CONCRÉTIONS PIERREUSES DANS LES BASSINETS, CALCULS RENAUX
Dans beaucoup de cas les concrétions pierreuses dans les bassinets ne déterminent aucun symptôme. Assez souvent, en effet, on voit de petits graviers provenant sûrement du bassinet être expulsés avec l'urine sans que les malades aient accusé la moindre'incommodité avant leur évacuation. — Dans d'autres cas il se déclare des hémorrhagies rénales dont le retour périodique, surtout après de forts ébranlements du corps, doit toujours éveiller le soupçon de l'existence de calculs rénaux: dans d'autres cas encore, des symptômes de pyélile calculeuse. (Voy. ch. n.) Quelques malades accusent une sensation de pesanteur et, pendant ou après des ébranlements du corps, des douleurs assez sensibles dans la région rénale, douleurs qui s'irradient le long des uretères vers la vessie et les testicules. Ce symptôme, lorsqu'il existe seul, ne nous autorise nullement à supposer que des concrétions pierreuses se forment ou se sont formées dans le bassinet, attendu que sa signification est extrêmement variée; mais la probabilité de ce fait devient plus grande quand les douleurs s'exaspèrent de temps à autre, accompagnées d'un léger mouvement fébrile, et quand, après ces exacerbations, on rencontre dans l'urine des sédiments granuleux ou bien de petits coagulums fibrineux incrustés de petits dépôts cristallins et renfermant dans leur intérieur des corpuscules sanguins isolés, ou bien enfin des concrétions tout achevées. Dans deux cas soumis à mon observation, il s'agissait d'établir s'il existait des concrétions pierreuses dans les bassinets, le diagnostic gagna beaucoup en précision par les circonstances suivantes : En examinant quelques flocons qui nageaient dans l'urine, claire du reste, on découvrit des groupes de cellules épithéliales, non désagrégées, ayant la forme caractéristique des épithéliums du bassinet ; ces cellules ne présentaient pas trace de métamorphose graisseuse, avaient des contours nets et renfermaient un noyau très-distinct : il devenait donc probable qu'elles avaient été arrachées par une force mécanique.
Le passage des calculs par les uretères, du bassinet à la vessie, est quelquefois accompagné d'un ensemble de symptômes caractéristiques auquel on a donné le nom de colique néphrétique. Des coagulums sanguins et des parasites qui passent par les uretères peuvent, il est vrai, également amener une colique néphrétique, et il n'est pas impossible non plus, quoique trèsçeu probable, que les symptômes en question puissent quelquefois être déterminés par un spasme de l'uretère; mais tous ces cas sont d'une rareté infinie comparativement à ceux où ces symptômes sont provoqués par des calculs; aussi croyons-nous devoir décrire dans ce chapitre plutôt qu'ailleurs la colique néphrétique. On ne s'explique pas pourquoi des calculs assez volumineux traversent quelquefois les uretères sans déterminer les sym- [itmnes d'une colique néphrétique tandis que d'autres fois de petites concrétions provoquent les plus vives douleurs. Dans ces derniers cas, on ne leur trouve pas toujours une surface rugueuse et inégale, comme on l'a préten,du.
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— La colique néphrétique consiste en une douleur immense qui se déclare subitement sans cause connue ou à la suite d'un ébranlement du corps, douleur qui s'étend du rein à la vessie et s'irradie dans le testicule et dans la cuisse du côté malade. Ces douleurs sont accompagnées d'une angoisse indicible, les malades se lamentent, se jettent de côté et d'autre, se tordent, leur visage pâlit, se couvre d'une sueur froide, le pouls devient petit, les mains et les pieds se refroidissent. Les urines sont très-rares malgré un besoin continuel d'uriner. Aux douleurs atroces et aux phénomènes de dépression nerveuse se joignent presque toujours des nausées et des vomissements, et c'est précisément là le symptôme qui contribue souvent à faire méconnaître la maladie et à la faire confondre avec des coliques hépatiques ou avec des entéralgies, c'est-à-dire des coliques proprement dites. Chez les individus très-irritables il peut se déclarer des convulsions générales qui sont à considérer comme des phénomènes réflexes. — Quelquefois les malades sont soulagés par des rémissions passagères bientôt suivies d'exacerbations nouvelles et violentes. Dans d'autres cas les douleurs augmentent progressivement, puis tout à coup, elles cessent aussi rapidement qu'elles se sont déclarées et se trouvent remplacées par un bien-être parfait, à moins que la concrétion n'occasionne de nouveaux accidents par son séjour dans la vessie. — L'accès que nous venons de décrire peut se dissiper au bout de quelques heures et dure rarement plus de vingt-quatre heures. Malgré l'apparence menaçante des symptômes on peut dire que jamais la vie n'est mise en danger par la colique néphrétique. — Un cas qui ne se présente pas très-souvent est celui d'une amélioration incomplète, d'une diminution des douleurs qui ne disparaissent pas entièrement, les symptômes de la pyélite venant se rattacher à ceux de la colique néphrétique.
§ 4. Traitement.
Évidemment il ne peut être question de soumettre à un traitement les infarctus uriques, calcaires, etc. — Quand il sera question du traitement des calculs vésicaux, nous discuterons les moyens conseillés théoriquement pour dissoudre les concrétions pierreuses et nous en montrerons le peu d'efficacité.
Pour traiter avec succès une colique néphrétique il suffit que le médecin soit sûr de son diagnostic. Il ne perdra pas son temps à faire appliquer des sangsues, à prescrire des toniques pour relever le pouls et remédier au refroidissement de la peau, il ne s'arrêtera, en un mot, à aucune de ces mesures insuffisantes ou inutiles, mais il prescrira immédiatement l'opium à la dose de 2 centig. 1/2 à 5 centig. d'heure en heure ou toutes les deux heures. La propriété anesthésique de l'opium ne suffit pas à elle seule pour