ATROPHIE DU CERVEAU
longue durée sont à compter parmi les faits mal expliqués: car, très-souvent, la résignation n'est ici que le résultat d'un affaiblissement intellectuel et de l'apathie qui en est la conséquence. — L'atrophie secondaire est avant tout déterminée par des maladies locales du cerveau ; nous l'avons déjà mentionnée comme la conséquence finale des apoplexies, des mortifications partielles et d'une encéphalite partielle. La forme paralytique de la démence paraît dépendre d'une atrophie due à une méningite chronique ou à des processus inflammatoires de la substance corticale. — ■ Dans d'autres cas, l'atrophie est le résultat d'une pression continue qu'éprouve la substance cérébrale. Dans cette catégorie rentrent les cas où les tumeurs du cerveau et les épanchements hydrocéphaliques amènent une diminution progressive de la masse du cerveau. Peut-être aussi l'atrophie cérébrale, dans la méningite, dépend-elle en partie de la pression que le cerveau éprouve de la part de l'exsudat inflammatoire accumulé dans les espaces sous-arachnoïdiens. — Enfin, il nous reste à mentionner que la lésion ou la destruction de nerfs périphériques est parfois suivie également d'une atrophie secondaire de leurs fovers centraux.
§ 2. A.NATOMIE PATHOLOGIQUE.
Vàgénêsie unilatérale du cerveau se rencontre principalement du côté gauche; elle intéresse tantôt un hémisphère entier, tantôt seulement quelques parties d'un hémisphère. Dans les degrés élevés delà maladie la masse cérébrale comprise entre les ventricules et la surface convexe est réduite à l'état d'une couche mince ayant à peine quelques lignes d'épaisseur. Les circonvolutions sont ou à peine marquées ou remarquablement étroites et minces. Les grands ganglions cérébraux sont d'ordinaire également atrophiés, et de là l'atrophie s'étend à travers les pédoncules cérébraux jusque sur les cordons correspondants de la moelle épinière. La résistance du cerveau atrophié est généralement plus grande, sa couleur un peu altérée. Le vide produit par la disparition du tissu nerveux est comblé par le liquide qui s'est accumulé en partie dans les ventricules et en partie entre les méninges. Le crâne est souvent asymétrique et épaissi à l'endroit qui correspond à l'atrophie.
L'atrophie qui se montre à un âge avancé est ordinairement totale ; mais, lorsqu'elle se développe secondairement à la suite de destructions partielles •du cerveau, elle est en général plus avancée du côté correspondant à la partie malade que du côté opposé. Les couches médullaires des grands hémisphères sont diminuées, les circonvolutions sont plus minces, les sillons plus larges et plus profonds. La substance médullaire est d'un blanc sale, plus dense et plus coriace, la substance corticale'plus mince, plus ferme el
d'une coloration pâle ou légèrement brunâtre. Les ventricules sont dilatés et remplis de sérum. Dans les espaces sous-arachnoïdiens on trouve également une forte quantité de liquide (hydrocephalus ex vacuo).
S'il est vrai, comme nous l'avons fait remarquer plus haut, que Yagènèsie unilatérale du cerveau n'est pas toujours accompagnée de troubles psychiques, les cas qui nous permettent de conclure qu'une moitié du cerveau peut complètement suppléer à l'insuffisance de l'autre ne doivent pas moins être comptés au nombre des exceptions. La grande majorité des malades est atteinte de faiblesse de l'intelligence et beaucoup d'entre eux sont dans un état de démence prononcée. Les organes des sens, surtout l'œil, sont ordinairement peu sensibles et l'excitabilité des nerfs sensibles de la moitié paralysée du corps est diminuée. Les symptômes les plus importants et les plus frappants sont la paralysie de la moitié du corps opposée à l'atrophie cérébrale, et en même temps une atrophie très-remarquable et très-intense de tout ce côté du corps. La paralysie n'est cependant pas complète et les malades parviennent ordinairement à exécuter quelques mouvements imparfaits. Le plus souvent des contractures sont jointes à la paralysie. L'atrophie du côté paralysé en affecte tous les tissus, sans même en excepter les os ; ce qui fait ressembler les extrémités courtes et minces d'un adulte à celles d'un enfant- La plupart des malades ont des accès d'épilepsie. — ■ Les autres fonctions du corps s'accomplissent ordinairement avec régularité, la maladie est par ellemême rarement une cause de mort. Malgré cela il est exceptionnel que ces individus arrivent à un âge avancé. Ils ne peuvent opposer que très-peu de résistance aux affections intercurrentes et y succombent plus facilement que d'autres individus.
Les symptômes caractéristiques de l'atrophie primitive du cerveau, qui se développe notamment chez les vieillards, et les atrophies secondaires qui s'ajoutent aux apoplexies, aux mortifications partielles et à d'autres maladies locales du cerveau, sont l'affaiblissement graduel des fonctions psychiques, la diminution de la mémoire, l'association plus lente des idées, un air distrait et enfantin, une diminution delà délicatesse des sens et un affaiblissement progressif des forces motrices : incertitude des mouvements,, tremblement et empire incomplet sur les sphincters.
L'atrophie cérébrale que l'on trouve à l'autopsie des malades qui ont été atteints de (Unième paralytique est bien la cause matérielle des symptômes terminaux que l'on avait observés pendant la vie dans cette forme de l'aliénation, c'est-à-dire de l'affaiblissement intellectuel et de la démence, mais ce n'est pas d'elles que proviennent la monomanie des grandeurs qui a