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CHAPITRE II

Impuissance et faiblesse irritable îles parties génitales de riiomme.

Une incapacité complète et persistante d'exécuter un coït normal ne s'observe que rarement pendant l'âge viril. Même certaines difformités du pénis, l'absence d'un testicule ou des maladies des deux testicules sont rarement suivies d'une impuissance absolue. Par contre, on observe très-fréquemment des cas de puissance affaiblie et d'impuissance passagère, et il est très-important pour le praticien de connaître exactement les formes nombreuses et bizarres sous lesquelles ces états se présentent. Des unions malheureuses, la privation d'enfants, le divorce, peut-être le suicide, sont quelquefois empêchés par un médecin habile et expérimenté, qui possède la confiance absolue de ses clients, s'il peut aider de ses bons conseils les malades qui viennent le consulter pour leur impuissance. Ce sont avant tout de jeunes époux qui, en découvrant qu'ils ne peuvent cohaMter avec leurs femmes, viennent, le cœur rempli de désespoir, consulter le médecin. Non-seulement les femmes voluptueuses, mais toutes sans exception; se sentent profondé-

ment froissées et prises de répugnance et de dégoût pour l'homme, auquel elles étaient peut-être attachées par l'amour le plus tendre, lorsque après le mariage elles s'aperçoivent de son impuissance. Plus elles étaient innocentes et pures en se mariant, plus il leur faut souvent du temps pour se convaincre que quelque chose manque à leur union; mais une fois que cette conviction leur est venue, le sentiment de honte et de répugnance s'empare d'elles infailliblement. Aussi, chez les jeunes maris, ce n'est pas l'absence de jouissance ou la crainte de rester sans enfants qui les pousse vers le médecin, mais la profonde humiliation et la découverte qu'ils deviennent pour leurs femmes un objet de mépris et de haine. — Le médecin, dans l'art et la discrétion duquel les malades ont placé leur confiance, est le seul confident de ces tristes secrets des unions malheureuses, qui restent souvent ignorés des plus proches parents. — Après ces maris, ce sont principalement des hommes sur le point de se marier qui viennent consulter le médecin pour leur impuissance, parce que avant le mariage ils voulaient essayer leurs facultés génératrices avec des filles de mauvaise vie et n'avaient pas réussi. Quelque inouïe et affreuse qu'une pareille conduite puisse paraître au médecin qui débute, il n'en rencontrera pas moins, si sa clientèle prend de l'extension, un grand nombre d'individus qui lui raconteront de pareils faits de la manière la plus naturelle.

Le plus grand nombre de ces cas se terminent heureusement, lorsqu'ils sont traités convenablement, de sorte que ces maris au désespoir, s'ils tombent en bonnes mains, deviennent presque toujours, avec le temps, des époux et des pères heureux. — La cause la plus fréquente de l'impuissance temporaire, c'est le manque de confiance en soi-même, joint à une tension de l'esprit sur la réussite du coït. Non-seulement les érections se produisent sans l'influence de la volonté, mais encore le vif désir d'en avoir peut s'opposer à leur production. Moins les individus en question sont préoccupés, moins il leur importe d'avoir des érections, plus ces dernières reviennent sûrement et persistent longtemps sous l'influence des émotions voluptueuses. D'ordinaire ces sortes de malades racontent spontanément au médecin qu'ils ont des érections fortes et durables à des moments où elles ne leur sont d'aucune utilité, et qu'ils n'en ont pas lorsque l'occasion se présente d'exercer le coït, ou les érections qui se produisent réellement disparaissent pendant le coït même, avant quel'éjaculation ait eu lieu. Même lorsque ces individus, après avoir réussi une fois à exercer le coït, ont repris confiance en euxmêmes et deviennent par cela aptes à remplir pendant longtemps leurs fonctions génitales d'une manière normale, il suffit souvent d'un seul échec pour les faire retomber dans une longue impuissance. On observe aussi quelquefois qu'ils retrouvent avec leur femme la plénitude de leur puissance et qu'ils sont en état de cohabiter avec elle régulièrement et même à des intervalles rapprochés, tandis qu'ils échouent constamment lorsqu'ils

essayent de voir une autre femme avec laquelle ils n'ont pas encore fait l'expérience de la réussite.

