CHAPITRE V flémorrliagie «le la vessie. — Elématuric vésicale
Une perte de sang par les vaisseaux de la vessie est dans beaucoup de cas d'origine traumatique. Le plus souvent ce sont des calculs à arêtes vives ou des corps étrangers ayant pénétré dans la vessie qui donnent lieu k cette forme d'hémorrhagie. Chez les femmes hystériques il faut s'attendre aux actes les plus incompréhensibles. Assez souvent il leur arrive de s'introduire dans le vagin ou dans l'urèthre des corps étrangers qui peuvent devenir une cause d'hématurie. — Dans d'autres cas ce sont des ulcérations de la vessie
HEMORRHAGIE DE LA VESSIE. — HEMATURIE VESICALE. 70
qui attaquent les vaisseaux et produisent ainsi l'héniorrhagie. — Nous avons vu que ces hémorrhagies peuvent aussi être déterminées par des néoplasmes, par exemple, des tubercules et des carcinomes, surtout le cancer villeux. — Il est très-rare que l'hémorrhagie vésicale soit le résultat d'un abus de cantharides (hématurie toxique) ou d'une diathèse hémorrbagique. Enfin des dilatations excessives et un état variqueux des vaisseaux peuvent déterminer des ruptures suivies d'épanchements sanguins. Cependant ce mode de production des hémorrhagies vésicales est très-rare, quoique le public se montre toujours très-disposé à attribuer à des « hémorrhoïdes vésicales » toute sorte d'hématuries. Les conditions qui président aux stases sanguines et aux dilatations vasculaires se rencontrent bien moins dans la vessie que dans le rectum et on doit s'imposer la règle de ne songer à cette dernière forme que quand on a pu exclure les autres genres d' hémorrhagies vésicales en analysant scrupuleusement les phénomènes morbides.
En cas d'épanchement sanguin dans la vessie, il est vrai qu'ordinairement le mélange de sang et d'urine est moins intime qu'en cas d'hémorrhagie des uretères, des bassinets ou des reins. De plus, il se forme dans le premier genre d'hémorrhagiedes coagulums plus étendus que dans les derniers. Cependant les deux signes peuvent tromper, et pour cette raison le diagnostic du siège de l'hémorrhagie offre souvent de grandes difficultés. Le point de repère le plus sûr pour cette appréciation nous est fourni par les phénomènes concomitants. Presque toujours l'hématurie vésicale coïncide avec des signes d'une modification de texture de la vessie; en dehors des époques où les malades rendent du sang par les urines, celles-ci contiennent du mucus et des corpuscules de pus, il y a dysurie, etc.
Combattre la maladie première, tel est le point le plus essentiel dans le traitement de l'hémorrhagie vésicale. Dans les cas graves on appliquera des compresses froides sur la région de la vessie et on administrera de fortes •doses de tannin à l'intérieur. Si l'hémorrhagie menace d'épuiser le malade, il faut faire des injections d'eau froide ou de solutions d'alun, de sulfate de' zinc ou de nitrate d'argent. Des lavements froids, souvent répétés, ont généralement beaucoup de succès, surtout dans les hémorrhoïdes de la vessie, de même que dans d'autres hémorrhagies vésicales.