CHAPITRE XIII
Atrophie du cerveau,
§ 1. PaTHOGÉNIE ET ÉTIOLOGIE.
Il n'est pas permis de donner le nom d'atrophie du cerveau à chaque diminution de la pulpe cérébrale, et cette désignation ne convient surtout pas pour la diminution qui résulte d'une destruction d'éléments de tissu et du développement d'un tissu cicatriciel rétractile à la place des parties détruites du cerveau. L'atrophie proprement dite consiste au contraire en une diminution de la grandeur ou du nombre des éléments du tissu cérébral non précédée d'une destruction appréciable de ces éléments.
11 est rationnel de distinguer deux formes d'atrophie cérébrale. Dans la première, qu'on peut appeler agénésie, il s'agit d'un développement incomplet; dans la seconde, d'une formation régressive, d'une disparition des éléments autrefois normalement développés du cerveau.
Nous passerons ici sous silence les formes de l'agénésie dans lesquelles le cerveau est développé si incomplètement qu'il existe un idiotisme complet ou que la vie ne peut même pas se maintenir, et nous ne nous occuperons ici que de la forme si intéressante et pas trop rare qui se produit pendant la vie fœtale et dans la première enfance, et qui constitue l'atrophie unilatérale du cerveau, laquelle non-seulement n'est pas incompatible avec la conservation de la vie, mais admet même un certain développement des facultés intellectuelles. — L'étiologie de l'agénésie unilatérale du cerveau est obscure. Probablement elle se rattache à une inflammation du cerveau, des méninges ou du crâne, qui a existé pendant la vie fœtale ou pendant la première enfance.
L'atrophie qui se produit après le développement complet du cerveau est ou une maladie primitive ou une affection secondaire s'ajoutant à d'autres maladies de l'encéphale. — Parmi les atrophies primitives nous aurons à nommer avant tout la forme qui n'est qu'une des manifestations du marasme sénile. Tout comme nous voyons d'autres modifications séniles atteindre des degrés divers chez les divers individus, nous voyons aussi des vieillards arrivés aux dernières limites de l'âge, montrer à peine une trace d'atrophie cérébrale, tandis que chez d'autres individus moins âgés, cette altération s'est développée à un degré extraordinaire. — A ce genre d'atrophie, il faut rattacher celle qui se développe dans le cours des maladies épuisantes. Beaucoup de ces prétendus exemples de résignation grandiose et d'admirable intrépidité en face de l'issue mortelle de quelque maladie de