à des mesures qui ont une influence fâcheuse sur la marche de la maladie. La prétendue rétrocession de l'exanthème est, d'après ce que nous avons eu l'occasion de dire antérieurement, non la cause, mais l'effet d'une aggravation survenue dans le cours de la maladie, et ce qui l'amène, c'est le collapsus général du malade, auquel la peau prend part comme le reste de l'organisme ; or cette aggravatiou a généralement sa raison d'être, comme cela a été dit également plus haut, dans le développement de complications, surtout de pneumonies lobulaires. Si l'on ignore ces faits, qu'on frotte la peau avec des teintures et des liniments irritants, qu'on plonge le sujet dans un bain chaud additionné de farine de moutarde ou de potasse caustique, OU qu'on l'enveloppe de draps imbibés d'une décoction chaude de farine de
moutarde pour rappeler l'éruption, on fera souvent beaucoup de mal, en supposant même que ce but soit momentanémeni atteint, et cela pour la raison très-simple que les procédés qui viennent d'être mentionnés ont une influence fâcheuse sur la pneumonie et la plupart des autres complications et qu'elles exagèrent la fièvre. — Parmi les symptômes de la période prodromale, les accès d'enrouement, d'aphonie et de dyspnée intense, qui surviennent principalement pendant le sommeil, réclament les mêmes prescriptions que nous avons recommandées pour ces accès, loisqu'ils se présentent chez les enfants dans le cours de catarrhes laryngés simples, à savoir avant tout : des vomitifs, des éponges trempées dans l'eau chaude qu'on fait appliquer sur le cou et des boissons chaudes prises en abondance (vol. 1). Si la toux est extraordinairement violente et opiniâtre, on fait bien de donner 25 à 50 centigrammes de poudre Dower le soir aux adultes, et de donner aux enfants, pour lesquels les préparations opiacées sont dangereuses, surtout quand ils ont de la fièvre, de petites doses d'extrait de laitue vireuse ou une infusion faible d'ipécacuanha (20 centigrammes sur 120 grammes d'eau, avec 15 grammes de sirop). — Si la fièvre montre dans la période d'éruption et dans la période d'état un caractère synochal, il n'y a pas d'objections à faire contre l'administration du nitrate de soude, quoique certainement on parvienne rarement à prévenir par cette prescription des complications inflammatoires. Un remède qui demande de plus grandes précautions, c'est l'administration du tartre stibié, parce que de forts vomissements et une diarrhée abondante sont nuisibles pour les enfants atteints de rougeole, et entraînent facilement un affaissement subit qui peut même se produire, chez les individus atteints de rougeole dite inflammatoire. — La laryngite et la pneumonie qui compliquent la rougeole sont à traiter selon les règles exposées pour le traitement des formes primitives de ces inflammations, quoique ici les chances de succès soient beaucoup moindres ; il en est de même des autres complications de la rougeole. Les prescriptions les plus usuelles contre la rougeole asthénique, typhoïde etseptique sont les décoctions de quinquina, les acides minéraux et les médicaments stimulants. Dans ces derniers temps, je n'ai pas eu l'occasion d'observer cette forme de rougeole maligne ; mais si l'on venait à découvrir que la température du corps atteint dans son cours un niveau extraordinaire, l'expérience que j'ai acquise dans les formes analogues d'autres maladies infectieuses, ne me permettrait pas d'hésiter d'envelopper les malades, même dans la rougeole, de draps humides et froids, en ayant soin de renouveler ces applications à de courts intervalles, et d'administrer la quinine à haute dose.