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CHAPITRE PREMIER Mynérémïe de la moelle épinière et de ses membranes

Il est hors de doute que le contenu sanguin de la moelle épinièreest sujet à bien des variations et que l'hypérémie et l'anémie modifient les fonctions de cet organe de la même manière que celles du cerveau. Cependant les symptômes que l'on a l'habitude d'attribuer à un excès de sang dans la moelle épinière ont été conçus pour la plupart a priori, et non constatés directement ou déduits d'une comparaison établie entre les phénomènes observés pendant la vie et les données nécroscopiques. Ajoutons à cela que dans la plupart des autopsies on ne se préoccupe même pas de la quantité de sang renfermé dans la moelle épinière, et que l'évaluation de cette quantité offre des difficultés encore plus grandes que celle de la quantité du sang renfermé dans le cerveau.

Le plus souvent on rencontre une grande abondance de sang dans la moelle épinière et ses membranes à l'autopsie d'enfants nouveau-nés et d'individus morts d'affections spasmodiques ou de maladies fébriles aiguës. En outre, on observe une dilatation variqueuse des plexus veineux de la portion inférieure du canal rachidien, comme phénomènes accompagnant la pléthore abdominale dans la cirrhose du foie et dans d'autres maladies qui gênent la circulation des organes du bas-ventre.

L'hypérémie de la moelle épinière elle-même en détermine le gonflement et le relâchement ainsi que la formation de petites ecchymoses ; dans les degrés plus élevés, il se fait un ramollissement de la substance médullaire. L'hypérémie des membranes est suivie, d'après liasse, d'une transsudation augmentée, à la suite de laquelle l'accumulation du liquide dans l'espace

sous-arachnoïdien peut s'étendre progressivement de bas en haut jusqu'à la cavité crânienne.

Comme symptômes de l'hypérémie delà moelle épinière et de ses membranes, l'auteur que nous venons de nommer cite une douleur sourde, le plus souvent limitée à la région sacro-lombaire, une sensation d'engourdissement et de fourmillement dans les extrémités inférieures et une paralysie ordinairement incomplète de ces extrémités. Il est rare que ces troubles de la sensibilité, remontant de bas en haut, s'étendent jusque sur les extrémités supérieures ; dans le dernier cas, on prétend que la respiration est parfois également gênée, tandis que la vessie et le rectum ne prendraient presque jamais part à la paralysie. De cet ensemble de symptômes il ne sera permis de conclure à l'existence d'une hypérémie de la moelle épinière, que s'il est possible d'exclure d'autres affections de cet organe et si les phénomènes disparaissent à la suite d'une hémorrhagie des veines du rectum ou de l'utérus qui s'anastomosent avec celles de la moelle épinière ou bien à la suite d'une saignée locale. — Il est fort douteux qu'une hypérémie intense de la moelle épinière puisse faire naître des convulsions, attendu que l'hypérémie spinale que l'on trouve à l'autopsie d'individus morts de convulsions violentes peut tout aussi bien être l'effet que la cause des convulsions. — Il en est de même pour le rapport qui existe entre l'hypérémie spinale que l'on trouve chez les personnes qui ont succombé à une maladie fébrile et les symptômes de la fièvre. — Sous le nom A' irritation spinale, on désignait un étal sur lequel on a beaucoup discuté dans le temps et dont les symptômes les plus caractéristiques seraient la sensibilité de quelques apophyses épineuses à la pression, une grande disposition aux mouvements réflexes et une hypéresthésie générale. Ces symptômes se rencontrent presque aussi souvent que des maux de tête dans beaucoup de maladies aiguës et chroniques, sans qu'il soit possible de bien les interpréter. Mais en tout cas rien ne nous autorise à les rapporter immédiatement à l'existence d'une hypérémie spinale, pas plus qu'une céphalalgie ne peut toujours être attribuée à une hypérémie cérébrale.

S'il est possible de découvrir les causes des hypérémies spinales, il faut essayer avant tout de remplir Indication causale. L'hypérémie en elle-même, si elle est arrivée à une certaine intensité et si l'on ne peut pas espérer qu'elle se dissipera sans l'intervention de l'art, doit être combattue par des émissions sanguines faites localement àl'aide de ventouses et de sangsues. Les premières sont à appliquer le long de la colonne vertébrale, les secondes, surtout s'il existe en même temps une pléthore abdominale, au pourtour de l'anus. L'administration de médicaments purgatifs, surtout de sels neutres, seconde l'action dus émissions sanguines.

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