FORMATION DE KYSTES DANS LES OVAIRES, HYDROPISIE DE L'OVAIRE
Dans une deuxième forme de kystes ovariques, il s'agît d'une néoplasie cystoïde développée, partie dans le stroma de l'ovaire, partie dans les parois de kystes anciens, dans lesquelles se développent de jeunes kystes.
Une troisième forme de kystes ovariques est due à ce que le stroma se transforme en espaces cellulaires (alvéoles) fortement serrés, qui s'agrandissent peu à peu. Kiwisch appelle cette forme la dégénération alvéolaire de V ovaire.
Pour ce qui concerne les kystes simples, dus à la dilatation hydropique des follicules de Graaf, on en rencontre tantôt un seul, tantôt un grand nombre dans l'ovaire. Dans ce dernier cas, .ils sont d'abord séparés les uns des autres et ont une forme ronde; s'ils augmentent de volume, ils se touchent, s'aplatissent réciproquement, et on dirait en les examinant à cette période qu'un kyste s'est développé dans la paroi de l'autre, comme c'est le cas pour la deuxième forme. 11 est rare que l'hydropisie des follicules de Graaf donne lieu à des tumeurs du volume de la tète. Ces grosses tumeurs consistent ou bien en un seul kyste énormément dilaté, ou bien en plusieurs kystes, qui ont pris en même temps un développement considérable. Leurs parois sont ordinairement minces, cependant il arrive quelquefois qu'avec le temps elles s'hypertrophient et prennent une épaisseur et une consistance considérables. Le contenu des kystes consiste tantôt en un liquide clair, jaunâtre, tantôt visqueux et semblable à la colle. Si l'intérieur du kyste devient le siège d'hémorrhagies ou si sa paroi s'enflamme, son contenu devient rouge, brun et même noirâtre, ou jaune et puriforme.
Les tumeurs multiloculaires dues à une néoplasie cystoïde peuvent atteindre un volume colossal. Ordinairement quelques kystes se développent aux dépens des kystes voisins, en les comprimant et en renforçant leur propre paroi par celle des kystes comprimés. Les parois des kystes volumineux sont, par conséquent, le plus souvent très-épaisses et d'une structure dense et fibreuse; assez fréquemment, on les trouve ossifiées. Sur leur surface interne, on trouve une couche épithéliale simple ou stratifiée. Le contenu de ces kystes est également tantôt liquide, tantôt plus ou moins gélatiniforme. Souvent il renferme de nombreux cristaux de cholestérine. A la suite d'hémorrhagies et d'inflammations de la poche, il peut devenir brun et noir, ou jaune et puriforme.
Dans la dégénération alvéolaire, on ne trouve souvent plus de trace de la structure primitive de l'ovaire. Tout l'organe consiste en excavations qui sont séparées les unes des autres par un tissu cellulaire délicat. Les plus petites de ces cavités ne peuvent être vues qu'à l'aide du microscope. On
trouve ensuite des transitions successives jusqu'au volume d'un grain de millet et puis des formes de plus en plus grandes jusqu'aux kystes qui atteignent les dimensions du poing et au delà. Aussi longtemps que les alvéoles sont encore petites et d'égale grandeur, l'ovaire apparaît sous la forme d'une tumeur régulière, assez lisse; si quelques alvéoles se développent et forment de grands kystes, la tumeur devient inégale et bosselée. Le contenu des alvéoles consiste, en général, en un liquide jaunâtre, visqueux, semblable au miel. Cependant, souvent on rencontre également dans les grands kystes un contenu plus fluide. — La dégénération alvéolaire des ovaires est quelquefois compliquée de cancer.
Enfin, nous mentionnerons les kystes de l'ovaire qui renferment, au lieu de liquide, de la graisse, des cheveux, etc. La surface interne de ces kystes, qui sont sans aucun doute des follicules de Graaf dégénérés, présente, à quelques endroits isolés ou sur une. plus grande surface, une structure qui a une grande ressemblance, avec celle de la peau; pour cette raison, on leur a donné le nom de kystes dermoides. On trouve ces parties de la surface du kyste recouvertes d'un épidémie ; on y reconnaît parfaitement des glandes sudoripares et sébacées, de même que des follicules pileux donnant issue à des poils laineux plus ou moins longs, ordinairement de couleur blonde. De même, on trouve des sacs dentaires renfermant des dents, des dents libres ou des fragments d'os qui ont de la ressemblance avec des os maxillaires et qui portent des dents, des poils tombés et enchevêtrés, quelquefois aussi des couches considérables de substance nerveuse et cérébrale : tout cela se rencontre à côté d'une masse jaune et poisseuse composée de corps gras solides et liquides et d'épithéliums pavimenteux dans des kystes qui peuvent aller du volume d'une noix à celui du poing, mais qui, dans quelques cas, deviennent beaucoup plus considérables.
§ 3. Symptômes et marche.
Dans quelques rares cas, les symptômes de l'ovarite décrits dans le chapitre précédent, forment les prodromes de l'hydropisie de l'ovaire. Beaucoup plus souvent, ces prodromes manquent et les kystes eux-mêmes ne donnent lieu à aucun symptôme, aussi longtemps qu'ils sont petits et ne compriment pas les organes voisins. Même lorsque les tumeurs ont atteint un certain volume, elles ne donnent pas toujours lieu à des phénomènes particuliers; l'existence ou l'absence de symptômes et, dans le premier cas, la nature et la violence des accidents produits par les kystes, dépendent uniquement de la position de ces derniers. Même les kystes de peu d'étendue, qui sont situés derrière la matrice dans le repli recto-utérin et la refoulent contre la vessie peuvent donner lieu à des troubles graves dans les fonctions urinaires, et,