CHAPITRE IL
Hémorrhagies de la nioello épinière et de ses membranes. Apoplexie spinale.
Sauf les petites ecchymoses qui accompagnent les hypérémies intenses de îa moelle épinière, les extravasats entre les méninges et dans la substance de la moelle sont à compter parmi les phénomènes rares. La dégénérescence des parois vasculaires et une pression exagérée du sangsurles parois internes des artères, qui sont les causes principales des hémorrhagies cérébrales, ne paraissent jouer aucun rôle dans le développement des hémorrhagies spinales. Les hémorrhagies entre les méninges sont presque toujours le résultat de quelque lésion traumatique, telle que plaie, contusion et tiraillement de la colonne vertébrale. Si ces hémorrhagies se présentent surtout chez les nouveau-nés, cela s'explique facilement par les fortes tractions que la colonne des enfants supporte si souvent dans les accouchements difficiles. — Les extravasats sanguins dans l'intérieur de la moelle épinière semblent être le plus souvent un phénomène terminal de processus destructeurs chroniques de la moelle et ne paraissent dépendre que bien rarement des lésions traumatiques de la colonne vertébrale.
Les extravasats sanguins produits par les hémorrhagies des méninges sont ordinairement fort considérables. Ils s'accumulent principalement dans la partie inférieure du canal vertébral, mais remplissent souvent aussi l'espace sous-arachnoïdien dans une grande étendue. — Dans les hémorrhagies de la moelle elle-même la substance de la moelle est transformée en une bouillie sanguinolente. — Les modifications que subit le foyer apoplectique, s'il est porté pendant un certain temps, sont peu connues, mais semblent analogues à celles que traversent les foyers apoplectiques du cerveau après une existence plus ou moins longue.
Les extravasats entre les méninges ne compriment que peu à peu les vaisseaux de la moelle épinière à un degré tel que l'afflux du sang artériel se trouve complètement intercepté et que par conséquent l'excitabilité des fibres nerveuses cesse à son tour. Ordinairement on remarque que dans les épanchements sanguins entre les méninges les phénomènes de paralysie sont précédés de violents symptômes d'irritation, de douleurs dorsales d'une extension variée et de spasmes, surtout de spasmes toniques dans le domaine des nerfs qui se séparent de la moelle au-dessous du siège de l'hémorrhagie, d'opisthotonos, de contractures des extrémités. A ces symptômes succèdent à la vérité, en cas d' extravasats surabondants, une anesthèsie complète et une paralysie des parties qui reçoivent des nerfs émanant de la partie com-