‹ Traité de pathologie interne et de thérapeutiqueChapitre 52 sur 247 · DEUXIÈME SECTION MALADIES DE L'UTÉRUS · texte numérisé non relu

DEUXIÈME SECTION MALADIES DE L'UTÉRUS

§ 1. Pathogénie et étiolo&ie.

Pendant la menstruation, il existe une hypérémie si considérable de a muqueuse utérine, que les vaisseaux gorgés se rompent. Avant <jue l'hypérémie atteigne ce degré, et à l'époque où elle diminue de nouveau, la sécrétion muqueuse de l'utérus est augmentée et modifiée. Ce catarrhe, pour ainsi dire, physiologique, devient pathologique, si l'hypérémie de la muqueuse utérine et la modification de sa sécrétion dépassent la durée normale de la menstruation ou se présentent en dehors des époques où un œuf mûr est expulsé. Si l'on tient compte de ce que nous venons de dire, on s'explique facilement pourquoi les catarrhes de l'utérus se rencontrent si souvent, et au point que leur fréquence est surpassée tout au plus par celle des catarrhes de l'estomac, organe dans lequel on rencontre des conditions analogues.

La prédisposition aux catarrhes de l'utérus varie beaucoup selon l'âge. Dans l'enfance, à une époque où les congestions physiologiques, à retour périodique, de l'utérus n'existent pas encore, la maladie est rare; pendant les années de maturité sexuelle, elle est extrêmement fréquente, elle diminue considérablement après la ménopause.

Parmi les causes occasionnelles du catarrhe utérin, il faut citer : 1° les stases dans les vaisseaux de Vutérus; dans les affections du cœur et du poumon qui entravent le retour du sang au cœur droit, l'embarras de la circulation dans les veines de la matrice se manifeste ordinairement sous la forme d'un catarrbe de la muqueuse, qui doit être placé sur la même ligne que la cyanose d'autres organes et les pbénomènes hydropiques. Plus souvent encore, l'obstacle à l'écoulement du sang est situé plus près de l'utérus. Dans bien

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des cas, la compression des veines hypogastriques par des tumeurs et, plus souvent encore, par des matières fécales durcies et accumulées dans le rectum ou dans Y S iliaque, est la cause de catarrhes utérins. Déjà antérieurement, nous avons attiré l'attention sur le fait, que quelques malades atteintes de catarrhes de la matrice, mécontentes des résultats obtenus dans leur maladie par leur médecin et même par des spécialistes en renom, se mettent entre les mains de charlatans ou se décident à employer les pilules de Morisson, et nous étions obligé d'avouer à cette occasion que quelquefois ces malades se portent, pendant un temps plus ou moins long, mieux qu'auparavant, en faisant un usage continu de ces purgatifs, élevés au rang de panacées. — 2° Beaucoup de catarrhes utérins sont produits par une irritation directe de l'utérus; on comprend facilement d'après ce que nous avons dit plus haut, que toutes les causes morbifiques qui agissent sur l'utérus à l'époque où cet organe se trouve déjà dans un état congestif, exercent une influence plus préjudiciable qu'à toute autre époque, que, par conséquent, des imprudences commises pendant la menstruation provoquent plus facilement des catarrhes de la matrice. Parmi les irritations directes de l'utérus, il faut compter le coït trop fréquent ou trop impétueux, la masturbation, l'usage des pessaires et autres causes semblables. Nous devons ranger également dans cette catégorie les catarrhes de l'utérus qui accompagnent d'autres affections de cet organe, telles que l'inflammation parenchymateuse, les néoplasmes, etc., et qu'on désigne ordinairement sous le nom de catarrhes symptomatiques. — 3° De même que d'autres catarrhes, les affections catarrhales de la muqueuse utérine dépendent assez souvent d'une maladie générale. Les catarrhes aigus delà matrice s'observent dans la fièvre typhoïde, le choléra, la variole et dans d'autres maladies infectieuses, les catarrhes chroniques accompagnent ordinairement la chlorose, la scrofulose et la phthisie. Le rapport qui existe entre ce trouble local de la nutrition et ces états anormaux de tout l'organisme, nous est incompréhensible, comme nous l'avons déjà dit plusieurs fois. — U° Lorsqu'on parle d'une manifestation épidémique des catarrhes de la matrice, on doit nécessairement entendre par là, qu'à de certaines époques on voit, sans cause connue, se présenter des catarrhes utérins plus souvent qu'à d'autres époques.

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