CHAPITRE VI
Pérïncphrite.
§ 1. Pathogénie et étiologie.
Le tissu graisseux au milieu duquel se trouve le rein ne devient que rarement le siège d'une inflammation primitive et idiopathique. Dans ce cas, elle se montre de préférence après les violences extérieures et quelquefois, à ce qu'on assure, après les refroidissements. Beaucoup plus souvent, cette affection est secondaire et reconnaît pour cause les inflammations suppuratives des reins et des bassinets. Dans un cas, soumis à mon observation, une péricystite s'était propagée le long des uretères jusque dans le coussine ' graisseux du rein.
§ 2. Anatomie pathologique.
L'inflammation du tissu cellulaire qui entoure le rein conduit., en général, rapidement à la suppuration. Ce tissu prend alors une couleur sale, ses mailles se remplissent de pus ; les petits foyers purulents se réunissent et finissent par donner lieu à un abcès d'une dimension souvent très-considérable, qui peut s'ouvrir dans les directions les plus diverses. — Dans d'autres cas. on n'observe pas de suppuration, mais une mduration et une transformation de ce tissu naturellement lâche en une couenne épaisse et fibreuse.
§ 3. Symptômes et .marche.
Si la périnéphrite se développe d'une manière aiguë, ses symptômes ont une grande analogie avec ceux de la néphrite interstitielle aiguë. La fièvre violente, qui débute quelquefois par un ou plusieurs frissons, et les douleurs aiguës dans la région rénale, qui arrivent à un degré excessif par les contractions ou les tiraillements des muscles voisins pendant les mouvements du corps, sont des symptômes communs aux deux affections. Un point important pour établir le diagnostic différentiel, c'est que, dans la périnéphrite pure, non compliquée, la sécrétion urinaire n'est pas supprimée et l'urine ne renferme ni sang, ni albumine, ni corpuscules de pus. ■ — Si la maladie traîne en longueur et si pendant sa durée il se forme un grand abcès, on rencontre dans la région rénale une tumeur qui présente une fluctuation plus ou moins distincte. Si l'abcès s'ouvre dans la cavité péritonéale, il se développe une péritonite aiguë qui se termine rapidement par la mort ; s'il s'ouvre dans l'intestin, il peut y avoir guérison, de même qu'après la perforation spontanée à l'extérieur ou l'ouverture artificielle de l'abcès. La perforation spontanée se fait, en général, dans le dos, au-dessous des fausses côtes, après que les douleurs ont atteint un degré excessif pendant les mouvements du corps et après que l'ouverture a été précédée d'un œdème plus ou moins étendu à l'endroit correspondant. Dans d'autres cas, le pus fuse le long du psoas, et il se forme un abcès par congestion qui apparaît ordinairement au-dessous du ligament de Poupart.
§ h. Traitement.
Quant au traitement de la périnéphrite, il est convenable de faire des émissions sanguines locales dans les cas récents ; dans les périodes ulté-
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rieures de la maladie, il faut avoir recours à remploijrégulier de cataplasmes et de bains chauds. Il faut ouvrir l'abcès aussitôt que possible et le maintenir ouvert pendant quelque temps.