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LA MORVE CHEZ L'HOMME

laires peuvent souvent faire prendre la maladie pour un rhumatisme, elles peuvent, d'un autre coté, lorsqu'on les rattache à des commémoratifs suspects, permettre de saisir de honne heure la vraie signification de l'état général.

Après que la première période a duré plus ou moins longtemps, assez souvent trois à quatre semaines et même au delà, ces symptômes ayant présenté, soit une exacerbalion continue, soit une diminution de plus en plus marquée, jusqu'à disparaître presque complètement, la maladie entre dans la seconde période, période de localisation morbide ou d'éruption. Dans cette seconde période, le tableau de la maladie présente diverses modifications, suivant que cette dernière se localise dans telle ou telle partie. Si, à l'état de morve, dans un sens restreint, elle envahit de préférence la muqueuse nasale, il se développe sur la peau du nez et de ses environs une inflammation érysipélateuse ; le nez, les paupières, le front enflent, deviennent d'un rouge foncé, se couvrent de bulles ou de taches bleuâtres, signes avantcoureurs d'une gangrène cutanée. Les malades, pendant ce temps, ne peuvent pas respirer par le nez, et il s'écoule par les narines d'abord un liquide rare, ténu et mêlé de stries de sang, plus tard une sanie fétide; si le malade est couché sur le dos, la sécrétion se rend par les fosses nasales postérieures dans le pharynx et excite le malade à expectorer et à tousser. La muqueuse buccale, le voile du palais, les amygdales sont également attaqués par la salive et se montrent d'un rouge foncé et couverts d'eschares ou d'ulcères. — A côté de ces phénomènes de la morve ou bien, si la muqueuse nasale reste épargnée, sans eux, on observe le plus souvent des modifications caractéristiques dans la peau, que l'on considérait autrefois comme un exanthème pustuleux, jusqu'à ce que Yirchow eût démontré que dans les pustules morveuses il ne s'agit pas d'un soulèvement bulleux de f épidémie par un exsudât déposé à la surface du derme, mais d'une destruction circonscrite de ce dernier, au-dessus de laquelle l'épidémie reste intact pendant un certain temps. Au commencement, les endroits malades de la peau sont, d'après Yirchow, fortement rougis et très-petits, presque comme des morsures de puces, plus tard, ils se transforment en papules : plus tard encore les petites élevures prennent un aspect pustuleux et l'on trouve sous l'épidémie un liquide jaune, assez consistant, qui comble une lacune du derme. Le contenu des pustules morveuses, qui se rencontrent souvent en nombre immense sur la peau, devient quelquefois sanguinolent et se dessèche plus tard en petites croûtes brunes ou noirâtres. — Outre ces éruptions disséminées, Yirchow décrit des agglomérations plus grandes de boulons farcineux, situés plus profondément dans la peau cl correspondant à des gonflements plus grands, plais, durs et rouges, uu-dessus desquels l'épidémie se soulè\e plus tard en bulles bleuâtres, dues à un épanchemenl hémorrhagique. Mèine la couche supérieure du derme qui couvre ces agglomérations s'infiltre

d'un exsudai h émorrhagique interstitiel et se réduit plus tard eu un détritus pulpeux. — Les boutons farcineux du tissu sous-cutané et des muscles sont tantôt accompagnés d'une infiltration inflammatoire étendue du tissu environnant et donnant alors lieu aux phénomènes d'un phlegmon diffus, tantôt ils représentent des tumeurs circonscrites fermes ou pâteuses, n'occasionnant aucune douleur, et pouvant se développer d'une manière tout à fait latente. Quelquefois, le contenu de ces boutons se résorbe, plus souvent la peau qui les couvre s'ulcère ou subit une espèce de fonte gangreneuse et il se forme des destructions étendues allant en profondeur jusqu'à l'os. — La participation du poumon et de la muqueuse bronchique à l'affection se trahit par la dyspnée, la toux et des râles. La petitesse des foyers ne permet pas de les découvrir à l'examen physique. Plus les phénomènes morbides que nous venons d'énuinérer se développent simultanément en grand nombre et plus ils font de progrès rapides , plus le malade , présentant les signes d'une adynamie extrême et d'un état typhoïde ou d'une fièvre putride, succombe promptement à cette maladie qui, jusqu'à présent, s'est constamment terminée par la mort. La mort peut survenir déjà au bout de quelques jours, tandis que, dans d'autres cas, la maladie traîne jusque dans le troisième septénaire.

Dans la morve et le farcin chroniques les troubles nutritifs sus-mentionnés de la muqueuse nasale, du tissu conjonctif sous-cutané et des muscles se développent plus lentement et en plus petit nombre que dans les formes aiguës que l'on rencontre beaucoup plus fréquemment. La peau reste ordinairement épargnée; par contre, le poumon et la muqueuse bronchique s'affectent de bonne heure. Assez souvent il arrive que l'éruption se fait par poussées, séparées par des intervalles libres, et l'on considère la maladie comme éteinte jusqu'au moment ou un abcès froid ou une autre éruption se reproduit. La plupart des malades succombent encore, dans un état de marasme à la morve et au farcin chroniques, et l'on n'a rapporté qu'un bien petit nombre de cas où la maladie se serait terminée par la guérison.

§ L\. Traitement.

Une des lâches les plus importantes de la police sanitaire consiste à restreindre autant que possible, par des arrêtés sévères, les chances de transmission du virus d'animaux morveux ou farcineux à l'homme. Cette prophylaxie, qui n'est pas de notre ressort, peut seule donner des résultats certains, tandis que dans les cas où la légèreté et l'égoïsme font éluder les prescriptions d'hygiène publique souvent les plus grandes précautions sont impuissantes à prévenir un malheur. — Ce n'est qu'immédiatement après

RAGE, HYDROPHOBIE, LYSSA. 881

l'action du virus sur une plaie, que l'on peut espérer prévenir l'infection générale en cautérisant énergiquement le lieu d'inoculation. — Les remèdes proposés contre la morve et le farcin confirmés, le calomel à haute dose, les préparations iodées, la solution arsenicale de Fowler, les injections d'une solution concentrée de créosote dans le nez ou un traitement hydrothérapique énergique, sont restés sans effet d'après l'expérience faite jusqu'à présent. Ce qui convient le mieux, c'est un traitement symptomatique qui doit avoir en vue aussi bien les troubles locaux que la fièvre et l'état des forces du malade.

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