‹ Traité de pathologie interne et de thérapeutiqueChapitre 90 sur 247 · HEMORRHAGIES DE LA MOELLE EPINIERE ET DE SES MEMBRANES · texte numérisé non relu

HEMORRHAGIES DE LA MOELLE EPINIERE ET DE SES MEMBRANES

primée de la moelle épinière. Si les muscles de la respiration sont de ce nombre la mort ne tarde pas d'arriver. Si au contraire les muscles de la respiration restent épargnés, la terminaison mortelle peut être retardée. Nous doutons fort qu'après la désagrégation et la résorption de l'extravasat sanguin la conduction puisse se rétablir etlaguérison se faire. Les symptômes que nous venons d'énumérer ne nous autorisent à diagnostiquer une apoplexie des méninges spinales que lorsqu'ils ont été précédés d'une lésion traumatiqne de la colonne vertébrale. Si les anamnestiques sont incomplets et que l'on soit privé de données étiologiques qui rendent une hémorrhagie probable, ildevient impossible de reconnaître la maladie avec certitude.

Les hêmorrhagies qui ont lieu dans l'épaisseur de la moelle épinière ellemême ayant généralement pour effet de détruire complètement la substance de la moelle à Pendroit où l'hémorrhagie s'est produite, la conduction de l'excitation du cerveau aux nerfs périphériques et de ceux-ci au cerveau éprouve une interruption au moment où l'hémorrhagie a lieu. Plus les symptômes de cette interruption, anesthésie de la moitié inférieure du corps et suspension de toute influence de la volonté sur cette moitié, accompagnées d'une paralysie de la vessie et du rectum, se manifestent subitement, plus il est à supposer que ce n'est pas une destruction lente de la moelle épinière par inflammation, ramollissement ou compression, mais une destruction subite produite par un extravasat sanguin qui a interrompu la conduction. Si l'apoplexie siège très-haut dans la moelle, à un endroit où les mouvements respiratoires eux-mêmes doivent en être altérés, la mort ne se fait pas attendre. Si au contraire la destruction porte sur un endroit situé plus bas, il se peut que la mort n'arrive qu'après des années, et clans ce cas elle est amenée en général par de vastes eschares de décubitus ou par une cystite grave, déterminée par la paralysie de la vessie.

Comme nous ne sommes pas en état d'accélérer par une intervention thérapeutique la résorption du sang épanché ou de favoriser la régénération des fibres nerveuses détruites, le traitement des apoplexies spinales ne peut être que symptomatique. Au commencement, tant qu'existent de violentes douleurs dans le dos et des phénomènes inflammatoires, il convient de faire des émissions sanguines locales et d'appliquer une vessie remplie de glace sur la partie de la colonne vertébrale que l'on suppose correspondre au niveau de l'hémorrhagie. Plus tard tout le traitement doit en général se borner à préserver le malade des eschares de décubitus, à vider la vessie à intervalles réguliers et avec toutes les précautions nécessaires et à soutenir autant que possible les forces. On peut envoyer les malades aisés, qui sont restés paralysés à la suite d'une apoplexie spinale, à Wildbad, à Placiers, à Gastcin ou à Plombières. Mais plus le diagnostic est sûr, moins il est probable que l'usage de ces eaux thermales aura du succès.

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