La cause la plus fréquente de la puissance affaiblie, c'est l'onanisme; beaucoup plus rarement on voit les excès sexuels ou les pollutions fréquentes diminuer sensiblement la virilité. Mais d'ordinaire la puissance affaiblie des onanistes ne devient temporairement une impuissance complète que par la lecture des ouvrages populaires et médicaux sur les conséquences de l'onanisme. Dans ces écrits, on dit que la perte de la virilité est la conséquence inévitable de l'onanisme, et le lecteur perd ainsi toute confiance en luimême. Si ces deux causes, l'influence débilitante de la masturbation et le découragement à la suite de ces lectures, agissent sur le même individu, la première tentative du coït échoue presque toujours. Mais, comme nous l'avons dit, c'est précisément le premier échec qui empêche ordinairemen pour longtemps le malade de réussir. — D'autres individus, qui ne sont pas affaiblis par l'onanisme et qui s'approchent de leur femme en toute confiance, ne réussissent pas parce qu'ils sont ivres au moment de la cohabitation; mais chez ces individus encore, il peut se développer une impuissance temporaire par le manque de confiance en eux-mêmes à la suite de la nonréussite, par l'attention dirigée sur le résultat d'un nouvel essai et par la crainte de le voir encore manquer. — Dans d'autres cas encore, on ne trouve pas d'autres causes à ce premier insuccès du coït que l'excitation exagérée; une certaine gêne et la timidité. De pareils individus ont souvent passé une vie extrêmement chaste et sont entrés dans le mariage avec une rare pureté et une ignorance complète de ce qui constitue la cohabitation. Dans les premières semaines de leur mariage, ils sont excessivement abattus et profondément affligés par les tristes expériences qu'ils font sur eux-mêmes ; lorsqu'on les revoit après des années et qu'on les trouve en possession d'enfants sains et florissants, ils vous rappellent en souriant les mésaventures de leur lune de miel.

A côté des cas nombreux de puissance affaiblie et d'impuissance temporaire qui appartiennent à la forme mentionnée, nous devons citer les cas plus rares, dans lesquels l'impuissance pendant l'âge viril dépend en effet d'une faiblesse fonctionnelle des organes génitaux. Ils se distinguent de ceux décrits antérieurement par le fait que les érections ne se produisent pas par les excitations sexuelles, même aux époques où aucune cause psychique ne tend à les empêcher, et qu'il y a également absence de ces érections qui se montrent sans sensation voluptueuse chez la plupart des hommes, même chez les enfants, lorsqu'ils se réveillent avec la vessie remplie. Quelquefois on trouve des anomalies dans les organes» génitaux : les testicules sont atrophiés, petits et mous, le scrotum tombe mollement le long des cuisses, le pénis est flasque et froid ou remarquablement petit et résistant. Dans d'autres cas, l'examen le plus consciencieux ne permet de

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découvrir dans les parties génitales aucune anomalie de forme ou de structure. J'ai été consulté il y a quelques années par un fermier à cause de son impuissance. Comme il n'avait qu'une trentaine d'années, qu'il était d'une constitution très-robuste, que ses muscles étaient bien développés et qu'il n'était pas obèse, comme ses organes génitaux étaient, en apparence, à l'état normal, que le pénis était bien développé, que les testicules étaient gros et fermes, je me crus autorisé à admettre que son impuissance appartenait à la forme décrite en premier lieu et je posai en conséquence un pronostic favorable. Mais ce cas se termina autrement que je ne m'y attendais; après un an de mariage, il y eut séparation, parce que l'impuissance s'était maintenue pendant tout ce temps. — Nous devons renoncer également à expliquer la seconde forme de l'impuissance dans l'état actuel de nos connaissances en physiologie et en anatomie pathologique.

Nous passons sous silence les cas où l'impuissance est déterminée par desanomalies congénitales de forme, par la castration ou d'autres infirmités, de même que les cas où elle dépend de faiblesse générale à la suite de maladies débilitantes, surtout à la suite du diabète, et nous nous contentons d'ajouter quelques mots sur la faiblesse irritable des parties génitales de l'homme. La forme de l'impuissance que nous avons décrite en premier lieu est comprise également par quelques auteurs dans la faiblesse irritable, et en effet, les individus qui ont été cités à ce sujet sont, d'une part, irritables, parce que leur sens génital est très-facilement excité par le conctact physique avec des femmes et par d'autres causes, d'autre part, faibles, parce que les érections sont incomplètes et de courte durée. Mais sous le nom de faiblesse irritable,, pris dans un sens restreint, on comprend un état dans lequel, à la suite, d'une excitation génitale, les éjaculations ont lieu avant que le coït ait été consommé et même avant que les érections aient été complètes. La faiblesse irritable s'observe aussi de préférence chez les individus qui se sont livrés dans le temps à l'onanisme. Le pronostic de cet état est presque toujours favorable, tant qu'il survient encore de temps en temps des érections vigoureuses. Lors même que cet état a existé longtemps avant le mariage à la suite du libertinage, et qu'il persiste encore pendant les premières semaines du mariage, il disparaît presque toujours par une vie réglée et par un commerce sexuel modéré, non provoqué par des excitations factices.

L'indication causale exige dans la première forme de l'impuissance un traitement plus particulièrement psychique. Souvent il suffit de raconter au malade les succès qu'on a obtenus dans des cas semblables et de l'assurer que, d'aprè* tous les faits connus, sa maladie est insignifiante et passagère.

