INFLAMMATION DES MÉNINGES RACH1DIENNES, MÉNINGITE SPINALE
surfaces. Dans la forme aiguë, la pie-mère se montre injectée, boursouflée, relâchée. Un exsudât purulent et floconneux très-abondant s'est réuni dans l'espace sous-arachnoïdien ou bien la pie-mère et l'arachnoïde sont couvertes de dépôts membraneux. La moelle épinière elle-même est le plus souvent pâle et exsangue; rarement elle est injectée, relâchée ou ramollie. C'est d'une inflammation chronique de la pie-mère que semblent dépendre la plupart des cas dits d'hydrorrhachis acquise. ?sous avons vu des troubles et des œdèmes des méninges cérébrales constituer des lésions anatomiques très-fréquentes chez les ivrognes, lésions que nous avons dû attribuer à une méningite chronique; de même il y a lieu d'admettre que les collections de quantités considérables de liquide dans l'espace sous-arachnoïdien de la moelle proviennent de troubles inflammatoires des méninges, quand elles ne dépendent pas d'une hydropisie générale ou d'une atrophie de la moelle épinière, cas dans lesquels elles ont peu de signification et ne provoquent ordinairement aucun symptôme particulier. Il est du reste fort difficile de reconnaître par la tension de la dure-mère, avant de l'inciser, ou bien par l'estimation du liquide qui s'écoule après l'incision, si l'espace sous-arachnoïdien en contient une quantité plus forte qu'à l'état normal. Plus la sérosité qui s'écoule est trouble ou sanguinolente, plus il est probable qu'une inflammation chronique des méninges a été la cause de l'hydrorrhachis.
§3. Symptômes et marche.
V inflammation de la dure-mère, quand elle n'entraîne pas une perforation suivie de méningite diffuse par l'épanchement du pus dans l'espace sousarachnoïdien de la moelle épinière, est accompagnée de symptômes qui ne sont ni très- saillants ni caractéristiques. Quand un malade, après une lésion traumatique de la colonne vertébrale ou à la suite d'une carie des vertèbres, accuse des douleurs dorsales, il est à peine possible de décider si ces douleurs dépendent d'une inflammation de la dure-mère ou de l'inflammation des os et des ligaments de la colonne vertébrale.
Les phénomènes que provoque Y inflammation chronique de l'arachnoïde et au milieu desquels se produisent les petites plaques décrites plus haut sont absolument inconnus.
L'inflammation aiguë de la pie-mère est accompagnée de violents phénomènes d'irritation dans la sphère d'innervation des nerfs spinaux, Irritation suivie plus tard de paralysie; ces symptômes et leur succession caractérisent parfaitement la maladie et permettent de la reconnaître avec facilité. — Quelquefois un frisson précède les autres symptômes j ensuite les malades, toul en continuant d'avoir de la fièvre, se plaignent de fortes douleurs dans le dos, qui s'exaspèrent à un degré insupportable au moindre mouvement
et le plus souvent aussi sous une pression exercée sur les vertèbres. A ces douleurs s'ajoutent ordinairement des douleurs dans les extrémités. Les douleurs dorsales, aussi bien que les douleurs plus éloignées dépendent de l'irritation que les nerfs sensibles subissent dans l'intérieur du canal raehidien de la part de leurs enveloppes enflammées. Des phénomènes tout aussi constants que l'excitation morbide des nerfs spinaux sensibles, ce sont les spasmes toniques dans les muscles du tronc et des extrémités, donnant lieu à l'opisthotonos et à la rigidité des membres. Ces spasmes toniques qui, comme on sait, peuvent être provoqués artificiellement chez les animaux par une irritation de la moelle épinière au moyen d'un courant induit, offrent ordinairement des rémissions et des exacerbations. Les exacerbations ne sont pas provoquées ici, comme dans le tétanos, par l'irritation d'un endroit de la peau, mais principalement par les mouvements de la colonne vertébrale, fait qui tend à prouver que dans la méningite spinale les spasmes toniques ne dépendent nullement d'une excitabilité réflexe exagérée, mais qu'ils sont le résultat direct de l'irritation que les nerfs moteurs reçoivent de leur enveloppe enflammée. De temps en temps la rigidité et la tension du corps entier, qui mettent le malade, nullement paralysé au commencement, dans l'impossibilité de se mouvoir, sont interrompues par des secousses convulsives. Si les muscles de la respiration prennent part à la tension tétanique, l'acte respiratoire devient impossible et la mort ne tarde pas d'arriver. Si les muscles de la respiration restent exempts, ils se produit quelquefois une amélioration progressive ; mais il se développe plus souvent encore une paraplégie ou bien la fièvre fait des progrès et le malade succombe à la paralysie qui se propage jusque sur la moelle allongée ou bien à l'épuisement déterminé par la fièvre.
Dans l'inflammation chronique de la pie-mère, dont nous exposons les symptômes en même temps que ceux de Yhydrorrhachis acquise, parce que nous considérons comme très-irrationnel de séparer ces deux états, les douleurs dorsales sont ordinairement insignifiantes et passent facilement inaperçues. Souvent, par contre, les sensations douloureuses dans les extrémités deviennent tellement prédominantes au début de la maladie, que cette dernière est méconnue et confondue avec un rhumatisme périphérique. Les symptômes les plus importants sont les phénomènes d'une paralysie, qui, commençant par les extrémités inférieures, gagne la vessie et le rectum et, plus tard, les extrémités supérieures. La paralysie, incomplète au commencement, arrive lentement à l'état de paraplégie complète. Avec la paralysie coïncide ordinairement une sensation d'engourdissement et de fourmillement dans les extrémités inférieures, premier symptôme d'une anesthésie qui rarement atteint un degré bien élevé. Dans quelques-uns des cas de ce genre, la paraplégie, précédée pendant peu de temps de sensations douloureuses, prises ordinairement pour des douleurs rhumatismales, se développe