CHAPITRE IV Tuberculose et carcinome de la vessie
La tuberculose de la vessie forme ordinairement une complication de la tuberculose des uretères, des bassinets et des reins. Dans la vessie on trouve également, soit des tubercules discrets et agglomérés qui, par leur ramollissement, donnent des ulcères ronds et irrégulièrement échancrés, soit une dégénération caséeuse diffuse de la muqueuse qui est détruite dans une grande étendue ; cependant cette dernière forme est ici plus rare que clans les uretères et les bassinels.
Les symptômes de la tuberculose vésicale ressemblent extrêmement à ceiiv du catarrhe chronique et de l'ulcération catharrhale de la muqueuse vésicale. La présence de nombreux corpuscules de mucus et de pus dans l'urine, souvent décomposée et fortement ammoniacale, des hémorrhagies vésicales survenant de temps à autre, un besoin fatigant d'uriner, les signes d'une hypertrophie excentrique ou concentrique de la vessie, tels sont les phénomènes qui accompagnent aussi la tuberculose de cet organe. Mais il n'y a que la dégénération des testicules et de la prostate et la présence dans L'urine de fibres élastiques ou de parcelles de tissu considérables de la paroi
vésicale, permettant de conclure à un processus destructeur dans l'intérieur de cette dernière, qui éclairent positivement le diagnostic différentiel. Chez une femme atteinte de tuberculose de la vessie, des voies urinaires et des reins, j'ai observé un ulcère à bords irréguliers et à fond grisâtre dans la vulve qui entourait l'orifice de l'urèthre.
Le traitement de la tuberculose vésicale se confond avec celui du catarrhe chronique de la vessie, mais ne- conduit généralement à aucun résultat.
Les carcinomes de la vessie ne sont pas communs. Ils se déclarent soit primitivement dans la vessie soit secondairement, ou comme simple continuation d'une affection cancéreuse de l'utérus ou du rectum. Parmi les diverses formes du cancer, celles que l'on rencontre sont le squirrhe, plus souvent l'eneéphaloïde, et plus souvent que tous les autres le cancer villeux. Les deux .premiers donnent lieu soit à des dégénérescences diffuses de la paroi vésicale, dont la destruction peut avoir pour effet des communications avec le vagin, l'utérus, le rectum, soit à des tumeurs circonscrites ou même pédiculées. Le cancer villeux forme des tumeurs molles, consistant en excroissances fines, délicates, villeuses, qui flottent dans l'eau et qui se détachent souvent pendant la vie et entraînent par là des hémorrhagïes.
Dans les carcinomes de la vessie les symptômes prédominants sont également ceux d'un catarrhe chronique de cet organe. On y trouve des hémorrhagies plus souvent encore que dans la tuberculose. Le diagnostic se base sur l'opiniâtreté et l'aggravation progressive de ces symptômes, sur la cachexie grave survenant de bonne heure, sur la présence constatée de carcinomes clans d'autres organes, surtout dans les organes voisins, mais avant tout sur l'examen microscopique des parcelles du néoplasme qui se sont détachées et qui ont été expulsées avec l'urine. — Le traitement est impuissant et doit se borner à combattre les hémorrhagies, à faire disparaître la rétention d'urine, si elle s'est produite, et d'autres accidents graves qui pourraient survenir.