D'autres individus sor.t guéris par le fait qu'on leur défend pour quelque

temps tout essai de cohabiter avec leur femme. L'absence de préoccupations qui en résulte au moment des excitations voluptueuses, le manque d'at-

tention sur la force et la durée des érections, rendent alors la cohabitation possible, et pendant la durée de la défense le premier coït réussit, tandis qu'avant ladéfense tous les essais étaient restés infructueux. — Aux individus du peuple on peut prescrire une substance indifférente, dont on leur promettra le plus grand succès, mais on leur défendra également pour un certain temps toute tentative de cohabitation. Dans ces cas on observera assez souvent qu'au bout de quelques jours déjà ces individus viendront vous avouer avec regret qu'ils n'ont pas eu la force d'obéir à l'ordre donné. On défendra avant tout aux individus atteints d'impuissance d'user d'excitations artificielles, surtout des attouchements et des frottements des parties génitales, par lesquels ils tâchent de produire des érections ; on leur représentera avec laplus grande sévérité les conséquences fâcheuses etl'immoralitéd'unpareil procédé. Tous les prétendus aphrodisiaques sont inutiles et nuisibles. Les lotions froides des parties génitales, les bains de siège froids, les douches froides sont quelquefois utiles et l'on doit également avoir recours à ces moyens dans la seconde forme. La cautérisation de la portion prostatique de l'urèthre avec l'instrument de Lallemand a rendu d'excellents services dans quelques cas d'impuissance et surtout aussi de faiblesse irritable. Peut-être ces cas rentraient-ils dans la catégorie de ceux où la maladie reconnaît pour cause une spermatorrhée développée sous l'influence d'un relâchement et d'une dilatation des conduits excréteurs des vésicules séminales ; peut- être aussi ce mode de traitement exerce-t-il quelquefois un effet favorable sur le moral de l'individu. Dans ce dernier cas la lecture de l'ouvrage de Lallemand aiderait essentiellement au traitement, car les succès de la cautérisation y sont dépeints en traits si vifs, que cette description doit rendre le courage au plus pusillanime. — De nos jours, quelques médecins recommandent vivement l'emploi de l'électricité contre l'impuissance et lui attribuent des résultats très-favorables, mais à côté de ce traitement ces messieurs conseillent, dans leurs communications quelque peu cyniques, aux maris impuissants de ne pas avoir de rapports pendant un certain temps avec leurs femmes et de s'exercer au coït avec des femmes de mauvaise vie (!). J'ai vu plusieurs fois, il est vrai, des hommes sains et capables d'engendrer entrer en érection, chaque fois que je faradisais la surface interne des cuisses, mais lorsqu'il existait de l'impuissance, je n'ai jamais obtenu de résultats sensibles même en continuant le traitement par l'électricité pendant des semaines. Cependant, comme le nombre de mes observations sur ce sujet n'est pas très-considérable, je ne veux pas trancher la question et je donnerai un résumé du mode de traitement recommandé par Benedikt et Schulz. D'après Benedikt, on doit appliquer le pôle négatif d'une pile à courant constant sur la région lombaire de la colonne vertébrale, et promener le pôle positif, d'abord, dans la direction des cordons spermatiques à peu près quarante ou cinquante fois, puis, dans une direction transversale sur

les différentes zones de la surface supérieure et inférieure de la verge et, enfin, d'avant en arrière dans la région périnéale. Une pareille séance doit durer de deux à trois minutes. En outre, on doit appliquer à peu près trois fois tous les quinze jours le pôle négatif au niveau des conduits éjaculateurs en introduisant dans l'urèthre un rhéophore en forme de sonde, tandis qu'avec le pôle positif on fait des passes dans la direction des cordons spermatiques. S'il existe des endroits particulièrement insensibles, Benedikt emploie le courant induit qu'il applique avec le pinceau; si les testicules sont remarquablement insensibles, il les fait traverser par un fort courant galvanique. Les séances doivent être faites tous les jours et continuées pendant longtemps, car l'amélioration ne se fait sentir quelquefois qu'après des mois. Schulz, à Vienne, a employé pendant longtemps le courant induit dans les cas de pollutions et d'impuissance. A la suite de ce traitement, les résultats étaient très-défavorables. Par contre, ce médecin prétend avoir obtenu des résultats très-favorables en employant le courant constant. Il applique le pôle positif dans la région de la cinquième vertèbre dorsale, le pôle négatif sur le sacrum ou le périnée. Chaque séance dure une à deux minutes et est répétée trois ou quatre fois par semaine. Schulz se sert d'un appareil composé de vingt à trente éléments de Daniell de grandeur movenne.

PREMIÈRE SECTION

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