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V. — Affections syphilitiques des muqueuses

Après la peau, ce sont les muqueuses qui deviennent le plus fréquemment le siège d'affections syphilitiques; mais ces membranes sont loin d'être atteintes avec une fréquence égale. C'est avant tout sur le revêtement muqueux de la cavité buccale et pharyngienne du nez et du larynx et, en second lieu, sur la muqueuse du rectum que la syphilis a le plus de tendance à se localiser.

La forme la plus légère des affections syphilitiques des muqueuses et en même temps celle qui succède le plus promptement à l'affection primitive, c'est le catarrhe syphilitique. Dans un cas donné, il est loin d'être toujours facile de distinguer le catarrhe déterminé par la syphilis d'un catarrhe provoqué par d'autres causes. Une rougeur très-foncée, même bleuâtre, une

délimitation très-nette entre les endroits malades et les endroits sains, un trouble laiteux du revêtement épithélial constituent des symptômes suspects, il est vrai, mais nullement pathognomoniques. Dans la plupart des *;as, le diagnostic se fonde principalement sur les anamnestiques, sur la coïncidence d'autres affections syphilitiques, surtout d'une tuméfaction des, ganglions lymphatiques et d'exanthèmes maculeux ou papuleux, enfin sur l'opiniâtre résistance que le catarrhe oppose à tout traitement non spécifique et sur sa prompte disparition sous l'influence des mercuriaux.

Parmi les symptômes les plus communs et également très-précoces de la vérole, il faut compter les papules muqueuses syphilitiques et leurs terminaisons en condylomes ou bien en érosions et en ulcères. Leur mode de production est le suivant : un endroit arrondi,, ayant à peu près les dimensions «l'un pois, s'élève un peu au-dessus du niveau des parties environnantes, devient plus résistant et parait légèrement rougi. Si, à ce moment, il ne se fait pas une évolution régressive, sous l'influence d'un traitement convenable, l'épithélium qui couvre cette nodosité plate se trouble et prend un aspect laiteux ou nacré. Après l'élimination de l'épaisse couche épithéliale, il reste une érosion d'un rouge vif, légèrement saignante. Celle-ci se transforme en un ulcère à fond inégal et gris blanc, dû à une fonte moléculaire on bien il se développe, sous l'influence d'une végétation augmentée et «i une formation de fibrilles de tissu conjonctif, des condylomes ou plaques muqueuses. Nous avons longuement décrit au premier volume les papules muqueuses et les ulcères et condylomes qui en procèdent dans la cavité bucco-pharyngienne et dans le larynx. Les affections syphilitiques du rectuin s'observent rarement à leur début. Ici les ulcères issus des papules muqueuses offrent une grande ressemblance avec les ulcères dysentériques ; il -en est de même des cicatrices que ces ulcères laissent à leur suite. Ce qui facilite jusqu'à un certain point la distinction, c'est le siège des ulcères et des rétrécissements cicatriciels qui peuvent en être le résultat, les lésions syphilitiques se trouvant ordinairement dans le renflement du rectum ou à J'anus même, et les lésions dysentériques dans l'S iliaque.

Lesgwrames ou syphilomes noueux des muqueuses sont de même nature et •so-développent de la même manière que ceux du derme. Il se forme dans le tissu de la muqueuse une petite nodosité de la dimension d'un plomb de «•liasse, qui grandit insensiblement et s'élève au-dessus du niveau de la mu- «jucuse. Si cette nodosité n'est pas résorbée à la suite d'un traitement rationnel, la nodosité se ramollit, perfore la couche épithéliale et se transforme en ulcère. Les gommes syphilitiques peuvent entraîner de vastes destructions du nez, du palais, des organes de l' arrière-bouche, du larynx. Il n'est pas rare que la destruction s'empare du tissu sous-muqueux, des cartitilages, du périoste et des os. \près la guérison, on observe souvent des rétrécissements cicatriciels.

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