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CHAPITRE III

3BalacHc de WerBhof. — l'tirpura hœmon-hagica.

§ 1. Pathogénie et étiologie.

La maladie de Werlhof se rattache au scorbut en ce sens que les phénomènes qui la caractérisent dépendent également d'un épanchement de sang par les capillaires de la peau et des muqueuses; par contre, les hémorrhagies capillaires ne sont accompagnées, dans la maladie de Werlhof, ni de l'affection particulière de la bouche ni des exsudations caractéristiques dans le tissu sous-cutané et intermusculaire, ni des inflammations hémorrhagiques des membranes séreuses, qui constituent, comme nous l'avons vu, les autres symptômes du scorbut.

Les causes de ia fragilité des capillaires, dans la maladie de Werlhof, sont obscures. L'extension des hémorrhagïes capillaires aux différentes régions du corps et la fréquence de la maladie chez les individus faibles, chez les convalescents de maladies graves, chez les individus qui habitent des logements bas et humides et qui vivent en général dans de mauvaises conditions, font supposer, il est vrai, que l'état morbide des parois capillaires dépend de leur nutrition défectueuse par des matériaux insuffisants ou défectueux ; mais d'un autre côté nous voyons aussi que des individus robustes et bien constitués, qui vivent dans les conditions les plus favorables et chez lesquels rien ne peut faire soupçouner une anomalie, quelconque de la crase sanguine, peuvent également contracter cette affection.

§ 2. Symptômes et marche.

Dans un certain nombre de cas, l'apparition de nombreuses taches de purpura sur la peau est le premier symptôme de la maladie de Werlhof; dans d'autres cas, les hémorrhagies de la peau sont précédées, pendant quelques jours ou quelques semaines, de légers troubles digestifs, d'un dérangement de l'état général, de faiblesse et d'abattement, mais jamais de ces signes de cachexie grave qui se manifestent quelquefois au début du scorbut. Les taches du purpura sont ordinairement petites, mais très-nombreuses. Leur siège le plus commun est aux extrémités et au tronc; cependant la face peut également être couverte de pétéchics nombreuses. A mesure que les premières taches deviennent vertes et jaunes, il en vient de nouvelles d'un rouge sanguin. Dans quelques cas, il se produit des hémor-

rhagies par la surface libre, phénomène que l'on ne peut cependant pas appeler une sueur de sang. Sur les muqueuses visibles, surtout de la bouche et du pharynx, on remarque également très-souvent de petites ecchymoses pointillées. Beaucoup plus souvent que dans le scorbut, on observe des épistaxis abondantes, des vomissements de sang, des hémorrhagies alvines, des hématuries. Lorsque la maladie attaque des individus auparavant sains et robustes, que les pertes sanguines par les muqueuses ne se répètent pas trop souvent, l'état général, souvent parfaitement intact des malades, offre un singulier contraste avec les signes objectifs. Des hémorrhagies très-abondantes, qui se répètent fréquemment, peuvent être suivies d'une anémie intense, d'une tendance aux syncopes, d'hydropisie et même de mort. Toutefois, cette terminaison est rare chez les individus qui n'ont pas été malades auparavant. Le plus souvent, la maladie se termine par la guérison après quinze jours, un mois au plus.

§ 3. Traitement.

Le traitement généralement mis en usage contre le purpura hœmorrhagica, consiste dans l'administration, déjà recommandée par Werlhof lui-même, de l'acide sulfuiïque et des préparations de quinquina. Bien qu'il ne soit pas prouvé que ce traitement exerce une influence bien essentielle sur la marche de la maladie, il n'en est pas moins vrai que l'on fait bien de ne pas pousser le scepticisme trop loin, mais de prescrire, pendant les premiers jours de la maladie, l'acide sulfurique dilué ou l'élixir acide de Haller, dix à douze gouttes toutes les deux heures, dans un véhicule mucilagineux, et plus tard une décoction de quinquina additionnée d'acide sulfurique. S'il survient une épistaxis abondante, et qu'on ne parvienne pas promptement à l'arrêter par l'emploi du froid, on ne doit pas hésiter à pratiquer le tamponnement, parce que ordinairement l'hémorrhagie devient d'autant plus opiniâtre qu'elle est plus prolongée. Contre l'hématémèse on prescrira des pilules de glace, le petit-lait à l'alun et les compresses froides sur le ventre, contre l'hématurie le tannin à haute dose. Si le malade a perdu beaucoup de sang, il faut le maintenir constamment dans le décubitus horizontal pour lui éviter les syncopes.

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