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VIII. — Sarcoccle syphilitique

Sous l'influence de l'infection syphilitique, il se développe quelquefois une affection inflammatoire du testicule, qui se distingue des autres formes de l'orchite par certaines particularités, notamment par son siège et sa marche longue. L'affection a pour point de départ la tunique albuginée et ses prolongements, et entraîne une prolifération inflammatoire de jeunes cellules et de jeune tissu conjonctif à la face interne de l'albuginée et entre les canalicules séniinifères. Sous la pression de ce néoplasme, qui plus tard £.e

rétracte et prend une consistance ferme et calleuse, la substance glandulaire proprement dite s'atrophie. Indépendamment de cette orchite syphilitique simple, il existe une deuxième forme qui se distingue par des nodosités dures, sèches, d'un blanc jaunâtre et de structure homogène, qui se développent dans le testicule malade à côté de cette végétation de la tunique albuginée. Yirchow appelle la première forme l' orchite syphilitique simple, la seconde l'orchite gommeuse. Wagner croit que le syphilome noueux qui correspond aux tumeurs gommeuses ne diffère pas essentiellement du syphilome diffus. D'après sa manière de voir, la première forme représente le syphilome infiltré, la seconde, le syphilome noueux du testicule. — Les symptômes du sarcocèle syphilitique sont un agrandissement lentement progressif de l'un ou de l'autre testicule, agrandissement qui se développe sans donner lieu à aucune douleur ou qui occasionne de temps en temps des douleurs lancinantes. Le testicule prend alors une dureté remarquable, perd sa forme régulière et peut acquérir le volume du poing. Assez souvent, le sarcocèle se complique d'un épanchement séreux dans la tunique vaginale. Dans quelques cas, le processus, après avoir fait de grands progrès dans un testicule, envahit également l'autre. — Enfin, Virchow distingue encore une périorchite syphilitique; celle-ci peut, d'après lui, se manifester sous la forme d'une hydrocèle, mais provoque ordinairement bientôt des épaississements de la tunique albuginée et de la tunique vaginale, et des adhérences ou des synéchies complètes de ces membranes.

IX. — Affections syphilitiques du tissu conjonctif, des muscles et des viscères.

Dans le tissu conjonctif sous-cutané et sous-muqueux, ainsi que dans les interstices des muscles, on trouve, en cas de syphilis invétérée, des tumeurs qui offrent les particularités antérieurement décrites du tubercule ou gomme syphilitique (Yirchow). Ces tumeurs subissent quelquefois une évolution régressive, lorsqu'elles sont soumises à un traitement convenable; dans d'autres cas, elles passent à la suppuration et entraînent des abcès et des ulcères opiniâtres.

A leur tour, les muscles, surtout ceux des extrémités supérieures, du cou et de la nuque, deviennent parfois le siège de troubles nutritifs de nature syphilitique. Virchow distingue une forme simple et une forme gommeuse de l'inflammation syphilitique des muscles. La première dépend d'une hyperplasie du tissu interstitiel, donnant lieu au développement d'un tissu conjonctif induré,, pendant que les faisceaux musculaires primitifs disparaissent par une sorte d'atrophie. Dans la dernière, il se produit dans les muscles des tumeurs d'un volume souvent considérable et qui, sur une surface de section, présentent l'aspect de foyers blancs, tirant sur le rouge ou

ïe jaune, légèrement striés, ordinairement un peu humides. L'examen microscopique révèle un état granuleux du tissu conjonctif intramusculaire, ■dû au développement de cellules fines, subissant bientôt la dégénérescence graisseuse, par l'effet de laquelle les cellules périssent et ne. laissent à leur suite qu'une masse finement granulée, très-riche en graisse et d'apparence amorphe. — Des foyers semblables se rencontrent quelquefois dans les muscles du cœur ; il n'est pas impossible que certains cas de dégénérescence calleuse, partielle, de la chair cardiaque, ne soient que les résidus d'une myocardite gommeuse d'origine syphilitique.

En fait d'affections syphilitiques des organes internes, nous avons longuement décrit l'hépatite syphilitique. — Wagner et d'autres observateurs ont trouvé des affections syphilitiques en tout point semblables à celles du foie et entraînant, soit des épaississements de l'enveloppe, soit des indurations diffuses du tissu, dans la rate, dans les reins et même dans le pancréas. Déjà Dittrich avait observé le développement d'affections syphilitiques du poumon •sous forme d' épaississements tubéreux, d'une consistance très-ferme et -d'une couleur blanche ou bien noirâtre par l'effet d'un dépôt de pigment, •épaississements qui renferment des foyers secs et caséeux. Indépendamment ■de ces pneumonies gommeuses, il paraît qu'il existe encore des pneumonies interstitielles syphilitiques simples, n'entraînant que des indurations. La question de savoir si une affection pulmonaire est de nature syphilitique ou non peut être très-difficile et même impossible à résoudre. — Les encéphalopathies syphilitiques consistent parfois en inflammations chroniques des méninges, pouvant envahir soit la dure-mère sous forme de pachyméningite •externe (endocranitis) ou interne, soit l'arachnoïde, soit enfin la pie-mère, et qui tantôt circonscrites, tantôt diffuses, peuvent entraîner entre autres symptômes la paralysie de tel ou tel nerf cérébral. Quelquefois aussi ce sont des affections syphilitiques limitées à un foyer cérébral et que l'on avait confondues autrefois avec des collections purulentes épaissies et surtout avec des tubercules caséeux (voy. Les maladies du cerveau).

Il résulte de cette courte énumération des affections syphilitiques des différents tissus et organes que la localisation de la syphilis constitutionnelle •est beaucoup plus variée qu'on ne l'avait autrefois supposé, et que l'opinion -exprimée par Wagner, d'après laquelle le syphilome se rencontrerait dans tous les tissus et organes parcourus par des vaisseaux, est pleinement justifiée.

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