SCLEROSE PARTIELLE DU CERVEAU
Les symptômes et la marche de la sclérose partielle du cerveau ne sont pas assez caractéristiques pour rendre facile le diagnostic de la maladie ; c'était même un véritable triomphe d'avoir pu parvenir à la reconnaître dans •quelques cas (Frerichs). La sclérose du cerveau étant limitée à des foyers disséminés et circonscrits et se développant très-lentement, les paralysies qui accompagnent la maladie offrent cette particularité qu'au moins dans le commencement elles ne s'étendent pas sur toute une moitié du corps, mais qu'elles commencent par un groupe de muscles isolés ou par une seule extrémité, qui est presque toujours une des extrémités inférieures, et que de là elles gagnent lentement d'autres groupes musculaires et d'autres extrémités, jusqu'à ce que finalement elles envahissent aussi les centres nerveux de la respiration, de la déglutition et de l'activité cardiaque. Cette extension n'est pas régulière, de telle sorte que par exemple la paralysie du pied droit soit suivie de celle de la main droite ; mais elle est au contraire tout à fait irrégulière. C'est précisément là -une circonstance qui dans un cas donné tend à prouver la dépendance des paralysies de nombreux foyers isolés et à exclure l'existence d'un foyer unique augmentant lentement de volume. Outre les paralysies qui forment le symptôme le plus constant de la sclérose partielle du cerveau et en même temps le plus caractérisque, à raison de leur mode d'extension, on remarque bien encore quelques troubles dans les autres fonctions cérébrales; mais ces troubles sont beaucoup moins importants et caractérisent moins la maladie. La céphalalgie manque dans la plupart des cas; par contre on remarque souvent des douleurs périphériques et une sensation de fourmillement dans les extrémités, suivie plus tard d'un affaiblissement de la sensibilité allant jusqu'à l'anesthésie complète. Il est rare que les sens spéciaux subissent une atteinte et parmi ceux-ci presque exclusivement la vue. Dans les fonctions psychiques on trouve le plus souvent des phénomènes d'irritation peu intenses, bientôt suivis d'une dépression qui augmente lentement au point de devenir très-profonde et qui quelquefois aussi se montre dès le principe. Les convulsions ne s'observent que d'une manière exceptionnelle; par contre le tremblement est un phénomène très-constant. La nutrition du corps ne souffre qu'assez tard, et chez quelques malades on observe même, comme dans l'encéphalite, un embonpoint remarquable. La marche de la maladie est très-lente; dans la plupart des cas la durée a été de cinq à dix ans. Dans cet intervalle la maladie semblait bien de temps à autre rester stationnaire ; mais jamais on ne pouvait remarquer un retour de mouvement dans les parties une fois paralysées. — On n'a signalé jusqu'à présent aucun cas de guérison. Dans les cas décrits la mort était due soit à l'extension de la maladie sur la moelle allongée et aux troubles respiratoires qui devaient en résulter, soit au marasme el à l'hydréniie qui se développaient vers la fin, soit enfin à des maladies intercurrentes.
Lee thérapeutique est impuissante contre cette maladie; le traitement ne peut que se borner à combattre les symptômes les plus essentiels.